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Sacred Songs. Johann Sébastien Bach (1685-1750)/Charles Gounod (1818-1893). Ave Maria. Bach. Jesus bleibet meine Freude. Siegfried Ochs (1858-1929). Dank sei dir, Herr. Franz Schubert (1797-1828). Ave Maria, D839. W. A. Mozart (1756-1828). Laudamus te (Messe en Ut mineur, KV427), Laudate Dominum (Vesperae solennes de confessore, KV339). César Franck (1822-1890). Panis Angelicus. G. F. Handel (1685-1759). He shall feed His flock, Rejoice Greatly (Messiah, HWV 56). Leonard Bernstein (1918-1990). A Simple Song (Mass, 1971). Gabriel Fauré (1845-1924). Pie Jesu (Requiem, op. 48). Francis Poulenc (1899-1963). Domine Deus (Gloria). Hector Berlioz (1803-1869). L’adieu des bergers (L’enfance du Christ). Max Reger (1873-1916). Mariä Wiegenlied. Engelbert Humperdinck (1854-1921). Abends will ich schlafen gehn (avec Susan Graham). Renée Fleming (soprano), London Voices, Royal Philharmonic Orchestra, Andreas Delfs, direction. Enregistré 1CD Decca 475 6925. 58’31.

 

Les Clefs ResMusica

Encore un album de tubes de musique sacrée! Depuis le temps qu’à intervalles réguliers les labels nous envahissent avec ce genre de produit qui sent la « lessive » à plein nez, le chaland devient soupçonneux. Voici déjà pas mal d’années, le succès commercial remporté par le disque de Barbara Hendricks et son enregistrement de l’Ave Maria de Bach/Gounod, a donné des idées aux producteurs classiques qui utilisent et réutilisent le filon laissé par Bach, Schubert, Händel et Mozart réunis pour abreuver les bacs des disquaires d’albums d’airs sacrés concoctés pour la dernière diva en vogue. Et, grâce au miel d’œuvres faisant frémir d’aise les midinettes et les ménagères de plus de cinquante ans, ça marche à chaque coup. Rechantés sur des tempos dégoulinants d’orchestres plus ou moins fabriqués pour la situation, certains de ces enregistrements terminent rapidement leur carrière aux oubliettes. Cela n’empêche pas les compagnies de se relancer dans le « bénitier ». Pour peu qu’on soigne la pochette avec un évocateur décor de sainteté, l’espoir de « faire un carton » subsiste.

En apparence, ce nouvel enregistrement de répond parfaitement aux critères commerciaux ci-dessus. La diva, les yeux clos, le sourire perçant discrètement des lèvres magnifiquement peintes, un châle posé sur la blonde chevelure aux mèches rousses invite à une piété toute américanisée. Armé de ces préjugés, on place le cd sur la platine et d’un seul coup, le chant de la soprano américaine dément tout l’apparat faussement clérical monté autour de cet enregistrement. Somptueusement habitée, la voix de trahit son évident plaisir de chanter et révèle son engagement intérieur total. On sait la voix magnifique, mais quand la chanteuse exprime son âme comme elle le fait ici, c’est le divin qui jaillit. Si moins de six jours ont été nécessaires pour « mettre en boîte » cet enregistrement, c’est que, d’une part, le degré de préparation de la soprano américaine (on la connaît très méticuleuse et professionnelle) était irréprochable et que, d’autre part, l’esprit qui a régné pendant cette semaine ne pouvait être que d’une intensité rare. Qu’on écoute le Mariä Wiegenlied de , le Panis angelicus de ou le Simple Song de , tout est la même veine. La musique de exhale l’enchantement, la spiritualité. La spiritualité de SA musique parce que le Royal Philarmonic Orchestra sous la direction du chef allemand ne brille pas par son génie interprétatif. Il accompagne. Bien. Sans plus. Mais qu’importe, la chanteuse habite l’espace de son amplitude et de ses nuances vocales qui répandent un baume sacré sur l’entier de cet enregistrement.

On retrouve la Renée Fleming enchanteresse du sublime Ode à la Lune de Rusalka de Dvorak. A la différence qu’ici la voix semble encore plus pleine, plus intense, plus belle. Elle démontre une extraordinaire capacité de dégager le sacré des musiques qu’elle chante. Qu’elle chante, parce que la simplicité et l’évidence de son chant excluent l’interprétation. Elle chante parce qu’elle est le chant. Sacrée Renée Fleming! Un cd à écouter en boucle.

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Sacred Songs. Johann Sébastien Bach (1685-1750)/Charles Gounod (1818-1893). Ave Maria. Bach. Jesus bleibet meine Freude. Siegfried Ochs (1858-1929). Dank sei dir, Herr. Franz Schubert (1797-1828). Ave Maria, D839. W. A. Mozart (1756-1828). Laudamus te (Messe en Ut mineur, KV427), Laudate Dominum (Vesperae solennes de confessore, KV339). César Franck (1822-1890). Panis Angelicus. G. F. Handel (1685-1759). He shall feed His flock, Rejoice Greatly (Messiah, HWV 56). Leonard Bernstein (1918-1990). A Simple Song (Mass, 1971). Gabriel Fauré (1845-1924). Pie Jesu (Requiem, op. 48). Francis Poulenc (1899-1963). Domine Deus (Gloria). Hector Berlioz (1803-1869). L’adieu des bergers (L’enfance du Christ). Max Reger (1873-1916). Mariä Wiegenlied. Engelbert Humperdinck (1854-1921). Abends will ich schlafen gehn (avec Susan Graham). Renée Fleming (soprano), London Voices, Royal Philharmonic Orchestra, Andreas Delfs, direction. Enregistré 1CD Decca 475 6925. 58’31.

 
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