La Scène, Musique de chambre et récital

Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier – Cycle de Schubert des quatre mains

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Paris. Salle Cortot. 12.XII.2003. Franz Schubert (1797-1828) Fantaisie en sol majeur ; Lebensstürme D.947 ; Deux Ländler D.618 ; Marches caractéristiques D.886 ; Ouverture en fa D.675 ; Trois polonaises D.824 ; Variations en la bémol majeur D.813. Christian Ivaldi, Jean-Claude Pennetier, piano.

Depuis le 13 novembre 2003, la ravissante Salle Cortot construite en 1929 accueille ces deux magnifiques pianistes que sont et pour une exploration de ces chefs d’œuvre que sont les « Quatre mains » de Schubert. Des pièces qui exigent de la part des deux pianistes une entente, une intimité et une complicité parfaites pour s’épanouir dans le bonheur de l’interprétation.

, pianiste fin et cultivé, d’une grande profondeur d’âme, a été l’un des plus grands professeurs du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Pédagogue de talent, sa classe de musique de chambre a régulièrement donné des premiers et deuxièmes prix ainsi que des lauréats dans tous les grands concours internationaux. Cinéphile averti, artiste passionné, doté d’une mémoire prodigieuse, il est capable de jouer tout le grand répertoire de musique de chambre au pied levé. Il anime par ailleurs la classe de musique de chambre de l’excellente Académie de musique française de Kyoto créée en 1989 par la violoniste Yuko Mori.

Grand interprète de Schubert et de Schumann, est un explorateur passionné de l’intimité des auteurs qu’il interprète et qu’il ne cesse de faire partager. Humaniste, lauréat des grands concours, professeur au CNSM, ce pianiste hors du commun a su rester un amateur éclairé. À 30 ans, il s’éloigne du piano qu’il pratique depuis l’âge de 3 ans pour de nouveaux horizons musicaux : composition, théâtre, direction d’orchestre, enseignement.

Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier jouent Schubert sans céder à la moindre facilité. Ni cinéma, ni effets d’aucune sorte mais une concentration, une rigueur et une présence fascinantes. Il y a une générosité, une humanité, un don de soi à l’œuvre de Schubert qui sont particulièrement émouvants.

Tout au long du concert dominent la clarté, l’équilibre, la pudeur, la complicité des deux interprètes unis dans un dialogue de toute beauté. Les Marches caractéristiques, les Trois Polonaises et les Variations en la bémol majeur sont enlevées avec un brio et une élégance superbes. Ajouté à cela un respect absolu du texte et l’enthousiasme est total.

Dès les premiers notes du sublime « Lebensstürme », on est captivé par le jeu des deux pianistes qui maîtrisent en beauté la fougue tumultueuse, l’architecture sonore et la palette de cette page pour quatre mains extraordinairement orchestrale et romantique. On est en plein, comme la traduction du titre l’indique, dans les « Orages » ou les « Tourments de la vie ».

Le public, conquis à juste titre, leur a fait une ovation amplement méritée.

Prochains concerts à ne manquer sous aucun prétexte : les 14 janvier, 19 février et 4 mars.

Crédit photographique : (c) DR

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Paris. Salle Cortot. 12.XII.2003. Franz Schubert (1797-1828) Fantaisie en sol majeur ; Lebensstürme D.947 ; Deux Ländler D.618 ; Marches caractéristiques D.886 ; Ouverture en fa D.675 ; Trois polonaises D.824 ; Variations en la bémol majeur D.813. Christian Ivaldi, Jean-Claude Pennetier, piano.

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