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Le « pays des mille étangs », déploie plus d’une offre de loisirs. C’est un plateau cerné par deux rivières, le Breuchin au Nord, l’Oignon au sud. Le site se confond avec le parc des ballons, aux pieds des Vosges. Evidemment, l’eau des étangs permet les jeux aquatiques dont le ski nautique, mais aussi, la remise en forme grâce aux bienfaits de ses eaux thermales, autre richesse locale : les eaux de Plombières-les-bains (température naturelle à 84°) ne sont pas loin

Région Franche-Comté

Un festival au cœur des Mille étangs

Le « pays des mille étangs », déploie plus d’une offre de loisirs. C’est un plateau cerné par deux rivières, le Breuchin au Nord, l’Oignon au sud. Le site se confond avec le parc des ballons, aux pieds des Vosges. Evidemment, l’eau des étangs permet les jeux aquatiques dont le ski nautique, mais aussi, la remise en forme grâce aux bienfaits de ses eaux thermales, autre richesse locale : les eaux de Plombières-les-bains (température naturelle à 84°) ne sont pas loin. Mais il y a davantage. L’art vivant y a trouvé un asile opportun et donne une autre dimension au pays des massifs forestiers. En s’appuyant comme des étapes de son périple musical sur les églises locales, le festival Musique et mémoire perpétue le lien entre le territoire et la musique. Entre Luxeuil-les-Bains, Vesoul et Belfort, à environ 85 kms au nord-est de Besançon, il indique une initiative d’autant plus bienvenue qu’il n’existe pas d’équivalent sur la période… voire dans l’année ; le mélomane exigeant tout au moins curieux, doit « manger » du km pour atteindre par exemple une offre lyrique et musical, digne de son attente… à Besançon.

Voilà plus de dix ans qu’un festival de musique baroque s’y développe, impliquant les locaux, offrant en milieu rural et dans les églises du pays, des programmes choisis, qui mettent en perspective l’ancien et le moderne. Aux côtés de Niccolo Porpora ou de Domenico Mazzochi, – concerts auxquels nous avons pu assistés lors de notre séjour-, plusieurs autres volets ont permis d’entendre, comme chaque année, des œuvres contemporaines créées spécialement pour le festival : « Kritz », suite pour viole de gambe solo de François Rossé, ou « Ultima Nocte » de Jacopo Baboni Schilingi, lesquels réinventent la notion des modernités à la confluence des formes anciennes et de l’écriture de notre temps.

Ces chapitres d’une programmation dense font écho aux éditions précédentes auxquelles Dominique Vasseur, Daniel Brel, ont aussi contribué. Sur un socle dédié à la musique ancienne et baroque, il est question de créer des passerelles artistiquement stimulantes qui interrogent les capacités créatives que permettent les mises en perspectives et l’œuvre de mémoire. D’où le titre du Festival.

Le directeur et fondateur de l’événement, , désire aussi favoriser les prises de risques autour de programmes inédits spécialement travaillés pour le festival. Dans ce sens, le principe des artistes en résidence a été adopté depuis l’an dernier. Une démarche proche du festival de Cordon du Pays du Mont Blanc dont nous avons aussi rendu compte dans les colonnes de notre rubrique « Evasion ». Le projet est d’autant plus convaincant qu’il ne s’appuie pas seulement sur l’exigence d’une programmation. Il s’interroge aussi sur sa propre capacité à renouveler ses limites, à trouver les moyens de son implantation locale, à impliquer, toujours plus et mieux, ses publics et les populations, sa possibilité concrète à élargir les répertoires. En particulier, voilà en quoi Musique et mémoire engage des voies salutaires qui nous paraissent particulièrement significatives. Scènes baroques certes, mais aussi foyer créatif, interrogeant ici peut-être mieux qu’ailleurs, la notion des modernités. (Lire ici notre entretien avec Fabrice Creux).

A quelques 450 kms de Paris, nous voici à nouveau au cœur d’une démarche critique et créative marquante. Preuve que la culture s’invente aussi – surtout – en province… aux côtés des standards guindés et formatés des capitales européennes? Après Cordon, le Pays des Mille étang indique une voie à suivre. Celle que d’ailleurs, nous emprunterons de festivals en événements, et qui nous conduira bientôt sur la Côte d’Azur au festival de musique de chambre de Beaulieu-sur-mer…nouvelle étape de notre périple défricheur de cet été.

Deux concerts du dernier Week-end :

en résidence aborde Porpora et Mazzocchi.

Le directeur des Paladins était l’artiste invité en résidence pour le XIIe festival Musique et Mémoire. Entre deux répétitions, il nous a accordé un entretien. Bilan sur son interprétation du répertoire italien et sur ses projets lyriques. (Lire l’entretien ici)

Vendredi 29 juillet – Eglise de Saint-Bresson, 21h

dirigés par Jérôme Corréas reprennent un programme musical et littéraire qu’ils ont donné plusieurs fois en 2004 au moment des célébrations de l’anniversaire Georges Sand : La cantatrice imaginaire d’après les textes de son roman « Consuelo ». Plus qu’une évocation historique sur les milieux musicaux du Baroque Italien, entre Naples et Venise, la dramaturgie conçue par le directeur des Paladins et l’homme de radio, François Castang, ici récitant-, dresse un portrait lyrique, volontiers fantasque, de Niccolo Porpora, compositeur incontournable de la scène européenne du XVIII ème siècle. Ils suivent la fiction de Sand, qui a retravaillé parfois les détails de l’Histoire, afin de mieux préciser l’exigence artistique du compositeur, radical intransigeant, imposant pour lui-même comme pour ses élèves, les vertus d’un idéal auquel il faut tout sacrifier, en particulier les tromperies flatteuses du succès, le poison vénéneux des mondanités…

Difficile gageure d’adapter un texte de roman en œuvre récitéeet musicale ; plus encore, d’y refondre la trame d’un drame cohérent en ajoutant de la musique dont celle inédite d’un Porpora totalement oublié aujourd’hui. Davantage : au début du concert, le chef des Paladins indiquait un changement de distribution. C’est la mezzo Sacha Hataia qui remplaçait quasiment aux pieds levés, Geneviève Kaemmerlen, initialement prévue.

Le plaisir de découvrir un texte dont nous avouerons qu’il nous était quasi inconnu, celui tout autant prenant d’entendre une musique inconnue (duettos et Lamentations), pourtant élaborée par un maître napolitain de la même envergure que Jommelli, ont marqué notre écoute. En dépit d’une sonorisation parfois aléatoire mais nécessaire pour équilibrer paroles du récitant et chant des artistes, la découverte de partitions inédite reste convaincante, d’autant plus percutantes dans un contexte littéraire fait d’un assemblage savamment construit où s’il est question de fantaisies historiques, l’on apprend beaucoup du milieu musical, précisément de la Venise du XVIIIe siècle. Celle qui succède à Vivaldi, bien oublié depuis sa mort en 1741 ; celle qui est comme le reste de l’Europe sous le charme des arabesques acrobatiques des chanteurs et compositeurs napolitains! Musiciens attentifs aux climats, chanteuses associées dans une joute habile à rendre la finesse ciselée des figures rococo… Récitant précis au texte imagé et vivant… Saluons en particulièrement l’ampleur et la beauté du timbre de Sacha Hataia, dont l’instinct musical laisse présager une belle carrière à venir. La chanteuse se produira aussi dans Les Pélèrins au Sépulcre, oratorio de Hasse, autre Napolitain, au prochain festival d’Ambronay (27 août, avec Il Seminario Musicale, direction : Gérard Lesne).

On imagine sans peine quelle a pu être la passion suscitée dans le public par les accents surornementés d’un Porpora, subtile orfèvre des combinaisons vocales et instrumentales. Sa langue est définitivement rococo et en exigeant beaucoup des voix, il offre l’accomplissement artistique de ses idéaux prônés dans les institutions qu’il a dirigé à Naples et aussi à Venise car les partitions abordées ce soir, ont été chantées par les jeunes filles pensionnaires des Incurabili. Preuve évidente que les années 1740, marquent la défaite de Venise, au bénéfice de Naples.

Le programme du concert est le sujet d’un cd récemment paru chez Arion. est accompagnée de . , direction : Jérôme Corréas. Prochaine critique sur Resmusica. com

Samedi 30 juillet – Faucogney, Eglise Saint-Georges. 21h

Non content de nous avoir révélé Porpora, la veille, Jérôme Corréas explore ce soir un autre univers méconnu mais cette fois, du XVIIe italien, celui du compositeur romain . La Rome fastueuse et lettrée du XVIIe siècle, celle des cercles mélomanes des prélats, succède aux fulgurances du rococo triomphant.

L’attente du public est d’autant plus concentrée et même palpable que l’après-midi qui a précédé le concert, les interprètes ont répété en accès libre (de 15h à 18h). Séances publiques où les musiciens expliquent leurs options, dont l’emplacement des chanteurs et celle des instrumentistes ; on change l’orientation des podiums, ajuste la hauteur des pupitres, règle les derniers points de lumière… les auditeurs sont même invités à poser des questions : que demander de mieux pour impliquer les festivaliers à l’expérience et à la performance du concert final?

Pourtant la musique de Mazzocchi à l’heure où elle était jouée, était réservée à la délectation d’une élite lettrée dont la quête esthétique n’est pas si éloignée des membres de la Camerata du Comte Bardi à Florence, quelques décennies auparavant. Les Prélats romains favorisent la recherche des compositeurs, soucieux d’établir de subtiles correspondances entre poésie et musique. Mazzocchi fait partie de la colonie des auteurs particulièrement doués de ce point de vue. A un vocabulaire extrêmement raffiné et dense, il ajoute une imagination délirante qui déroute l’auditeur. C’est tout l’attrait du programme abordé par Les Paladins : à partir des deux seuls recueils édités (Musiche sacre e morali, Rome 1640 et Sacrae Concertationes, Rome 1664) se précise l’humeur d’un génie insaisissable dont le traitement de la langue, musical et poétique, est un jeu de références et d’innovations qui suscitent plusieurs niveaux de lectures.

Nous voici bien après Monteverdi, aux côtés de Carissimi (dont Mazzocchi était contemporain), dans le laboratoire d’un créateur majeur : vertiges hallucinés ou languissants, prière mystiques d’une renversante sensualité (échos de l’Ode : « Alla Beatissima Vergine »), en définitive, sculpture mordante du texte au moyen d’une musique qui n’est avare de fulgurances. Les chanteurs réunis par le directeur des Palladins déploient une évidente aisance dans un tel répertoire. En dépit d’une somptueuse attention portée à la ligne mélodique, il convient d’y préserver constamment l’articulation justement accentuée de la langue. Et sur ce registre, les deux ténors, Jean-François Lombard et , outre leur engagement expressif, ont ciselé les poèmes avec un soin jubilatoire.

On attend avec impatience l’enregistrement de ce concert qui prélude à de nombreuses reprises dans les mois qui viennent. Le disque qui sortira dans la collection nouvelle crée par le Festival d’Ambronay réunit la même distribution.

 : « Musiques pour la Chapelle Sixtine ». Monique Zanetti, Valérie Gabail (sopranos), Jean-François Lombard, (ténors), Renaud Delaigue (basse), Les Paladins, direction : Jérôme Corréas. Lumières : Benoît colardelle.

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Pour organiser votre prochain séjour au plateau des Mille étangs, consultez le site : www.parc-ballons-vosges.fr.

Pour suivre le développement des activités annuelles de l’association Musique et mémoire dont la mise en œuvre du partenariat avec l’Ensemble La Rêveuse dont , le directeur du Festival, parle dans son entretien, consultez le site : www.musetmemoire.com. Renseignements au 03. 84. 49. 33. 46.

Crédit photographique : © DR

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Le « pays des mille étangs », déploie plus d’une offre de loisirs. C’est un plateau cerné par deux rivières, le Breuchin au Nord, l’Oignon au sud. Le site se confond avec le parc des ballons, aux pieds des Vosges. Evidemment, l’eau des étangs permet les jeux aquatiques dont le ski nautique, mais aussi, la remise en forme grâce aux bienfaits de ses eaux thermales, autre richesse locale : les eaux de Plombières-les-bains (température naturelle à 84°) ne sont pas loin

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