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Haydn, Fauré, une blague… de mauvais goût !

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Paris. Théâtre du Châtelet. 15-X-2006. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 44 en mi mineur « Funèbre ». Gabriel Fauré (1845-1924) : Messe de Requiem op. 48 (version symphonique). Henriette Bonde-Hansen, soprano ; Ludovic Tézier, baryton. Chœur de Radio France (chef de chœur : Alfonso Caiani). Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Myung-Whun Chung.

« Nous prenons un risque, celui de vous émerveiller ». Tel est le slogan actuel de Radio France. Et bien ce dimanche 15 octobre au Châtelet, l’émerveillement se fit attendre et tel Godot, ce fut l’incompréhension voire la consternation qui furent au rendez-vous. Comment un chef salué maintes et maintes fois pour son œuvre, notamment par le prix Toscanini, a-t-il pu nous donner une interprétation aussi plate ? De la technique, de l’électrique, du mécanique, tout y était. Au regard du solfège tout y était ou peu s’en faut, mais la musique, elle, était absente. Des notes qui se succèdent ne font pas une œuvre. Il faut qu’une interprétation leur donne une âme et les fassent vivre.

Là, rien ! Désespérément, rien ! Haydn version se résume à une mauvaise exécution d’étude mozartienne. On enchaine à un tempo très enlevé des notes franchement marquées et saccadées. Non seulement pas une mesure ne correspondait à l’esprit habituel de Haydn, mais pas même à une interprétation du répertoire classique. L’ensemble évoluait entre un romantisme timide et un certain fard baroque.

La Symphonie « Funèbre », la mal nommée, se situe pourtant pleinement dans le registre classique, même si cette période de Haydn est atypique et peu connue. Bien sûr que l’on trouve chez le père de la symphonie des appels romantiques, mais de là à teinter la symphonie funèbre de romantisme il y a un pas ! Non vraiment, Haydn n’était pas parmi nous ce dimanche. Pas plus que Fauré du reste ! Alors là ce fut le sommet de la platitude. Tout s’écrasait sous les doigts agités de . Pas d’âme, aucun relief, une lassitude qui ne nous engageait pas non plus à attendre l’émerveillement, mais impatiemment la fin ! Là encore où est Fauré ? Son Requiem qu’il a voulu emblématique, si distinct du répertoire traditionnel, afin d’ouvrir une autre perspective sur la mort, une perspective plus sereine et confiante n’était que langueur ! et n’étaient guère à la fête ! Comment auraient-ils pu donner le meilleur d’eux-mêmes en étant si peu portés ? Leurs soli n’étaient amenés d’aucune façon, comme une parenthèse avant la reprise des tutti ! Ils se sont évertués malgré tout à interpréter Fauré, au milieu d’on ne sait quoi censé être LE Requiem.

Au final, ce fut une matinée sans agrément ni intérêt, de laquelle nous pouvions sortir en se disant « on se moque de nous ! » Le décalage entre les capacités de l’orchestre qui sait jouer Haydn, comme il l’a montré la saison dernière sous la baguette de Ton Koopman et la prestation technique qu’il nous a servi, est tel qu’on se dit c’est une blague !

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Paris. Théâtre du Châtelet. 15-X-2006. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 44 en mi mineur « Funèbre ». Gabriel Fauré (1845-1924) : Messe de Requiem op. 48 (version symphonique). Henriette Bonde-Hansen, soprano ; Ludovic Tézier, baryton. Chœur de Radio France (chef de chœur : Alfonso Caiani). Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Myung-Whun Chung.

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