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Basilique et Légion d’honneur III

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Saint Denis. Basilique. 10-VI-2004. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Stabat Mater. Alessandro Scarlatti (1660-1725): Stabat Mater. Roberta Invernizzi (soprano), Sara Mingardo (contralto), Concerto italiano, direction Rinaldo Alessandrini.

sara_mingardo-300x379Festival de Saint Denis

Le Stabat Mater, reflet de la douleur de la Vierge qui voit souffrir et mourir son fils est un texte sacré particulièrement poignant.

Si, avec son éblouissant Stabat Mater, Pergolese a illuminé la musique baroque italienne, ceux de Vivaldi et de Scarlatti sont des œuvres qui touchent également au cœur par leur profondeur, leur force spirituelle et leur écriture.

C’est entre 1708 et 1717 qu’ écrit cette longue prière en utilisant l’intégralité des vingt strophes du texte attribué à un moine franciscain du XIIIème siècle Jacopo de Benedetti. C’est une commande des Chevaliers de la Vierge des Douleurs qui commanderont également en 1736 un Stabat Mater à Pergolese. Ne disposant que d’un soprano et d’un alto, Scarlatti met tout son talent pour donner à ce duo l’immensité céleste. Mais, il est loin des nouveaux canons musicaux de l’époque et c’est peut être pour cela qu’il sera quelque peu oublié au profit de Pergolese. Pourtant l’écriture est d’une étonnante richesse, particulièrement dense et novatrice avec des couleurs harmoniques surprenantes. Mais le public de l’époque n’adhèrera pas vraiment

Avec le Stabat Mater de Vivaldi écrit en 1726-1727, on entre dans un style plus opératique où la voix exprime pleinement la déchirure de l’âme, la souffrance de la Vierge mais également la foi et la spiritualité du compositeur. Ce ne sont que des mouvements lents en fa mineur pour mieux souligner la gravité du texte dans une richesse mélodique envoûtante. Vivaldi n’utilise que dix strophes du poème de Jacopo de Benedetti pour offrir cette œuvre ample et majestueuse.

L’interprétation de ces deux œuvres par le que dirige est d’une éloquence, d’une souplesse et d’une beauté rares. L’équilibre et la virtuosité instrumentale de l’ensemble ont accompagné un texte admirablement mis en valeur par les inflexions vocales intenses de la soprano , et de l’émouvante grande contralto actuelle . Ces deux grandes dames du chant avec leur voix riche, chaude, ample et intense, leur expression dramatique, ont su exprimer la profondeur spirituelle de ces deux grandes prières, la majesté et l’amplitude du Stabat Mater de Vivaldi mais aussi la délicatesse de ses variations. Le timbre fruité et le tempérament de , la voix corsée, sombre et capiteuse de ont simplement ébloui le public qui les a ovationnées.

Crédit photographique : (c) DR

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Saint Denis. Basilique. 10-VI-2004. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Stabat Mater. Alessandro Scarlatti (1660-1725): Stabat Mater. Roberta Invernizzi (soprano), Sara Mingardo (contralto), Concerto italiano, direction Rinaldo Alessandrini.

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