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Giuseppe Verdi, Fastaff trop classe

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 12-VI-02. Verdi, Falstaff. Willard W. White, Geraldine McGreevy, Yann Beuron, Charlotte Hellekant, Miah Persson, Nora Gubisch, Nicolas Rivenq, etc. Chœurs de l’Académie européenne de musique d’Aix-en-Provence. Orchestre de Paris. Direction : Enrique Mazzola. Mise en scène, décors, costumes, lumières : Herbert Wernicke. Production reprise par Dagmar Pischel.

Production réalisée dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence 2001 par , qui avait déjà monté dans l’enceinte du Théâtre de l’Archevêché une Belle Hélène d’Offenbach qui suscita quelque remous, ce Falstaff est le dernier ouvrage proposé en France par le metteur en scène scénographe allemand, mort brutalement le 16 avril dernier à l’âge de cinquante-cinq ans alors qu’il travaillait sur une nouvelle production d’Israël en Egypte de Haendel pour l’Opéra de Bâle. Placé dans une boîte à chaussure en bois qui entrave l’action, l’ultime opéra de Verdi se situe ici dans une Angleterre du tournant des XIXe et XXe siècles ayant tout l’air de l’Amérique de la Case de l’Oncle Tom. La vision de Wernicke, remarquable directeur d’acteur au demeurant, ne craint pas le contresens. Le corpulent barbon shakespearien est totalement dépourvu d’embonpoint, et manque de truculence, loin du « Falstaff immenso » du livret. Alice Ford n’est pas non plus la femme affriolante apte à exciter la libido d’un gourmet mais une banale ménagère. Bref, le héros de comédie est trop classe et l’objet de sa flamme trop fruste. En revanche, le couple que Nanetta/Fenton est particulièrement séduisant. Sur le plan vocal, Willard W. White a la voix trop grave, ce qui le conduit à camper un Falstaff beaucoup trop distingué, tout comme la Mrs Quickly de , qui, en revanche, manque de graves. Le reste de la distribution est plus en phase avec le propos de Verdi, à l’exception du Ford de , dont la ligne de chant est assez flottante, mais son épouse, campée par Geraldine McGreevy, est rayonnante de musicalité. Se détachent de l’ensemble le Fenton de au timbre de lumière, et la séduisante ingénue Nannetta de Miah Personn dont le chant est la perfection même. dirige un Falstaff terre à terre, laborieux et pesant, totalement dénué de la flamme et de la légèreté d’un Verdi qui n’a jamais été plus jeune et inventif que dans cet adieu au théâtre. Dans ce contexte, l’ manque de fluidité et d’enthousiasme.

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 12-VI-02. Verdi, Falstaff. Willard W. White, Geraldine McGreevy, Yann Beuron, Charlotte Hellekant, Miah Persson, Nora Gubisch, Nicolas Rivenq, etc. Chœurs de l’Académie européenne de musique d’Aix-en-Provence. Orchestre de Paris. Direction : Enrique Mazzola. Mise en scène, décors, costumes, lumières : Herbert Wernicke. Production reprise par Dagmar Pischel.

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