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Siegfried version Barenboim et Kupfer

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Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried, opéra en trois actes, deuxième journée du festival scénique L’Anneau du Nibelung. Mise en scène : Harry Kupfer. Décors : Hans Schavernoch. Costumes : Reinhardt Heinrich. Lumières : Manfred Voss. Avec : Siegfried Jerusalem, Siegfried ; Graham Clark, Mime ; John Tomlinson, Wotan ; Günter von Kannen, Alberich ; Philip Kang, Fafner ; Anne Evans, Brunnehilde ; Birgitta Svendén, Erda ; Hilde Leidland, Der Waldvogel. Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Daniel Barenboim. Réalisation TV : Horant H. Hohlfeld ; Supervision artistique : Wolfgang Wagner. Enregistré en juin et juillet 1992 au Festival de Bayreuth. Sous-titres en français, anglais, allemand, espagnol. 2 DVD Warner Classics, Référence : 2564 62320-2. Durée : 243, 36 mn.

 

La production vidéo de cette version du grand cycle wagnérien est déjà entrée dans l’histoire. C’est un monument vidéo à voir et revoir absolument pour la qualité exceptionnelle des images de Horant H. Hohlfeld.

Après Pierre Boulez et Patrice Chéreau, et ont escaladé à leur tour la « montagne verte » de Bayreuth pour mettre au point leur conception du Ring. C’est l’homme avec toutes ses contradictions et ses tendances destructrices qui est au centre de cette interprétation du cycle wagnérien. Sous le signe de l’apocalypse, en dehors de tout temps, ce Ring est au carrefour de l’histoire et de la légende, là où se croisent dieux, géants, gnomes et petits êtres humains. Les décors sont impressionnants de force, de perspective et de profondeur apocalyptique. Le premier acte de Siegfried s’ouvre sur un énorme conduit, vestige technologique d’une époque révolue, qui sert de refuge à Mime et à Siegfried, son pupille. Mime y exploite une forge depuis que la tyrannie de son frère Alberich sur Nibelheim a connu une fin brutale avec la perte de l’anneau. Wotan et Alberich épient ses faits et gestes. Les deuxième et troisième actes se déroulent sur un tronçon dévasté de la route de l’Histoire.

La mise en scène d’ réussit à traduire la poésie qui illumine ce Siegfried sublimé par une distribution d’une grande homogénéité. Dans le rôle-titre, est éblouissant d’émotion et de splendeur vocale.Le Mime de impressionne par sa profondeur vocale et théâtrale. Anne Evans est une bouleversante et vibrante Brünnhilde. Quant à John Tomlinson qui chante Wotan, il est remarquable. (Alberich) et Philip Kang (Fafner) sont parfaits.

Daniel Barenboïm trouve ici toute son aisance. Il mène les chanteurs et l’ aux sommets de l’œuvre, surmontant toutes les difficultés, traduisant les moindres nuances de la partition, en suivant toujours de très près la mise en scène de Harry Kupfer qui s’affirme plus que jamais fasciné par le monde de Wagner avec ses figures, ses passions et ses drames. Une mise en scène remarquablement filmée, presque entièrement de face pour restituer la véritable vision humaine, qui entraîne le public au-delà du réel, de la logique, de l’histoire. La réalisation filmée de Horant Hohlfeld au plus près du drame et des chanteurs est à la hauteur des enjeux du mythique Festival de Bayreuth. La production de Kupfer, recréée tout spécialement pour la vidéo haute définition, et qui n’hésite pas à utiliser le mythe et l’allégorie pour franchir les frontières du temps et de l’espace s’inscrit dans l’apocalypse.

Pour l’histoire : En 1875, le Festspielhaus de Bayreuth construit à la demande de Wagner et grâce à la générosité de Louis II de Bavière est achevé. L’anneau du Nibelungen, livret et musique de , y est présenté en août 1876. Les quatre opéras qui le composent sont totalement indissociables. Ils ont été écrits dans l’ordre inverse. En 1848, c’est d’abord une esquisse dramatique du mythe du Nibelung et en 1850 l’écriture de « La mort de Siegfried » qui deviendra Le Crépuscule des Dieux. Wagner décide de relier l’œuvre à un autre drame de la mythologie allemande  : « Le jeune Siegfried » et cela donne Siegfried. Insatisfait, il y ajoute La Walkyrie et L’Or du Rhin.

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Richard Wagner (1813-1883) : Siegfried, opéra en trois actes, deuxième journée du festival scénique L’Anneau du Nibelung. Mise en scène : Harry Kupfer. Décors : Hans Schavernoch. Costumes : Reinhardt Heinrich. Lumières : Manfred Voss. Avec : Siegfried Jerusalem, Siegfried ; Graham Clark, Mime ; John Tomlinson, Wotan ; Günter von Kannen, Alberich ; Philip Kang, Fafner ; Anne Evans, Brunnehilde ; Birgitta Svendén, Erda ; Hilde Leidland, Der Waldvogel. Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Daniel Barenboim. Réalisation TV : Horant H. Hohlfeld ; Supervision artistique : Wolfgang Wagner. Enregistré en juin et juillet 1992 au Festival de Bayreuth. Sous-titres en français, anglais, allemand, espagnol. 2 DVD Warner Classics, Référence : 2564 62320-2. Durée : 243, 36 mn.

 
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