Concert d’ouverture Présences 2004: Honneur aux dames !

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble, Musique symphonique

Paris. Maison de Radio France. Le 30.I.2004. Ouverture du Festival, salle Olivier Messiaen. (1)Création mondiale, commande de Radio France et de la Dansk Komponistforening, La nuit des éplorés, pour chœur d’enfants et orchestre de Sunleif Rasmussen. Chœur National de fille de la Radio Danoise (DR Radiopigekoret), chef de chœur ; Michael Bojesen, l’Orchestre National Symphonique de la Radio Danoise (DR Radiosymfoniorkestret).(2)Création française ; Till Ängeln med de brinnande händerna (Á l’Ange aux mains brûlantes) pour hautbois solo et choeur, de Karin Rehnqvist. Hautbois solo ; Max Artved. DR Radiopigekoret, Chœur National de fille de la Radio Danoise, chef de chœur ; Michael Bojesen. (3) Streams, pour piano et Orchestre de Philippe Hersant, commande de l’orchestre National de Lyon) Piano ; Alice Ader, et l’Orchestre National Symphonique de la Radio Danoise ;(DR Radiosymfoniorkestret). (4) Symphonie N°3 sinfonia espansiva FS60 op.27, pour soprano, baryton et orchestre de Carl Nielsen. Soprano ; Ditte Andersen. Baryton ; Michael Lindberg. l’Orchestre National Symphonique de la Radio Danoise (DR Radiosymfoniorkestret). Direction : Thomas Dausgaard.

radiopigekoret-300x300Festival Présences 2004

S’il fallait trouver un fil conducteur à ce concert d’ouverture, le public aurait pu naturellement évoquer la femme et ses multiples facettes — écrivain, inspiratrice, compositeur, interprète et même instrumentale !

Prélude idéal ? Sunleif Rasmussen nous offre une création en commande pour chœur d’enfants initialement (mais des jeunes filles ce soir-là) et orchestre inspiré d’un poème « dans les habitations de la mort » de l’écrivain Nelly Sachs (1891-1970). Même si cette pièce semble présager un requiem par le titre évocateur du texte, les premières mesures plongent d’emblée l’auditeur dans une toute autre atmosphère. Un troublant magma de sons structurés s’échappe et nous laisse entrevoir une naissance. Au fur et à mesure de son élan, le chœur laisse surgir l’essence de la partition. Une lente et progressive gestation. Les familles d’instrument prennent la parole petit à petit. Chacune des voix trouve sa place dans l’harmonie ; le chœur constamment sollicité, finit sur de simples voyelles comme des taches de couleur vives sur un tableau.

Á l’Ange aux mains brûlantes pour hautbois solo et chœur, apparait, comme l’œuvre la plus intrigante dans la forme. La partition de Karen Rehnqvist — compositrice norvégienne — explore toutes les virtualités du son ; du hautbois (traité comme une voix humaine) aux possibilités vocales d’une jeune chanteuse extraordinaire pour qui le timbre du hautbois n’a plus de secret. Sans saturer les étendues vocales et instrumentales, cet auteur ouvre l’esprit à un univers fascinant et très attirant de la nouveauté inspiré des pratiques ancestrales du chant pastoral. Le chœur des jeunes filles norvégiennes a suscité un grand respect pour sa virtuosité extrême et son professionnalisme total.

Streams (Fleuves) est une œuvre composée lors du millésime 2000 de — compositeur attitré de cette année 2004 — partition inspirée du poème de  ; Paradis perdu laissera dans la tête du public un sentiment de bien-être et de réflexion. Inattendue, inclassable, comme son créateur, on se laisse séduire d’abord par ses percussions détonantes. Ensuite l’orchestre nous balade au travers des courants amers, doux et torturés. En capitaine de ce navire musical, , nous transporte, sans faire naufrage. On navigue sur un océan de sons où tout est possible. Cette puissante interprète en est la vedette, inspiratrice de l’œuvre et dédicataire avec l’Orchestre National de Lyon, elle s’empare de l’ouvrage de façon maternelle. Depuis de nombreuses années, Cette complice de dégage une assurance et une complicité manifeste auquel le public ne peut rester indifférent. L’œuvre du compositeur se termine dans le Léthé.

La révérence sur scène de ces trois créateurs avec une timidité touchante mais si généreuse les lie aussi dans cette soirée. Les musiciens ont été un élément important pour que cette fête soit une réussite complète.

Même si on déplore un léger incident en seconde partie de soirée (l’alarme de fin d’entracte n’ayant pas fonctionnée), cela n’empêche pas de livrer une lecture frénétique, passionnée, de la Troisième Symphonie de au lyrisme sauvage. Le musicien danois est un orchestrateur hors pair. Approche également majestueuse de cet œuvre exaltée aux rythmes et thèmes contrastés — L’Andante pastorale —. D’ailleurs elle est surnommée à juste titre « sinfonia espansiva ». Les « grands-mères » se déchaînèrent dans cette partition, rarement exécutée en France. Magnifique hommage à la musique nordique, pour clore en apothéose l’ouverture d’un festival d’une rare originalité.

Crédits photographique : Kirsten Bille

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