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Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Le 17 janvier dernier, les Percussions de Strasbourg ont eu 40 ans. C’est en 1961 que six jeunes musiciens de formation classique, issus des rangs de l’Orchestre Municipal de Strasbourg – dirigé alors par Ernest Bour – et de celui de l’ORTF de Strasbourg – dirigé par Charles Bruck – commencent à se retrouver pour jouer ensemble. Il est à noter que le répertoire pour ce type de formation est alors pratiquement inexistant

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Le 17 janvier dernier, les ont eu 40 ans. C’est en 1961 que six jeunes musiciens de formation classique, issus des rangs de l’Orchestre Municipal de Strasbourg – dirigé alors par Ernest Bour – et de celui de l’ORTF de Strasbourg – dirigé par Charles Bruck – commencent à se retrouver pour jouer ensemble. Il est à noter que le répertoire pour ce type de formation est alors pratiquement inexistant. – Et «Ionisation», me direz–vous? «Ionisation», œuvre-phare de Varèse pour les Percussions seules a été composée pour 13 Percussionnistes. – Mais les Percus de Strasbourg en ont fait un de leurs tubes! me direz-vous. Oui, en effet: en 1967, avec l’accord du compositeur, ils ont réussi à jouer à 6 ce que Varèse avait écrit pour 13, mais ce n’est là qu’un des moindres de leurs tours de force, le principal étant, tout de même, d’avoir suscité la naissance, la reconnaissance et l’écriture du répertoire de leur groupe.

Leur histoire est évidemment liée à la proximité de l’Allemagne et de ces deux grands centres pour la musique que sont Darmstadt et Donaueschingen. Stimulés par l’énergie et les forces vives qu’ils y trouvent pour la musique de la seconde moitié du XXè siècle, nos six Percussionnistes se décident à fonder leur groupe, – quitte à devoir se réunir pendant près de dix–huit ans dans une grange en pleine campagne pour pouvoir répéter – et se distribuent à tour de rôle la tâche d’aller solliciter les compositeurs afin de constituer leur répertoire. Premier concert en 1962. Messiaen, Serocki, Kabelac, Ohana, Xenakis, Mâche, Dufourt et bien d’autres ne tardent pas à leur dédier des œuvres – dont les fameuses «Erehwon» – parution du CD signalée récemment.

Le brio qu’ils déploient sur scène en font rapidement des stars, se produisant bientôt plus souvent en tournée aux quatre coins du monde que dans leur bonne ville de Strasbourg. Stars, assurément! Leurs concerts et leurs disques, – dont les fameux à pochettes à motifs géométriques argent à la Vasarely – sont plébiscités par les jeunes. Et, certains d’entre eux enseignant au Conservatoire, leurs classes ne désemplissent pas. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les solistes en place sont déjà de la troisième génération, deuxième relève des fondateurs, plus de la moitié ayant passé par leur classe.

Quatre jours de concerts, rencontres et festivités diverses ont marqué l’événement. Un public où j’ai remarqué la présence de beaucoup de jeunes, quelques vieux babs assez caractérisés, des allemands venus en petits groupes, quelques parisiens et quelques lyonnais, et bien sûr beaucoup d’autres, dont de mes amis strasbourgeois de longue date.

Le programme faisait une large place à l’électronique, notamment au travers du cycle «Bibilolo» de . Cet ensemble de petites pièces d’une durée totale de 50 minutes est conçue un peu dans l’esprit d’une chambre d’enfants pleine de jouets sonores. Le CD vient de sortir et présente, en effet, en couverture, la photo du bébé du compositeur.

Il y eut une belle successions de petites pièces pour cymbalum de Gyorgy Kurtag, jouées par Michel Cerruti, ami et invité des Percus.

Le concert qui m’a fait le plus d’effet rassemblait des œuvres du jeune australien Thomas Meadowcroft, de – originaire de Perpignan – et une improvisation du bâlois Fritz Hauser.

Le clou de ces journées – on dut refuser du monde – rassemblait douze compositeurs pour un même spectacle d’un seul tenant, avec mise en scène et surprises aussi bien sonores que visuelles. Une succession de moments tantôt sérieux, tantôt humoristiques, associant Percussions ordinaires à toute sorte d’accessoires et à des appareils allant du poste de radio à la caisse enregistreuse. Ce spectacle sera repris à Radio France dans le cadre du festival Présences. J’espère pour ceux qui s’y rendront que les «coups de théâtre» y seront aussi réussis.

Achevé – et c’est à dessein que j’utilise ce mot – par un gigantesque feu de bengale – ce spectacle était suivi d’un bal contemporain animé par l’ensemble Accroche-Note auquel se joignait l’accordéon de , également invité des Percus pour d’autres œuvres.

Evidemment, bien des points de ce récit mériteraient un peu plus de développement.

Pour en savoir plus sur les percussions de Strasbourg :
http://www.bisbigliando.com/percussions.htm

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