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Prades. Abbaye de Saint Michel de Cuxa. 12-VIII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)  : Quatuor pour flûte en do Majeur K. 285b ; Quintette pour clarinette et cordes en la majeur K. 581 ; Marc André Dalbavie (né en 1961) : Quintette pour clarinette, création mondiale ; Robert Schumann (1810-1856)  : Quatuor pour piano et cordes en mib majeur op. 47. Ransom Wilson, flûte ; Elina Vähälä, Gérard Poulet, Olivier Charlier, violons ; Ralf Gothoni, piano ; Vladimir Mendelssohn, Bruno Pasquier, Hatto Beyerle, alto ; Philippe Muller, François Salque, violoncelle.

Festival Pablo Casals

Il est des moments de grâce – et l’abbaye de Saint Michel de Cuxa sait nous les prodiguer – lorsque les plus grands maîtres conjuguent leur talent pour servir la musique, et quelle musique ! Celle de Mozart d’abord pour cet avant dernier concert du Festival Pablo Casals où le style de jeunesse du compositeur salzbourgeois composant ses trois quatuors avec flûte était confronté à l’une de ses dernières œuvres, un des sommets de l’art mozartien, son quintette pour clarinette K. 581 : d’un côté la fantaisie, le jaillissement toujours inspiré de la ligne, « cette bulle qui ne crève jamais » comme le disait si justement le critique Antoine Goléa. On le doit bien évidemment à la finesse d’articulation des cordes où venait se fondre la sonorité de la flûte de Ransom Wilson sans jamais rompre la fluidité du discours. Avec le Quintette pour clarinette en la majeur K. 581 écrit par Mozart pour son ami et frère en maçonnerie Anton Stadler – joué ce soir par – c’est la somme d’une existence, la résonance spirituelle d’une pensée et la maturité d’une écriture qui s’expriment, tout en même temps portant l’auditoire au comble de l’émotion tant cette musique jouée con anima par les interprètes parut vivre en chacun d’eux avec une intensité toute particulière.

Pour Marc André Dalbavie qui avait choisi cette même formation – et les mêmes interprètes – pour honorer une commande faite par le festival et jouée ce soir en création mondiale, le défi était assurément difficile à relever. De toute évidence, la partition ne prétend pas se mesurer au chef d’œuvre mozartien. Très courte et d’un seul tenant, elle relève plutôt de l’esquisse, déclinant une gamme de couleur pastel autour d’une note pivot qui se révèlera, à l’issue de multiples circonvolutions instrumentales, être l’assise d’un bon accord parfait…

Le Quatuor pour piano et cordes en mib majeur op. 47 de Schumann terminait le concert avec la fougue et l’éclat que confère cette admirable fugue couronnant l’œuvre dans le Finale. Si l’ensemble parut plus hétérogène, on n’en apprécia pas moins les qualités sonores de chaque instrumentiste et l’énergie qu’ils prodiguèrent sans compter pour faire vivre les contrastes de ce tempérament romantique touchant au sublime dans le thème de l’Andante cantabile joué « à fleur d’archet » par le violoncelliste puis redit avec le même bonheur par et  : Chapeau bas Messieurs !!

Crédit photographique : © R. Roig

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Prades. Abbaye de Saint Michel de Cuxa. 12-VIII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)  : Quatuor pour flûte en do Majeur K. 285b ; Quintette pour clarinette et cordes en la majeur K. 581 ; Marc André Dalbavie (né en 1961) : Quintette pour clarinette, création mondiale ; Robert Schumann (1810-1856)  : Quatuor pour piano et cordes en mib majeur op. 47. Ransom Wilson, flûte ; Elina Vähälä, Gérard Poulet, Olivier Charlier, violons ; Ralf Gothoni, piano ; Vladimir Mendelssohn, Bruno Pasquier, Hatto Beyerle, alto ; Philippe Muller, François Salque, violoncelle.

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