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Il Trovatore avec Andrea Bocelli

À emporter, CD, Opéra

Giuseppe Verdi : Il Trovatore. Il conte di Luna : Carlo Guelfi. Leonora : Veronica Villaroel. Azucena : Elena Zaremba. Manrico : Andrea Bocelli. Ferrando : Carlo Colombara. Ines : Maria Gracia Calderone. Ruiz : Salvatore Bonaffini. Un vecchio zingaro : Salvatore Todaro. Un messo : Barbaro Sciuto. Chœur et orchestre du Teatro Massimo Bellini di Catania. Direction : Steven Mercurio. 2 CD Decca 475 366-2. Durée :2h19’ ©2004. Notice et livret : anglais, français et allemand

 

Verdi, Il TrovatoreCette nouvelle version de « Il Trovatore » ne devrait aucunement révolutionner la discographie de l’œuvre. D’emblée on peut la considérer, avec tant d’autres, comme un enregistrement de plus d’une œuvre qui n’a jamais connu d’inoubliables versions au disque (à l’exception peut-être de celle d’, Leontyne Price, Franco Corelli et sous la direction d’Herbert von Karajan enregistrée à Salzbourg en 1962).

L’intérêt de ce nouvel enregistrement réside dans la présence du discuté dans le rôle de Manrico, la majeure partie des autres intervenants laissant à désirer sur le plan de l’interprétation. A commencer par la soprano chilienne Veronica Villaroel (Leonora) qui n’a ni le phrasé, ni le charisme nécessaire à l’émotion que suscite son personnage. Manquant de la connaissance profonde de son rôle, il n’est que chanté. La voix est intéressante, belle parfois, mais est-ce suffisant ? De son côté, le chant de (Il conte di Luna) est inégal. Son émission vocale accuse une certaine fatigue vocale qui se traduit par un vibrato souvent trop large pour se fondre dans son rôle. Quant à elle, la mezzo-soprano russe (Azucena) s’avère à la hauteur de son rôle. Typique de l’école russe de chant, la voix (faisant penser à celle de Fiorenza Cossotto) est belle, bien timbrée et toujours juste dans l’intention du mot.

Et  ? La controverse le concernant a déjà fait couler beaucoup d’encre. Chanteur de variété selon les uns, ténor d’opéra selon d’autres, les avis sont partagés. Les lyriques s’insurgeant de son intrusion dans le domaine de l’opéra et les amateurs de belles chansons de vacances italiennes se contentant d’écouter en boucle « Con tè, partirò ». Si son Rodolfo de « La Bohème » ou son Mario de « Tosca » tiennent la route d’agréable manière, si son récital « Arie di Verdi » ou son album de chants sacrés laissent un souvenir plus qu’honorable et que son « Viaggio Italiano » est arrivé comme une bombe dans le petit monde de la musique lyrique, son Manrico fait preuve encore une fois de l’extraordinaire capacité du chanteur de porter les personnages qu’il interprète. Toutes ses interventions sont magnifiques d’engagement et d’intensité artistiques. Avec une diction claire et une voix qui s’est considérablement étoffée, son Ah ! si ben mio n’a rien à envier aux autres récentes interprétations. Quant à son Di quella pira l’orrendo fuoco…, quelle conviction et quelle générosité dans le chant !

Enregistré en août/septembre 2001 (à la même époque que celui qu’enregistrait Roberto Alagna, intéressante comparaison !), on regrettera la trop molle direction du chef américain Steven Mercurio. Reléguant l’orchestre au rôle de simple accompagnateur, le faisant disparaître derrière les chanteurs, il prive cette œuvre de la « puissance tragique, la mélancolie poignante, la vigueur impétueuse et le pathétisme à la fois doux et intense, qui ne perd jamais de sa dignité » pour citer les mots admirables que George Bernard Shaw écrivait au sujet de cet opéra en juillet 1917.

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