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Conques. Abbaye Sainte-Foy. 17-VIII-2006. Gabriel Fauré (1845-1924) : les Djinns op. 12. Claude Debussy (1862-1918) : Trois chansons de Charles d’Orléans. Francis Poulenc (1899-1963) : Un soir de neige ; Sept Chansons. Philippe Hersant (né en 1948) : Der Wanderer ; Poèmes chinois. Chœur de chambre Les Éléments. Corinne Duroux, piano. Direction : Joël Suhubiette.

Festival de Conques

Venus en voisins depuis Toulouse, les Eléments n’ont pas déçu le public venu en masse dans ce village haut perché de l’Aveyron pour un concert dévolu au répertoire choral profane. Des choix de textes qui ont du dérouter plus d’un frère prémontré, présents en l’Abbaye Sainte-Foy, grand lieu de pèlerinage car située sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Les Djinns de Fauré commencent sagement le concert, et malgré le risque de « chauffe » que présente une pièce initiale, le trait principal de cet ensemble vocal s’impose à l’assistance : la précision de l’articulation et de la mise en place. On ne perd pas une miette du texte « en losange » de Victor Hugo, ni d’ailleurs des poèmes mis en musique de Charles d’Orléans, Apollinaire, Eluard, Trakl ou des divers auteurs chinois de la suite du concert.

Si les Trois chansons de Debussy semblent trop étriquées et manquent d’ampleur et de respiration, les deux cantates suivantes de Poulenc sont exemplairement servies. Le soin méticuleux accordé à chaque détail de la partition par et ses musiciens fait ressortir la polyphonie claire et aérée d’Un soir de neige et des Sept Chansons. Chaque contre-chant de ces œuvres est mis en avant avec une impression de relief, permettant une grande lisibilité de l’œuvre et une compréhension totale des paroles, telle que Poulenc l’avait conçu en découvrant les chansons polyphoniques françaises du XVIe siècle ressuscitées par Nadia Boulanger.

La seconde partie du concert était entièrement dévolue à , compositeur à qui les Eléments doivent une partie de leur renommée par un CD monographique consacrée à son œuvre chorale. Force est de constater que le post-post-expressionnisme navrant du Der Wanderer, resucée d’Alban Berg voulant faire du Schubert mais sans l’inspiration ni de l’un ni de l’autre, n’apporte rien à son auteur. En revanche la diversité des Poèmes chinois permet un renouvellement du discours musical, même si les constantes d’Hersant sont toujours clairement perceptibles (strates sonores, échos, …). Du contrepoint rigoureux de De loin en loin aux accords complexes de Méandres sans fin en passant par l’humour de Singes blancs ou la déploration des Larmes de la déesse du Siang, les Eléments ne défaillent pas un instant dans une partition complexe dont ils ont fait leur fer de lance.

Rendez-vous avec le chœur de chambre les Eléments début octobre en région Midi-Pyrénées et à Paris sur un programme consacré au compositeur franco-libanais Zad Moultaka.

Crédit photographique : © DR

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Conques. Abbaye Sainte-Foy. 17-VIII-2006. Gabriel Fauré (1845-1924) : les Djinns op. 12. Claude Debussy (1862-1918) : Trois chansons de Charles d’Orléans. Francis Poulenc (1899-1963) : Un soir de neige ; Sept Chansons. Philippe Hersant (né en 1948) : Der Wanderer ; Poèmes chinois. Chœur de chambre Les Éléments. Corinne Duroux, piano. Direction : Joël Suhubiette.

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