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Bach et Gardiner : Magistral Noël !

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates Vol 14 : Gelobet seist du, Jesu Christ BWV 91 ; Christum wir sollen loben schon BWV 121 ; Dazu ist erschienen der Sohn Gottes BWV 40 ; Unser Mund sei voll Lachens BWV110. Katharine Fuge, Joanne Lunn, sopranos ; Robin Tyson, William Towers, altos ; James Gilchrist, tenor ; Peter Harvey, basse. The Monteverdi Choir, The English Baroque Soloists, direction : John Eliot Gardiner. 1 CD Soli Deo Gloria. Réf. : SDG 113. Enregistrement public en l’Eglise Saint Bartholomew de New York le 25 décembre 2000. DDD. Notice bilingue (anglais- allemand). Durée : 71’17’’.

 

En 2000, le chef britannique rendit hommage à de façon originale et ambitieuse : il décida d’interpréter tous les dimanches en public les 200 Cantates sacrées en sillonnant l’Europe et les Etats-Unis sans oublier d’enregistrer chacun de ses précieux concerts. Le présent volume comporte quatre magnifiques cantates de Noël dont le caractère varié rend expressives leurs beautés sonores.

L’intimité émotionnelle transmise par les artistes de cet enregistrement semble être la ligne directrice de cette intégrale (lire les compte-rendus des volumes précédents : 12, ainsi que l’entretien que a bien voulu donner pour ResMusica). Ils interprètent avec une unité commune et pudeur cet hommage à Noël et à Bach. On entre ainsi dans l’univers de chaque cantate grâce à un Gardiner perfectionniste.

La relation entre texte et musique est particulièrement forte dans les récitatifs : Bach emploie par exemple des accords dissonants pour évoquer les pêcheurs (Récitatif de soprano BWV 91) ou au contraire utilise des sonorités plus consonantes ou lumineuses pour illustrer certaines actions (« Dieu se tourne », Récitatif de l’alto BWV 121), il évoque les cieux (Récitatif de soprano BWV 121) par une tessiture montante, et représente « les douleurs de la terre » (Récitatif de basse BWV 91) par un déchirant chromatisme… Gardiner dirige ses musiciens et ses chanteurs avec subtilité sans appuyer systématiquement les endroits clés. Le chef réussit à élaborer un discours quasi naturel, créant avec l’orchestre une enveloppe sonore douce, plaintive, sombre ou au contraire éclairée.

Les chœurs représentent l’assemblée de fidèles qui commentent l’action avec générosité ou inquiétude, mais sans jamais perdre espoir. Certains chorals sont particulièrement intéressants par leur originalité d’écriture : Le choral d’ouverture de la cantate BWV 121 est traité en motet, d’autres sont rythmés par le texte (BWV 40 n°6). Le figuralisme est évidemment très présent, insistant par exemple sur le mot éternité en fin de choral.

Ce nouveau volume dégage une formidable émotion amplifiée par ce concert joué le jour de Noël et la fin proche du « Pèlerinage Bach ». Tous les artistes de ce concert chantent ces quatre Cantates avec la force et la joie d’être réunis. Intimité, pureté et passion sont les éléments de cet incontournable enregistrement qui fera date : Gardiner semble vouer le même recueillement à Bach et à Noël.

Sur le site Monteverdi Productions, www. monteverdiproductions. co. uk, on peut télécharger la traduction française de la notice du disque (et des autres volumes déjà parus), qui est un magnifique texte très intéressant de John Eliot Gardiner. On peut obtenir les textes des cantates en français, sur www. bach-cantatas. com.

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