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Armin Jordan et l’Orchestre Philharmonique de Liège : Le meilleur orchestre français ?

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 21-V-2005. Paul Dukas (1865-1935) : La péri, poème dansé. Jacques Ibert (1890-1962) : Concerto pour flûte et orchestre. Ernest Chausson (1855-1899) : Viviane, poème symphonique opus 5. Albert Roussel (1869-1937) : Bacchus et Ariane, suite d’orchestre n°2. Flûte : Emmanuel Pahud. Orchestre Philharmonique de Liège et de la Communauté Wallonie-Bruxelles, direction : Armin Jordan

Pour clôturer sa résidence annuelle au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, l’excellent orchestre philharmonique de Liège a eu la merveilleuse idée de confier au Suisse un programme 100% français qui propose des partitions caractéristiques du style de nos voisins, en mal de représentation dans l’Hexagone. On aurait tort de négliger , non seulement il est un grand serviteur de la musique française, mais il sait animer les grandes fresques symphoniques romantiques (sa symphonie n°3 de Mahler avec l’Orchestre de la Suisse romande est l’une des plus formidable interprétation de l’ère numérique) sans oublier qu’il excelle dans les opéras de Wagner – lire la chronique de Parisfal à Genève en 2004 de notre collaborateur Bernard Halter. Fréquemment invité par la phalange francophone, ses concerts sont toujours des évènements. aura été fêté lors de cette saison belge : outre les représentations concertantes d’Ariane et Barbe-Bleu à Anvers et Gand, son magnifique poème dansé La Péri (1911-1912) est enfin joué dans son intégralité. Partition à programme d’une richesse harmonique et d’une orchestration subtile, cette œuvre sert à merveille les pupitres de l’orchestre qui dès la sublime fanfare d’introduction nous donne une leçon de cohésion orchestrale. La direction très fine et limpide du chef helvétique évite tout alanguissement et vulgarité.

Si Dukas, outre son éternel Apprenti Sorcier est rare dans les salles de concerts, que dire de ! Pourtant ses Escales et son Divertissement pour orchestre sont des merveilles qui comptent parmi les chefs d’œuvre de la musique française. Composé à l’intention du grand virtuose Marcel Moÿse, le concerto pour flûte et orchestre (1932-1933) est une œuvre en trois mouvements pour petit orchestre. On doit au flûtiste franco-suisse un enregistrement définitif de cette œuvre (avec l’orchestre de la Tonhalle de Zurich sous la direction de David Zinman pour EMI). Il sert magnifiquement cette musique particulièrement puissante et poétique. Outre une technique proprement phénoménale, sa musicalité est superlative et il nous offre un andante d’une grande émotion. Devant le triomphe obtenu, le public est gratifié de la sublime Syrinx de .

La seconde partie s’ouvre avec Viviane (1882-1887) d’. Première œuvre pour orchestre du compositeur ce poème symphonique fait la part belle à de magnifiques atmosphères évocatrices qui illustrent un sujet tiré de la légende de la table ronde. Grand connaisseur de l’œuvre de Chausson dont il a enregistré une anthologie symphonique et l’opéra Le Roi Arthus, Jordan sait animer le discours avec transparence tout en flattant la chatoyante orchestration.

Véritable fête orchestrale, la seconde suite de Bacchus et Ariane (1930) n’est pas si fréquente au disque et au concert. Pourtant, cette partition se hisse au niveau des plus grandes réussites symphoniques par la virtuosité de son orchestration et ses mélodies envoûtantes. Dernière partie d’un ballet qui gagne à être connu, cette œuvre est un finale en apothéose pour un concert. Dans des tempos larges sans être trop lents, Jordan nous livre une interprétation qui fait briller les pupitres et la dynamique de l’orchestre. Visiblement heureux de collaborer avec le maestro suisse, les musiciens l’applaudissent chaleureusement au terme d’une prestation qui prouve encore un fois l’excellence du Philharmonique de Liège qui apparaît comme le meilleur orchestre symphonique de Belgique.

Crédit photographique : © DR

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