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Paris. Opéra de Paris – Garnier. 19-XII-2003. Richard Strauss (1864 – 1949 ) : Ariadne auf Naxos. Katarina Dalayman, Sophie Koch, Natalie Dessay, Waldemar Kmennt, David Wilson-Johnson, Graham Clark, Jon Villars. Orchestre de l’Opéra de Paris, direction : Pinchas Steinberg. Mise en scène : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas.

Opéra de Paris – Garnier

Ce dont souffre le plus cette nouvelle production à l’Opéra de Paris de l’« Ariadne auf Naxos » de et Hugo von Hofmannsthal présentée au Palais Garnier et dont le snobisme parisien s’est aussitôt emparé en en faisant le must de la saison, ce n’est pas sa mise en scène branchée, on a vu et on verra probablement bien pire, mais sa direction musicale. Le chef israélien a une conception de l’œuvre essentiellement et inutilement symphonique et non instrumentale et théâtrale comme il le faudrait. De la distribution a priori bonne réunie pour l’occasion, on retiendra trop de chanteurs poussant au-delà de leurs possibilités pour passer un tissu orchestral trop épais et sonore. , dont on a loué partout l’excellence dans le rôle du compositeur (bien qu’elle n’en possède pas toutes les notes des deux extrêmes de la tessiture) vaut certainement mieux que ce que nous avons entendu : une tension vocale que souligne le caractère agité que lui impose la mise en scène. n’a absolument pas les aigus pianos requis ni même la luminosité du timbre d’Ariadne et encore moins quand elle la chante en force. pour qui le rôle de Zerbinette qu’elle a beaucoup chanté de Vienne à New York et pour la première fois à Paris, est taillé sur mesure, s’en tire le mieux ainsi que quelques chanteurs très expérimentés comme (Maître de danse), David Wilson-Johnson (Maître de musique) et (Majordome). Le cas de est différent car s’il a les moyens purement sonores de faire passer la rampe à son Bacchus, c’est le charme vocal qui lui fait défaut.

Le spectacle, on l’a dit, s’il respecte les grandes lignes du livret, force beaucoup le trait dans son caractère bouffe que Strauss et Hofmannsthal ont dosé avec le bon goût viennois qu’on leur connaît. Le Prologue, transposé de nos jours, nous montre plutôt que la demeure viennoise, le nid d’aigle dans les montagnes enneigées, du mécène richissime commanditaire de la soirée. Tout fonctionne bien même si l’on peut reprocher à de forcer une agitation déjà savamment dosée dans la partition. Dans la seconde partie, l’Opéra se déroule bien à Naxos mais dans une Grèce bien contemporaine, dans la carcasse inachevée d’une de ces cages en béton à l’aide desquelles les Grecs ont défiguré leur pays. Ariadne y traîne son chagrin dans les sacs de ciment, les trois naïades sont des voisines méchamment attifées et Zerbinette, en tenue de plage criarde, et sa troupe de comédiens sont des touristes en goguette. Pelly reniera-t-il un remake de son dernier tableau de La Belle Hélène au Châtelet ? Adieu la poésie bien conventionnelle, certes, de Strauss et Hofmannsthal, la porte est ouverte à tous les excès et personne ne s’en prive surtout pas qui forte de son infaillibilité dans la pyrotechnie vocale et avec son impressionnant talent de comédienne tire le rôle vers des abîmes de vulgarité. Ajoutons pour être complet que le triomphe remporté est immense. Heureux les directeurs d’opéras qui peuvent se permettre des productions à la portée aussi éphémère que cette Ariadne dont on imagine mal qu’elle fera beaucoup d’usage dans un système où le répertoire est indispensable à l’éducation d’un nouveau public à chaque saison plus nombreux.

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Paris. Opéra de Paris – Garnier. 19-XII-2003. Richard Strauss (1864 – 1949 ) : Ariadne auf Naxos. Katarina Dalayman, Sophie Koch, Natalie Dessay, Waldemar Kmennt, David Wilson-Johnson, Graham Clark, Jon Villars. Orchestre de l’Opéra de Paris, direction : Pinchas Steinberg. Mise en scène : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas.

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