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Bruxelles, Conservatoire Royal. 19-I-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano et orchestre n°6 en si bémol majeur KV 238, n°16 en ré majeur KV 451, n°22 en mi bémol majeur KV 482. Anima Eterna ; concertmeister : Brian Dean ; pianoforte : Jos Van Immerseel

Intégrale des concertos pour piano de Mozart

A Bruxelles, Bozar Musique fêtera Mozart de diverses façons, dont une très excitante intégrale des concertos pour piano étalée jusqu’au mois de juin, et confiée à différents pianistes et orchestres, belges et étrangers, sur instruments anciens et modernes. Pour inaugurer la série, on a choisi l’ensemble et son mentor , déjà auteurs pour la précédente année Mozart, celle de 1991, d’une intégrale des concertos au disque (Channel Classics), et qui vont également la jouer cette année en concert au Concertgebouw de Bruges.

n’est pas ce que l’on peut appeler un virtuose aux doigts d’acier, et il a parfois des difficultés à démarrer ses programmes de façon satisfaisante. Ses problèmes d’échauffement donnent un premier mouvement du Concerto n°6 assez piteux, bourré de fausses notes, dans lequel le pianiste est contraint de sur-articuler chaque passage difficile et de ralentir le rythme de façon arbitraire pour cause de doigts gourds. Dans l’Andante, le contraste entre un orchestre qui avance droit et clair et ce pianiste au jeu chichiteux et artificiel n’est pas plus heureux. Finalement, le Rondeau est le mouvement le plus convaincant : les doigts de Van Immerseel sont plus vifs et assurés, ses idées sont plus claires, et s’il a encore tendance à enrubanner son discours, celui-ci est quand même beaucoup plus ferme et moins factice, et l’élégance galante de ce concerto est enfin rendue à sa juste mesure. Changement d’ambiance avec le Concerto n°16, dans la triomphale tonalité de ré majeur, le plus vigoureux et martial des concertos de Mozart. Dans ce concerto, c’est l’orchestre qui déçoit : l’introduction est beaucoup trop virile (c’est un mouvement musclé, mais point trop n’en faut), les vents sont d’une justesse douteuse, et les cordes sont très agressives dans l’andante. Dommage pour le pianiste- qui ne dirige absolument pas son ensemble durant le concert, laissant tout le soin au concertmeister- car il se montre engagé et simple, fait preuve d’esprit et de finesse, et improvise de très intéressantes cadences.

La pause ne semble pas avoir profité à Van Immerseel qui dans le début du premier mouvement du Concerto n°22, pièce maîtresse du concert, retombe dans ses travers du départ : un jeu pommadé et anodin, techniquement précaire, et une tendance très énervante à prendre un chemin détourné pour énoncer une idée. Techniquement, les choses s’arrangent après la réapparition du portique d’introduction par l’orchestre, qui joue tout ce premier mouvement avec une ampleur symphonique et un enthousiasme très réjouissants. L’Andante est lui aussi très beau, ornementé d’une manière délicate et subtile par le pianiste, et son dialogue avec les vents, dont un sublime duo flûte basson, est d’une transparence remarquable. Le final de ce concerto est pris à un tempo extrêmement vigoureux, qui forme un beau contraste ave l’andantino central, qui est lui joué très lentement. Van Immerseel joue sa partie avec inspiration et souplesse, improvisant une cadence à la rythmique simpliste, mais diablement efficace.

Le bilan de ce concert, malgré un beau Concerto n°22 est quand même assez mitigé, et il est à espérer que Van Immerseel et son ensemble effectuent rapidement les réglages nécessaires, sans quoi le public brugeois, qui entendra tous les concertos très bientôt, risque, face à ces interprétations inégales et inconsistantes, de trouver le temps long.

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Bruxelles, Conservatoire Royal. 19-I-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano et orchestre n°6 en si bémol majeur KV 238, n°16 en ré majeur KV 451, n°22 en mi bémol majeur KV 482. Anima Eterna ; concertmeister : Brian Dean ; pianoforte : Jos Van Immerseel

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