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Marc-André Dalbavie, la musique spectrale et ses lendemains

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Paris. Maison de Radio France. 13-II-2005. Marc-André Dalbavie (né en 1961) : Ciaccona ; Color ; Concerto pour violon. Eiichi Chijiwa, violon ; Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

Présences 2005

Pour clore la quinzième édition du Festival de création musicale Présences, son directeur René Bosc invitait pour la première fois l’ et son chef pour un troisième concert monographique consacré au compositeur fêté cette année à Radio France, . Rappelons que le compositeur est en résidence jusqu’en 2005 à l’ et que les trois œuvres au programme de la soirée ont fait l’objet d’un enregistrement désormais disponible dans les rayons des disquaires.

Composée en 2002, Ciaccona témoigne du chemin parcouru depuis les premières œuvres spectrales, Les Miroirs transparents par exemple, qui étaient programmés dimanche dernier, ou les Paradis Mécaniques, son deuxième opus. Sans renoncer à son travail sur le timbre, Dalbavie s’écarte du principe de « la fusion spectrale » et entend revenir à la ligne, au trait que son écriture avait effacé. Le recours à un procédé traditionnel comme la chacone qui consiste à répéter un même motif en variant constamment ses présentations permet de suivre très clairement l’élément thématique de départ et ses dérives successives au gré des transformations imaginées par le compositeur. Très expert dans les alliages de timbre et la conduite du mouvement, Dalbavie peaufine sa texture orchestrale que le maître Eschenbach nous fait apprécier dans ses moindres raffinements.

Ecrit en 2001, Color relève du même « glissement stylistique » laissant émerger de l’univers harmonique spectral des lignes mélodiques sur lesquelles Dalbavie articule désormais sa structure comme le faisaient les anciens à partir d’un Cantus Firmus. Le titre de Color est d’ailleurs emprunté à la terminologie du Moyen âge qui fascine le compositeur. D’une grande séduction sonore, l’œuvre s’impose par la clarté de sa conception et la maîtrise de l’instrumentation visant toujours l’économie de moyens.

Composé en 1996, le concerto pour violon inaugure l’ère des œuvres spatialisées qui faisaient l’objet du deuxième concert monographique à l’espace des Blancs-Manteaux le Samedi 5 Février. A défaut d’un lieu mieux adapté au projet acoustique, une partie de l’orchestre occupait ce soir les loges latérales de la salle Olivier Messiaen pour tenter cette immersion du public dans l’espace de résonance. Défendu de main de maître par le deuxième violon solo de l’orchestre, Eichii Chijiwa, le Concerto joue sur les différents rapports d’équilibre entre soliste et ensemble dominant à tour de rôle jusqu’à la dissolution progressive de la fonction concertante et la fusion des deux sources sonores protagonistes. Plus que la matière, c’est l’espace que Dalbavie façonne à sa convenance, conviant le public à des perceptions différentes selon les émergences successives du son.

Dernier temps fort du Festival, ce troisième concert monographique poursuivant l’itinéraire artistique de Dalbavie laissait clairement transparaître les qualités d’une personnalité affirmant tout à la fois un style et un métier.

Présences donne rendez-vous l’année prochaine pour un hommage très attendu à Krzysztof Penderecki.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Maison de Radio France. 13-II-2005. Marc-André Dalbavie (né en 1961) : Ciaccona ; Color ; Concerto pour violon. Eiichi Chijiwa, violon ; Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

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