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24 Caprices de Paganini

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« LES 24 CAPRICES DE PAGANINI » interprétés par Christophe Boulier, violon. Présentation des caprices, explications techniques et démonstrations, par Christophe Boulier et Gérard Thomas-Baruet. Niccolo Paganini (1782-1840) : Biographie essentielle, par Gérard Thomas-Baruet, correspondant de l’Institut Paganini de Gênes. 1695-1894, Deux siècles de caprices (Locatelli, Lipinski, Sivori, Ernst). L’Ambassade d’Italie à Paris : Accueil : Monsieur Giovanni Dominedo, Ambassadeur d’Italie en France. Présentation : Monsieur Guido Davico Bonino, Directeur de l’Institut Culturel Italien à Paris. DVD double durée (3 h 30), sous-titré en allemand et en italien. Une production « Promusica Association artistique ».

 

Les 24 caprices

Terminés en 1817 et édités trois ans plus tard, les 24 Caprices de Nicolo Paganini sont des œuvres qui ne sont normalement pas destinées au concert. D’ailleurs, Paganini ne les y a jamais jouées. Il s’agit, en réalité, de 24 études qui présentent des difficultés techniques fantastiques, jamais rencontrées avant l’avènement de leur auteur. La panoplie de ces difficultés est fabuleuse. Les contemporains de Paganini les jugèrent injouables, et, au 19ème siècle, peu de solistes furent capables de les jouer. Seul le norvégien Ole Bull (1810-1880) les a joués en totalité au concert. Ils ont toutefois inspiré Schumann, Liszt, ainsi que Brahms, Rachmaninov, Szymanowski, Tommasini, etc.

Leur vocation est donc didactique, et c’est le but de ce DVD. Toutefois, si l’on veut seulement regarder et écouter chacun de ces caprices sans sa présentation, le menu permet d’y accéder directement et aisément.

Chaque caprice, avec ses principales difficultés techniques, est donc présenté par Gérard Thomas-Baruet, alors que exécute immédiatement ces exemples de difficultés. Une partie du caprice est alors reprise, avec, en incrustation, les difficultés au moment où elles interviennent. C’est dans différentes pièces de l’ambassade d’Italie à Paris, dont il sera question plus loin, que se situent toutes ces présentations. On peut citer, au hasard, des dixièmes ou même des treizièmes, des sauts de cordes, du balzato, des double cordes sans harmoniques ou avec harmoniques, des grands démanchés, des octaves et des trilles, du glissando ou du staccato volant, des coups d’archet contro ou legato, de la basse continue, de très grands écarts de doigts, des pizzicatos main gauche, avec ou sans archet, etc.

A l’occasion du seul caprice N°8, qui présente de grands démanchés, effectue lui-même un ralenti. On peut regretter que cela n’intervienne pas plus souvent. De même, on peut regretter la non utilisation du ralenti à la prise de vue, après le passage concerné en temps réel, mais bien sûr sans le son. Ce qui eût été très aisé avec les caméras vidéo actuelles. En 1952, dans le film intitulé «Of men and music», avec une caméra 35 mm adaptée, le réalisateur avait filmé les doigts de Jascha Heifetz ralentis huit fois !

Comme il a été dit plus haut, si, au 19ème siècle, peu de violonistes pouvaient jouer ces caprices, il n’en a plus été de même au fur et à mesure du déroulement du 20ème et du 21ème siècle, plus particulièrement, à notre époque. Christophe Boulier, parmi tous ces solistes, possède à fond la technique nécessaire pour interpréter avec assurance et brio ces monstres de virtuosité. Comme, de plus, il est enseignant, il est très à l’aise pour donner toutes les explications et en présenter les démonstrations correspondantes.

Chaque caprice entier suit immédiatement sa présentation. Leur exécution en a été réalisée, notamment, dans différents sites de Montréal-du-Gers, charmant village médiéval. Suivant le site, le soliste est vêtu, soit de façon décontractée, soit en tenue de concert. Il faut noter que toutes ces exécutions, présentations ou œuvres entières, sont jouées totalement de mémoire, avec décontraction et sobriété. Toutefois, cela va beaucoup trop vite pour tenter d’émettre une quelconque critique sur la qualité de l’exécution, mais il se peut que, de temps en temps, très rarement toutefois, il y ait quelques problèmes de justesse.

Christophe Boulier, né en 1965, obtint le deuxième grand prix «Long-Thibaud» en 1984. Rappelons qu’il n’y eut pas de premier grand prix cette année-là, et que Laurent Korcia obtint le troisième grand prix. En plus de ses premiers prix à l’unanimité du jury au CNSMP – violon et musique de chambre – il a obtenu, à 17 ans, le «Sonder Preis Fritz Kreisler» de Vienne. Il est reconnu comme un grand virtuose du violon, et a même été comparé, en son temps, aux «ténors», tels Heifetz, Kreisler, Menuhin, Francescatti, Ricci, Accardo ou Ferras. Il joue un «Joseph Hel» de 1885, réalisé d’après un modèle de «Guarnerius del Gesu», et utilise un archet, réalisé pour lui par Pascal Audinot en 2002.

Bonus

Christophe Boulier nous présente, en plus, deux siècles de caprices, de 1695 à 1894, avec Locatelli, Lipinski, Sivori et Ernst. Et il nous joue un caprice de chacun de ces compositeurs. Pour lui, le caprice de Ernst dont il nous donne l’interprétation est plus difficile à jouer que ceux de Paganini. Ernst a d’ailleurs été surnommé le «Paganini allemand».

Biographie essentielle de Paganini

Celle-ci est donc présentée, depuis la bibliothèque de l’Ambassade, par Gérard Thomas-Baruet, correspondant de l’Institut Paganini de Gênes.

En plus de tout ce que l’on peut trouver dans les nombreuses biographies disponibles, on y apprend, entre autres :

-Que, très joueur, il perd son violon au jeu à 17 ans, en 1799.

-Qu’un certain Monsieur Liveron, commerçant français à Livourne, lui fait cadeau d’un Guarnerius del Gesu, de 1742. Ce violon, un peu plus ventru que les autres, est toujours exposé à l’Institut Paganini de Gênes.

-Que, depuis ce moment-là, il ne jouera jamais plus … aux jeux de hasard s’entend.

-Qu’il ne jouera jamais Harold en Italie, que Berlioz avait composé pour lui. Il était aussi, et c’est évident, virtuose de l’alto.

-Qu’en 1840, il est mort totalement aphone, ayant probablement un cancer de la gorge.

-Qu’il n’y a pas eu de bicentenaire de sa naissance fêté en 1982, ni de 150ème anniversaire de sa mort en 1990. Le Vatican «serait» toujours opposé à sa réhabilitation, compte tenu de sa vie dissolue, et de sa réputation de «diabolique».

-Que ses doigts présentaient un écart de 22 cm entre le majeur et l’auriculaire, alors que la moyenne est de 12 cm.

-Que la musique «connue» de Paganini occupe une durée supérieure au double de celle de Chopin, et que bien des œuvres de ce génie restent encore à découvrir.

-Que la référence MS pour le catalogue de ses œuvres provient des initiales des deux musicologues Maria Rosa Moretti et Anna Sorento.

Présentation de l’Ambassade d’Italie

Tout d’abord, Monsieur Giovanni Dominedo, Ambassadeur d’Italie en France, effectue la présentation liminaire de ce DVD, depuis l’escalier monumental de l’hôtel particulier construit par l’Archevêque de Boisgelin, et qui a appartenu au duc de la Rochefoucauld-Doudeauville. Cet Hôtel est sis au 47 rue de Varenne, à Paris 7ème.

Ensuite, pendant plus de 30 minutes, Monsieur Guido Davico Bonino, Directeur de l’Institut Culturel Italien à Paris, présente les différentes parties et décorations de ce magnifique bâtiment : le théâtre sicilien, la salle de la Mappemonde, la Bibliothèque et la salle chinoise.

Illustrations sonores

Tout au long de la présentation du menu, de ses composantes et du générique de fin, ainsi que tout au long de la présentation de l’Ambassade d’Italie, l’illustration sonore est réalisée à l’aide de différentes parties du 1er concerto de Paganini, interprété par Christophe Boulier et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dont la direction musicale n’est pas notifiée.

Conclusion

La présentation des caprices de Paganini, ou de ceux des autres compositeurs, par Christophe Boulier, celle, liminaire, de ce DVD, par l’Ambassadeur d’Italie, ainsi que celle de l’Ambassade d’Italie manquent quelque peu de souplesse et de professionnalisme, aussi bien dans la diction que dans l’enchaînement des prises de vue. Il en va de même pour la présentation de la biographie essentielle du compositeur, qui est lue, et pour la présentation des difficultés de chaque caprice.

Mais, à l’usage, ces quelques inconvénients sont vite oubliés, tant les présentateurs connaissent à fond leur sujet et nous entraînent dans leur passion. L’intérêt de ce DVD, malgré ces quelques maladresses, est de premier plan, même pour des mélomanes ou des musiciens non violonistes. Les violonistes, eux, sont concernés au premier chef.

Son acquisition est donc vivement recommandée, tant l’art et la virtuosité de Paganini y sont présentés de façon passionnante.

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