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Cantate « d’amore » avec Domenico Scarlatti et Cencic

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Domenico Scarlatti (1685-1757) : Cantates et Sonate pour clavier. Max Emanuel Cenčić, contre-ténor ; Aline Zylberajch, pianoforte ; Maya Amreinj, Violoncelle ; Yasunori Imamura, théorbe et guitare baroque. 1 CD Capriccio 67 173. Enregistré à Cologne, Deutschlandfunk Sendesaal, en septembre 2004 et juin 2006. Texte trilingue allemand, anglais français. TT CD 65’, DVD 62’

 

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Ce coffret CD/DVD est exemplaire à plus d’un titre. D’abord parce qu’il met en lumière une autre facette de l’œuvre de , sa contribution au buon canto à travers cinq Cantate qui, si elles s’alignent sur celles d’Alessandro, son père, témoigne d’une belle maturité dramaturgique et expressive captant d’emblée l’attention.

Ces Cantate d’amore relatent l’état d’une âme déchirée par les joies et les souffrances de l’amour ! Mais cette écriture ne prendrait pas un tel envol sans l’extraordinaire personnalité de – contre-ténor d’origine croate résidant aujourd’hui en Allemagne – qui enchante chaque plage de ce CD de sa voix ample et expressive aux aigus rayonnants, se jouant de l’arabesque baroque avec une facilité et un raffinement suprêmes.

Le DVD joint au CD brosse un portrait fascinant de cette personnalité atypique qui fut, jusqu’à l’adolescence, un « enfant star » prodiguant sa voix de sopraniste dès l’âge de six ans sur les plus grandes scènes du monde, accompagné par son père au piano, au sein des Enfants de Chœur de Vienne ou dans le costume de Chérubin à une époque où les garçons ont généralement perdu leur voix d’ange. Cet étrange phénomène dont on n’a guère l’exemple dans le domaine vocal débouche sur une grave crise d’identité pendant laquelle Max Emanuel renonce pour un temps à ce don du ciel pour prendre du recul et finalement renouer avec le chant mais dans la tessiture plus répandue aujourd’hui de contre-ténor : un come-back retentissant qui nous révèle une voix dans sa pleine maturité et une qualité d’articulation laissant transparaître les moindres nuances expressives du texte notamment dans les récitatifs finement ciselés de .

Saluons également l’interprétation subtile au piano forte d’ dans les trois Sonates pour clavier de Domenico Scarlatti –Essercizi per gravicembalo – qui viennent rythmer le cycle des Cantate et offrir une sorte de commentaire instrumental dans le style sensible et galant de l’époque avec toutes les surprises et détours de ces délicieuses miniatures. Un ensemble d’une remarquable qualité : avis aux passionnés !

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Domenico Scarlatti (1685-1757) : Cantates et Sonate pour clavier. Max Emanuel Cenčić, contre-ténor ; Aline Zylberajch, pianoforte ; Maya Amreinj, Violoncelle ; Yasunori Imamura, théorbe et guitare baroque. 1 CD Capriccio 67 173. Enregistré à Cologne, Deutschlandfunk Sendesaal, en septembre 2004 et juin 2006. Texte trilingue allemand, anglais français. TT CD 65’, DVD 62’

 
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