Dresde 1652 : musique de Christoph Bernhard et de Christian Herwich

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Christoph Bernhard (1627–1692) : Da du wolltest von mir ziehn ; Gleich wie ein junger Hirsch ; Die sterbenden Lilien ; Die Lieb ist wie der Tod ; 3 Suites ; Süsser Christ ; Rex Jesu admirabilis ; Leb ich oder leb ich nicht ; Gute Nacht! Du eitles Leben ; Ich bin gewiss ; Herr, der du die Sternenbogen ; Ach, wie entgeistert sich mein Geist ; Gott ist mein Schild ; Mein Jesus! Meine Lust! ; Allein nach dir ; Der Tag is hin. Christian Herwich (1609–1663) : Sonate « La Chilana » ; Ruggiero ; Prélude ; 2 Allemandes ; 2 Courantes ; Derde ; Aria en sol. Klaus Mertens, basse-baryton. Hamburger Ratsmusik, direction : Simone Eckert. 1 CD NCA. Réf : 60147-210. Enregistré au Studio Rolf-Liebermann de la NDR à Hambourg, du 14 au 16 juin 2004. DDD. Notice multilingue assez bien fournie en précisions historiques mais sans les paroles. Durée totale : 64 : 20.

 

nca_dresden-300x269Le label allemand NCA nous fait découvrir avec « Dresden 1652 » deux compositeurs tout à fait méconnus qui datent des origines de l’ère baroque germanique, notamment contemporains de Heinrich Schütz : (1627-1692) et Christian Herwich (1609-1663), deux musiciens assez différents qui se sont rencontrés au moins une fois de leur vivant, à Dresde en 1652, d’où le titre donné à ce disque.

En octobre de cette année 1652, la cour saxonne de Dresde est en folle ébullition ; on y prépare de longues festivités qui doivent s’étendre sur plusieurs semaines. Outre un mariage princier qui occupe l’attention générale, on a aussi prévu de célébrer la fin de la guerre de 30 ans et des souffrances qui l’ont accompagnée. Et Dresde de devenir à cette occasion une grande fête musicale et un rendez-vous européen pour les musiciens les plus célèbres de leur temps, le tout coordonné par Heinrich Schütz lui-même, qui n’est autre que le maître de chapelle de la cour, auteur de l’opéra der Triumphierende Amor, et médiateur diplomatique entre les musiciens et le prince électeur.

C’est cet évènement culturel et historique qui sert d’argument pour réunir ensemble sur cet enregistrement des chants de Bernhard, membre permanent de la chapelle de la cour de Dresde aux côtés de Schütz, et des compositions instrumentales du gambiste et luthiste indépendant Herwich. La programmation des plages du disque fait alterner les œuvres des deux compositeurs ; un mélange qui a le mérite de diversifier et de rendre plus attrayantes les différentes œuvres, et de rendre moins monotones les chants de Bernhard surtout, interprétés par le basse-bariton , des chants religieux et protestants agréables mais qui pèchent tout de même par un certain manque de variété, malgré des mélodies assez élaborées par rapport aux autres chants sacrés de l’époque, des lignes de basse assez imaginatives et des ritournelles instrumentales parfois assez remarquables. Ainsi les pièces de Herwich, outre leurs qualités propres et individuelles qui sont indéniables, sont comme des interludes instrumentaux aux chants de Bernhard et se démarquent par leur fraîcheur, leur imagination et leur variété.

L’interprétation est exemplaire, que ce soit la voix tiède et veloutée de dans les chants de Bernhard ou le jeu irréprochable des musiciens du Hamburger Ratsmusik, dirigés par Simone Eckert. En somme, une belle découverte à faire pour tous les amoureux de musique baroque.

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