Concerts, La Scène, Musique symphonique

Mozart, musicien chrétien et franc-maçon

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Liège. Salle Philharmonique. 10-IX-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°39 en mi bémol majeur KV 543 ; Meistermusik KV 477 ; Requiem KV 626. Letizia Scherrer, soprano ; Marianne Beate Kielland, mezzo ; Topi Lehtipuu, ténor ; Yorck Felix Speer, basse ; Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-Élysées, direction : Philippe Herreweghe.

Festival de Wallonie : Les nuits de septembre

Pour ouvrir la saison de la salle philharmonique de Liège, c’est le Festival « Les nuits de septembre » qui prend possession des lieux du 09 au 16 septembre, proposant ainsi un passionnant voyage musical partant des trésors de la Renaissance jusqu’aux merveilles de Mozart.

Le programme de ce vendredi nous rappelle fortement le très réussi festival donné par l’OPL la saison dernière » Il est né le divin Mozart »(chroniqué à 3 reprises : 123), en présentant une nouvelle fois des œuvres de Mozart liées à la Franc-maçonnerie ou à la Chrétienté. Cette répétition de programme n’aura en aucun cas été stérile, car si l’OPL est un orchestre moderne, l’ joue, lui, sur instruments anciens, et l’on pouvait attendre de la part de son directeur musical une interprétation de Mozart très différente de celle de Louis Langrée.

La Symphonie n°39 s’intègre dans ce programme par sa tonalité en mi bémol majeur (trois bémols à la clé…), tonalité associée aux œuvres qui lient le compositeur à la Franc-maçonnerie. Mentionnons encore qu’elle est la première symphonie d’un cycle de trois, renforçant encore cette symbolique. La lecture qu’en fait est analytique et déterminée, avec un résultat très positif. L’orchestre produit une sonorité dense et homogène, permettant à chaque pupitre quelle que soit l’importance de son discours d’être intelligible. On retiendra la précision dans les articulations des cordes, portant cette interprétation à un très haut niveau de raffinement. Cette clarté nous plonge dans une atmosphère quasi chambriste, encore accentuée par une discrétion bienvenue des timbales dans le premier mouvement, atténuant le caractère martial de certaines pages. Si l’Andante con moto aurait pu être d’avantage passionné, il reste le seul mouvement à avoir quelque peu souffert de la rigueur d’Herreweghe. Les bois se montrent généreux tout au long de la partition et offrent un soutient fidèle aux cordes dans le Menuet tout en se révélant également de très honorables solistes. Seuls les cuivres gâchent par moment notre enthousiasme à travers leurs attaques moins soignées.

Le programme initial proposant la musique funèbre maçonnique ayant dû être modifié, c’est la Meistermusik que l’on aura pu apprécier. Cette courte pièce permet aux hommes du d’entrer en scène avant d’être rejoints par leurs homologues féminins pour le Requiem. Celui-ci aurait pu prétendre au même succès que la symphonie si Herreweghe n’avait pas couvert son chœur (aux qualités certaines) sur l’entièreté de l’œuvre par un orchestre bien trop présent. Il est étrange qu’un orchestre qui a su faire preuve d’une telle qualité d’écoute mutuelle en première partie de concert puisse à ce point s’égarer par la suite… Outre le chœur, les solistes peinent également à s’imposer. Seule la soprano Letizia Scherrer parvient à projeter avec aisance et clarté son timbre charnu au-delà de l’orchestre. Le reste du plateau vocal est satisfaisant : La mezzo Marianne Beate Kielland est une musicienne attentive à ses collègues et sa projection moins aisée est vite oubliée au profit de ses qualités d’interprète. La basse Yorck Felix Speer honore son contrat tandis que se montre peu charismatique, le ténor manquant d’engagement.

Ce requiem aura compté de très beaux moments tels un Confutatis profondément violent et contrasté ou encore le Lacrimosa où le déploie toute sa grâce. Le public liégeois venu nombreux ce vendredi a su applaudir chaleureusement les maîtres d’œuvres de cette agréable soirée de festival.

Crédit photographique : © DR

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Liège. Salle Philharmonique. 10-IX-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°39 en mi bémol majeur KV 543 ; Meistermusik KV 477 ; Requiem KV 626. Letizia Scherrer, soprano ; Marianne Beate Kielland, mezzo ; Topi Lehtipuu, ténor ; Yorck Felix Speer, basse ; Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-Élysées, direction : Philippe Herreweghe.

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