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La péniche Opéra fait salon autour de Berlioz

La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, la Péniche Opéra, 19/09/2003, autour de Berlioz, mise en scène Mireille Laroche, scénario Yves Coudray, éclairage, Hervé Barillet, avec Françoise Masset, soprano, Lionel Peintre, baryton, Christophe Crapez, ténor, Yves Coudray, ténor ; l’ensemble Carpe Diem, Direction et hautbois Jean-Pierre Arnaud, Marine Perez, flûte, Christine Jeart, harpe, Michel Michalakakos, alto, Emmanuelle Bertrand, violoncelle.

Amarrée sur le quai du bassin de la villette, la Péniche Adélaïde offrait à son public d’aficionados, ce vendredi 19 septembre, le premier spectacle de la saison 2003, célébrant à sa manière et sous une apparence souriante, le bicentenaire de la naissance du génie romantique que fut .

Saluons tout d’abord l’excellence de la mise en scène de qui parvient, avec les moyens du bord, à aménager un espace où les acteurs-chanteurs semblent se mouvoir avec aisance et naturel malgré l’exiguïté du lieu et la chaleur excessive de la soirée.

Auteur du scénario en même temps que chanteur, Yves Coudray (ténor) choisit, pour camper le personnage, de faire parler Berlioz lui-même, à travers la lecture de ses mémoires et correspondances. Ainsi tour à tour sont évoqués le poète, le musicien et l’écrivain, tendre parfois, irascible toujours et si les textes retenus, tous hauts en couleur, sont souvent drôles, c’est que ce passionné tourmenté s’exprime rarement sans humour. Citons pour mémoire ses altercations épineuses avec les membres de l’institut, Boëldieu entre autres, lors du concours du prix de Rome ou le récit exalté de sa fuite hors les murs de la villa Medicis pour aller tuer celle qui l’a trompé et se donner ensuite la mort… On peut tirer un grand coup de chapeau aux quatre protagonistes de la soirée, , , et Yves Coudray, qui, en habit d’époque, défendent texte et musique avec une égale conviction sans jamais rompre le rythme du spectacle. Formidables acteurs collant à la peau du personnage, ils sont aussi d’admirables chanteurs servant la musique de Berlioz avec la même force expressive.

L’illustration musicale du salon Berlioz est un astucieux montage de mélodies, d’extraits d’opéras (Benvenutto Celini, Béatrice et Bénedict, la Damnation de Faust), et d’œuvres symphoniques (Harold en Italie, Roméo et Juliette, la Symphonie fantastique) dont , hautboïste, réalise une transcription pour les cinq pupitres de l’ensemble Carpe Diem : flûte, hautbois, harpe, alto et violoncelle. « Je pense qu’un effectif réduit peut tout aussi bien mettre en valeur l’esprit d’une œuvre qu’une grande masse orchestrale ; nous avons recherché la rugosité, l’énergie et l’ironie qui caractérisent si bien Berlioz », nous confie-t-il. En guise d’ouverture et comme une invitation au voyage, le thème d’Harold en Italie, sous les doigts de Michel Michalakakos, donne lieu à une adaptation libre de paroles sur la musique, à la manière d’un Lélio revisité. A l’image des sautes d’humeur de notre personnage, le rocambolesque voisine sans cesse avec l’émotion pure, le pittoresque de la Captive (mélodie) avec la verve comique de la chanson de la puce de la Damnation Faust. Mais c’est sans doute dans le convoi funèbre de Juliette que musiciens et chanteurs, astucieusement répartis dans l’espace, surent toucher l’auditoire au plus fort de la tension dramatique, révélant à l’évidence l’authenticité du génie.

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