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Nicolo Paganini chez Jean-Baptiste Vuillaume

Aller + loin, Dossiers, Histoire de la Musique

C’est évidemment la première fois dans l’histoire du journalisme qu’on a décidé de faire voyager des reporters dans le temps à la recherche de quelque information propre à aiguiser la curiosité de lecteurs devenus de plus en plus avides de reality shows. Pour accéder au dossier complet : Entretiens d’outre temps

 

Nicolo Paganini [1782 - 1840] chez Jean-Baptiste VuillaumeDepuis le retour de son entretien avec Debussy, toute l’équipe avait retrouvé une certaine confiance en notre rédacteur en chef et en l’extraordinaire machine qu’est la Resmusi4X. Cependant, j’étais loin de m’imaginer que notre grand Maxime pourrait avoir eu un jour cet aspect de l’énergumène, affublé d’un pansement sur le nez et défiguré partiellement (Dieu sait qu’il était mignon pourtant autrefois). Aurait-il bizarrement gardé cet air ravi de chef éternel que nous avions l’habitude d’apprécier … pour lui ?

J’étais comme tous les jours en train de m’atteler à la tâche. Cinquante disques chroniqués, autant de rendez-vous et autres salmigondis existentiels propres à la vie quotidienne de notre revue et des tracas de l’atelier. Alors que j’étais en pleine négociation avec un grand collectionneur d’archets … Le siège social de ResMusica a effectivement trouvé refuge dans la lutherie de la rue de la Voûte à Paris.

    – 5 000 euros ! Vous plaisantez !? C’est un archet de Vuillaume !??

– Cela ne m’intéresse pas tant que vous n’aurez pas un certificat …

Cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas eu autant d’argent dans les mains sans avoir l’opportunité de concrétiser la vente. C’est alors que notre rédacteur en chef pénètre les lieux avec grand fracas. Tel Cyrano, non ce n’est plus un pic, un cap ni une péninsule mais une truffe énorme qui investit et humidifie honteusement ma joue.

    – Zut Maxime ! Je t’ai déjà dit que je déteste ça. D’autant plus, tu m’excuseras, tu n’as quand même plus l’apparence d’autrefois. Viens-en au fait !

– Isabelle ! Mia bellissima ! J’ai bravé la Machina, dis nous donc où et quand comptes-tu rencontrer Paganini !?

– Heu, je ne suis pas si sûre d’être prête… et puis, j’ai des chroniques en retard !

Je ne m’attendais surtout pas à cela d’autant plus que j’avais déjà prévenu le staff du danger de l’écart spatio-temporel !

    – Te rends tu compte que Christophe a encore le teint jaune et qu’il bredouille la nuit … du genre … « Non Schubert, elle n’est pas morte !! ». Perso, j’en ai marre de tout ça, tu ne veux pas qu’on arrête !?

– Rien à faire, TU Y VAS. Je pars en Ecosse, débrouille toi. Ton Christophe sera là pour te réceptionner au retour, ne t’inquiète pas, nous avons calfeutré « le cabinet de réflexion » tu n’auras pas de bosses. Christophe est actuellement entre les mains des plus grands experts de la récupération spatio-temporelle, c’est une nouvelle thérapie. Par contre ce sera plus dur pour Catherine, elle est gravement atteinte du syndrome de Gretrycx !!

– Ah ok, … mais c’est quoi le syndrome de Gretrycx ?

– Je ne suis pas spécialiste mais il paraît que Catherine s’est échappée de la commune mesure. Elle a bravé les limites de la folie opératique… Il faut avouer que la machine ne fonctionnait pas encore quand elle l’a utilisée, je te rassure, tout va bien maintenant, n’est-ce pas Claude ? Je suis la preuve Vivante malgré mes déboires en partie … nasique ? Pour Catherine, par contre, tout reste à faire même après quelques verres, elle se mire chaque jour dans son miroir, affublée de sa robe XVIIIe et de sa perruque grotesque, en déclamant : « Dis moi André, qui est la plus belle ? »

– Bon … Christophe est en plein délire romantique, Catherine se prend pour la sorcière de Blanche Neige, toi, tu es devenu un NEZ … Qu’est ce qui m’attend, moi, à mon retour ?

– Ecoute, je ne te garantis rien, chérie chérie, mais avoue que tu as une chance extraordinaire d’entrer dans l’Histoire !

Je savais pertinemment qu’il se moquait de moi mais j’avais quand même pris mes précautions. Je n’irai pas bille en tête me confronter à l’Histoire … En emportant avec moi quelque témoin du temps je pensais être à l’abri de ses ignominies.

    – Assure-toi d’appuyer assez fort sur le bouton rouge pour revenir en temps et en heure. Aller, bisous ! Amuse-toi bien et reviens avec tes 3000 signets sinon, pas de cadeaux, tu repars illico à la mise en ligne ! Et de toutes façons ça ne dure que deux heures, alors, pas de soucis. See you later, pour le poulet du dimanche midi, à mon retour !

Il me semblait que de rencontrer Nicolo Paganini dans l’atelier de Jean-Baptiste Vuillaume serait un lieu qui me rassurerait. J’envoie un texto à mon chéri pour le prévenir de venir m’attendre pour le retour et en espérant fortement qu’il ait acquis assez de lucidité pour le lire.

Mais il faut agir et hop ! J’attrape deux archets que je glisse dans un étui, je respire un grand coup et j’appuie sur le bouton … Me voici devant l’atelier mythique situé au 46 de la rue des Petits-champs à Paris. J’essaie de me recoiffer tant bien que mal, et je constate à mon grand désespoir que je suis affublée d’un chapeau, moi qui ne supporte même pas un bonnet quand il fait trop froid. Je dois avoir un air nunuche à souhait sans parler de ces kilomètres de tissu qui déroulent une robe qui n’a plus rien à voir avec la femme moderne que je suis devenue. Heureusement que j’ai pris un étui « cercueil » bien XIXe (ndlr étui en forme de cercueil …). Je prends mon courage à deux mains et je sonne. Un tout jeune homme ouvre la porte :

    – Madame ?

– Bonjour, je suis … (Enfer et damnation !… qui suis-je ?) je suis envoyée par un ami musicien qui vient d’acquérir ces deux archets en jouant au casino et il voudrait s’assurer de leur valeur …

– Je vais voir si le Maître peut vous recevoir, je vous pris de patienter.

Me voilà dans l’antichambre de Jean-Baptiste Vuillaume, le rêve de tout musicien du XXe siècle et encore plus celui des archetiers et des luthiers de toute la planète ! J’ai le cœur qui bat à tout rompre car franchement, comment me dépatouiller de cette histoire ? Surtout que je dois rencontrer Paganini et pas seulement Vuillaume. Je l’avais proposé mais Maxime m’a envoyé sur les roses.

Heureusement que Paganini a eu besoin de Vuillaume, j’espère que c’est bien aujourd’hui qu’il vient récupérer son Cannone. Avec un peu de chance j’apercevrais aussi Berlioz. Oh si je pouvais en plus visiter l’atelier et parler à quelques archetiers, qui sait ? Soudain la porte s’ouvre.

    – Madame ?

– Bonjour Maître, je suis enchantée de vous rencontrer. Comme je viens de dire à votre commis, pourriez vous m’accorder quelques instants pour identifier deux archets ?

– Je suis un peu débordé aujourd’hui, j’attends la visite d’un personnage très important et je ne peux m’occuper de vous, voyez cette affaire avec mon chef d’atelier.

– Mais ils semblent exceptionnels et mon commanditaire m’a expressément demandé de m’adresser à vous ! Cela ne prendra que quelques minutes.

Un peu tremblante, j’ouvre l’étui et en sorts les deux plus beaux archets que j’avais dans mon atelier. Le premier monté écaille et or portant la signature de Vuillaume, le second simplement monté ébène et argent mais j’avais la certitude que c’était un Dominique Peccatte – sauf qu’en 2005 aucun expert n’avait voulu faire de certificat, donc ils ne valaient rien !?

    – Les voici, Maître.

Le luthier ajuste ses petites lunettes, va vers la fenêtre, passe la tête du premier archet sur son front pour redonner du brillant au vernis, reste silencieux et prend l’autre baguette, la caresse délicatement en appréciant son fuselage puis la prend par la hausse et, comme tout luthier ou archetier qui examine un archet, fait mine de viser un point imaginaire pour apprécier dans son entier le travail de l’artisan.

    – Madame, avec tout le respect que je vous dois, pouvez-vous me dire d’où viennent ces deux archets ?

Aïe, mais qu’est ce que je suis venue faire dans cette galère !

    – Maître, je suis venue ici pour avoir aussi des explications. Mon commanditaire attend une somme d’argent conséquente en paiement d’une soirée de folie au casino.

– Madame, je ne sais quelle est la somme engagée dans ce jeu de dupe mais vous devez me laisser ces deux archets. Je connais bien le propriétaire que je dois justement rencontrer aujourd’hui. Aussi nous devons trouver un arrangement.

Je ne sais pas si je suis plus interloquée que fortement embarrassée. Que dois-je répondre à cela ? Ces archets m’appartiennent ! Mais il faut composer avec la situation …

    – Cher Maître, dites moi qui était le propriétaire ?

– Ecoutez moi bien, chère … Madame ?

– Perrin … Isabelle Perrin, mon père est luthier.

Zut, je suis en train de me griller, comment rebondir ? Il est hors de question de lui avouer que je suis aussi archetière ! A cette époque, les femmes devaient fabriquer une grosse soit douze douzaines d’archets d’étude en bois d’abeille pour ne gagner que cinq malheureux francs.

    – François ? Etienne ? Perrin de Mirecourt ?

– Peu importe Maître Vuillaume …

Ho la la, je suis vraiment mal, je ne peux pas expliquer que mon père luthier au XXe siècle est un homonyme de la famille Perrin des XVIIIe et XIXe siècle !

    – Je veux simplement savoir qui a fait ces archets et s’ils ont une certaine valeur ?

– Ce sont deux magnifiques baguettes faites par Dominique Peccate et moi-même. Ces archets appartiennent au Maestro Nicolo Paganini qui doit venir ici dans quelques instants reprendre son violon … Je vous conseille de les restituer sans mot dire.

– Maître, je ne peux PAS me séparer de ces deux archets, sauf si – de façon exceptionnelle – je pouvais avoir l’opportunité de parler au Maestro !

Là, je tenais mes 3000 signets mais je mettais mon atelier dans une situation inextricable. Je jouais alors le tout pour le tout.

    – Permettez-moi de rester avec vous quand le Grand Paganini viendra. Je lui rendrai ses archets et vous m’en donnerez deux autres en échange, histoire de ne pas rentrer bredouille vers mon commanditaire!

– Marché conclu ! Vous me plaisez Madame, j’espère que nous nous rencontrerons quelques fois …

Mais à quoi il joue, ce type !? Pour qui il se prend !? je viens de dilapider une fortune (en 2005) et lui fait le joli cœur ? …

    – Vous me promettez de me donner en échange deux archets pour mon commanditaire ?

– Oui madame, je vous le promets, en attendant l’arrivée d’Il Maestro Paganini, je vous invite à visiter mon atelier. Cela vous plairait-il ?

Alors là, mon cœur bat facilement à plus de 220 pulsations. Vive la Resmusi4X ! C’est fabuleux mais le temps passe et si Paganini ne vient pas ? Je vais me retrouver en 2005 sans rien, c’est trop bête, combien de temps me reste-t-il ? Ouf, une heure et demi encore dans cet espace temps rien que pour moi. Soudain, alors que la visite de l’atelier me donne aussi la chance de rencontrer des archetiers célèbres comme Nicolas Maline, François Nicolas Voirin, entre autres … Je découvre avec stupéfaction que les ouvriers de l’atelier dorment sur place sous leur établi alors qu’ils fabriquent ce qui fera la fortune des spéculateurs de la fin du XXe siècle. Le Grand maître Vuillaume perd alors un peu de mon estime.

Soudain, l’atelier prend une effervescence sans commune mesure, je comprends que Il Maestro Paganini vient d’investir les lieux et que tous seraient dorénavant à son service. Je me fais petite souris histoire de respirer ce grand moment. Jean-Baptiste Vuillaume me laisse évoluer où bon me semble comme si j’avais toujours vécu dans cet atelier. Je me sens chez moi, dans les parfums si caractéristiques des résines à vernis comme le benjoin, la cochenille et la colophane. Assise sur un tabouret proche de l’établi de Vuillaume, j’ai l’opportunité de découvrir les plans de construction d’un monstre. En un instant, je comprends que cet homme impitoyable avait aussi de grandes idées révolutionnaires : les instruments démesurés, l’archet en fer …et la fameuse octobasse … pour Berlioz ?

Nicolo Paganini est un homme d’aspect chétif mais montre un charisme sans commune mesure attirant comme un aimant tous les êtres qui se trouvent à sa portée. Il est vêtu d’une redingote de la dernière mode avec des cheveux fous, trop longs pour l’époque.

      – Jean-Baptiste, mon ami.

Come va il mio violino

     ? Lui as-tu redonner son panache ?

– Nicolo, je l’ai protégé comme un de mes propres enfants ! et j’espère que tu ne m’en voudras pas mais j’ai une surprise pour toi. Non pas une surprise, deux surprises ! Mais viens que je te restitue Il Cannone.

– Pourquoi l’avoir gardé si longtemps pour une simple cassure, Jean-Baptiste ? Cosa me maschere?

– Si tu avais accepté de jouer avec cette merveilleuse invention qu’est « la mentonnière », je n’aurais jamais eu l’occasion de réparer ton violon et par conséquent je n’aurais pas eu l’opportunité de te faire essayer ce que j’ai osé faire … Une copie de TON violon !

– Tu es un véritable Maestro, il mio risparmiatore Giovanni Batista! Mais donne-moi d’abord il mio prezioso, il m’a tant manqué ! Un mois sans lui … même mes Stradivarius n’arrivent plus à me satisfaire !

Bahh … Je suis aux Anges ! Chez Vuillaume qui reçoit Paganini il ne manque plus que les amis Delacroix, Berlioz, Sand et les autres … Je me risque une petite réflexion :

    – Maestro ? bonjour. Si vous me le permettez, pouvez-vous m’éclairer sur un aspect singulier du rapport entre le musicien et son instrument. En bref, de votre violon ou de vous en tant que musicien, qui est la véritable vedette ? (Il serait sage que je tourne sept fois la langue dans ma bouche avant de parler)

– ???

– Pardonnez moi, je ne me suis pas présentée. Je suis une de vos admiratrices et je voudrais savoir qui est qui ? Le violon de Guarneri del Gesù ou vous ? (Je me sens un peu minable là …)

Bella regazza, derrière vos yeux magnifiques et votre toilette affriolante vous me semblez êtes comme la Tarentella ! Vous piquez sans savoir pourquoi ! Mais vous me plaisez …

– (après avoir plutôt piqué un fard mémorable) Maestro, dites moi ce qui vous a inspiré quand vous avez écrit vos concerti ? Avez-vous passé un accord avec il Diabolo ? Ou bien votre musique est un message pour le futur ?

– Mon sentiment est de faire entendre ce qui est possible avec un violon ! Les Viotti et autres n’ont fait que des gammes, j’apporte une structure au concerto et une liberté musicale qui donnent une dimension au violoniste qui n’existait pas auparavant ! Laissez-moi reprendre mon violon, c’est plus important que tout. Nous aurions peut-être pu nous rencontrer en d’autres circonstances, j’aurais pu faire de vous ma Muse pour un soir mais je n’ai pas le cœur à la fantaisie aujourd’hui.

Voilà comment un journaliste peut se griller avec un artiste… Et moi je n’ai plus qu’une heure pour rentrer avec mes 3000 signets et mes deux archets ! Je rumine mon désespoir mais trouve encore le temps d’oser une dernière proposition.

    – Permettez-moi une autre question… Quels sont les archets que vous utilisez pour vos compositions ?

Un sentiment d’exaspération semble envahir la pièce.

    – Maestro, allez chercher votre violon, et excusez mon impertinence. (coup fatal, le point de non retour est atteint, misère !)

Jean-Baptiste Vuillaume entre dans l’antichambre avec LE violon. Paganini, un peu déstabilisé par mes questions et par le désir de retrouver son « bébé » ! Nicolo empoigne SON instrument, le caresse, l’accorde, le pose sous son menton et entame sereinement les premières mesures d’une Partita. Damned ! Paganini joue Bach. Scoop ! Puis prenant confiance, il poursuit par ses propres compositions. Jean-Baptiste et moi sommes comme hypnotisés … Entendre et voir ce musicien autant à l’aise avec un violon sort du commun. Je reste sans voix.

    – Jean-Baptiste, c’est merveilleux, fantastique… Mais …

Aie, nous voilà dans la réalité des rapports du violoniste avec son luthier !

      – Peux-tu me redonner les

graves

    de mon violon ? Fais quelque chose ? Je t’en prie …

– J’attrape ma pointe aux âmes et je suis à toi. Reprends ton violon, joue moi une gamme simple, histoire de te familiariser et nous allons travailler ensemble pour te redonner confiance. Il faut que cet outil soit le tien !

Sol La Si Do … Nicolo s’exécute comme un enfant.

    – Tu te moques de moi Jean-Baptiste, tu penses vraiment changer ma vie avec ta pointe aux âmes ?

– Fais moi confiance Nicolo, je t’en prie, joue. Ton violon est notre point de rencontre, recommence, encore et encore. Donne moi tes impressions et laisse moi t’aider. Je suis aveugle et tu es mes yeux. Conduits moi vers ce que tu veux !

Je tente une intrusion.

    – Maestro, si vous preniez cet archet, il est possible que le travaille de Maître Vuillaume ne soit pas si compromettant ?

– Madame, je vous déteste… comment êtes vous en possession de Mes archets ?

– Maestro, je suis là pour vous les ramener, pas pour vous piéger …

– Jean-Baptiste ! Qui est cette femme qui me défie ?

– Chut, c’est un Ange … Joue Nicolo, joue ton XXIVe caprice. Si fort et si envoûtant …

Je reste abasourdie. Nicolo s’adapte au désir de son luthier. Il exécute quelques mesures et attend le verdict. Vuillaume prend le violon passe la pointe aux âmes dans l’ouie, modifie délicatement l’emplacement de l’âme de quelques millimètres puis redonne l’instrument au musicien qui essaye à nouveau … Il écoute les changements de sonorité …

    – Ajoute un peu de mœlleux … plus de rondeur …

– Donne, je replace l’âme un petit plus à gauche et je pense que c’est la solution.

Paganini reprend son violon, entonne quelques notes de la future Campanella. Ses doigts rapides et gigantesques prennent alors une dimension aérienne alliée à une justesse impitoyable. Epoustouflant !

      – Maestro,

il mio amato ti amo

    .

Un sourire de satisfaction anime ce musicien extraordinaire et ce luthier fabuleux. Les larmes m’assaillent ! Il me reste quelques instants … Je réussis à interpeller Vuillaume.

    – Maître, vous avez promis …

– Je vous apporte ce qu’il faut. Ne vous inquiétez pas chère amie.

Vuillaume revient avec deux archets et un manuscrit, me les tend de façon solennelle… je jette un œil rapide … Aussi beaux que ceux que je croyais avoir entre mes mains avant de m’aventurer dans l’antre des plus grands créateurs de ces années 30 du XIXe siècle à Paris. Je me souviens d’avoir remercier Jean-Baptiste Vuillaume. D’avoir salué le Maître du violon moderne … puis de me transformer en ver de terre qui passe dans la spirale du temps, j’ai eu à peine le temps de dire :

    – Merrrrccciii messieurs …

Le temps me semble infini et si court …

    – Mon petit oiseau des îles, reviens, reviens vite, le bourguignon est sur le feu et sans toi, je ne sais rien faire ! Allo !!! Ma belle ! Reviens !!!

– Attends un instant, ce chapeau est insupportable !!! Comment tu me trouves dans cette robe ridicule ?

– Mais de quoi parles-tu ? Tu es comme d’habitude en jeans !

Reprenant mes esprits, je tiens dans ma main deux archets. Un de Dominique Peccatte sublime et, cadeau suprême, un de François Xavier Tourte, comme neuf ! le tout accompagné d’un certificat de Jean-Baptiste Vuillaume lui-même … Je sauvais l’atelier. J’entendais déjà Maxime avec ses sarcasmes et critiques. Quoiqu’il en soit je rentrais avec un article d’enfer. Je ne sais quelles seront mes séquelles, mais … Cet article c’est peut-être le Diable lui-même qui me l’a dicté …

Choix de la rédaction : Lire : Nicolo Paganini par E. Neill aux éditions Fayard. Et la biographie de Zino Francescatti – Explorer : DVD, Le violon, des hommes, des œuvres. Editions Montparnasse. – Ecouter : Zino Francescatti. Salvatore Accardo l’intégrale. Et pour les 24 Caprices : Alexander Markov chez Warner.

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