La dernière ligne droite

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Strasbourg. Palais des congrès le 11.10.2002. Œuvres de Beethoven, Mozart et Dvorak. Orchestre philharmonique de Strasbourg. Direction : Jan Latham-Koenig. Soliste : Sophie Mautner, piano.

/ Sophie Mautner

entame sa dernière saison à la tête de l’. En concert inaugural, il a proposé un programme classique bien en place et qui valorisait surtout la pianiste Sophie Mautner, merveille de souplesse et de musicalité.

L’ouverture de La Consécration de la maison de Beethoven est toujours une bonne manière d’ouvrir un concert, tant son style est festif, puissant, valorisant pour l’orchestre et le chef. Hommage expressif à Haendel, la partition bien resserrée permet aux différents pupitres de l’orchestre de se mettre en valeur.

Sophie Mautner est manifestement au départ d’une belle carrière et la fougue de la jeunesse se double ici d’une belle assurance. Elle avait choisi le Vingt-troisième concerto de Mozart, un des plus beaux, pour se présenter au public strasbourgeois. Elégante, racée, belle, la jeune virtuose tend manifestement vers un Mozart délicat et raffiné, se fond dans une sonorité d’ensemble, sans chercher la confrontation directe avec l’orchestre. Après un premier mouvement d’une rare subtilité, elle allait atteindre des sommets de sensualité dans le cantabile, dialoguant sur la fin avec les pizzicati des violons que Latham-Koenig voulait discrets. D’une manière générale, son accompagnement était pertinent, concédant sans détours un vrai premier rôle au soliste.

Le chef britannique allait ensuite se mesurer à la Symphonie du Nouveau monde, monument d’emphase, de richesse mélodique, de subtilité harmonique. L’ennui de ces symphonies au concert est qu’elles sont trop connues pour ne pas résonner dans l’esprit des mélomanes sur la base d’une discographie abondante. Comment ne pas comparer les chefs et les orchestres, tout particulièrement lorsque l’interprétation solide et soignée ne renouvelle guère le propos ? Une certaine lourdeur se dégageait du mouvement final, alors que les trois premiers laissaient espérer une démonstration de force. A cette réserve près, l’interprétation ne laissait rien à désirer sur le plan de la conception.

Nous avons voyagé avec Latham-Koenig, mais nous aurions tant aimé rêver.

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