Plus de détails

Dijon. Auditorium, 19 et 20-X-2006. Bob Telson Bagdad Café, comédie musicale sur un livret de Percy et Eleonore Adlon. Mise en scène : Percy Adlon. Décors et costumes : Bernt Amadeus Capra. Chorégraphie : Blanca Li. Avec : Sissy Staudinger, Jasmin Münchgstettner ; Jevetta Steele, Brenda, John Margolis, Rudi Cox, Mœisha MacGill, Phyllis. Direction musicale : Bob Telson

Le Bagdad Café

Un public nombreux a acclamé la comédie Bagdad Café : « standing ovation » méritée par les deux héroïnes Jasmin et Brenda. L’une et l’autre font preuve d’un entrain communicatif : Jevetta Steele nous dépayse d’entrée en entonnant le célèbre standard Calling you avec une superbe voix de chanteuse de blues ; Sissy Staudinger est moins mise en valeur au début de la pièce, mais elle s’affirme elle aussi dans le final. Ces deux femmes, hors des canons de beauté des magazines people, sanglées dans des smokings en satin rose, chantent alors un duo plein de bonheur et dansent sans états d’âme : quel professionnalisme ! John Margolis en Rudi Cox est un peu plus terne en vieux cow-boy hollywoodien désabusé et rêveur. Mœisha MacGill est assez convaincante dans le rôle de la fille de Brenda, peut-être plus par ses talents de danseuse et son jeu de scène que par sa voix.

Au total une bonne soirée bien distrayante, au cours de laquelle Bob Telson aux claviers a eu à cœur de passer la revue des musiques populaires américaines : du blues au hip hop en passant par le boogie-woogie, tout y est. Il faut aussi décerner une mention spéciale à ce compositeur pour l’harmonisation des chœurs, faite avec beaucoup de subtilité.

En venant assister à ce spectacle nous avions tous dans la tête les images du film réalisé par Percy et Eleonore Adlon en 1987. Après tant d’années, que reste-t-il dans nos mémoires d’un film si délicat dans la transmission de son message ? Un récit ? Non, car le scénario tient en deux phrases. Une atmosphère ? Oui bien sûr, pleine de finesse et de sensibilité, et remarquablement servie par la prestation de cette grande actrice qu’est Marianne Sägebrecht. Notre souvenir est fait à la fois des images irréelles sur la toile, de la musique bien sûr, et de l’évocation du cadre de vie de Brenda, de ce motel perdu dans le désert californien, lieu à la fois clos et isolé contribuant au rêve qu’apporte le cinéma.

Ici, rien de tel : la comédie musicale ne peut que grossir le trait. La nostalgie, le non-dit, tout cela ne peut guère exister : les personnages sont bien réels, leur psychologie est sommaire, et on n’obtient qu’un spectacle distrayant dans la lignée des comédies de Broadway. Pourtant le décorateur et costumier Bernt Amadeus Capra nous invite à relier ces deux visions d’un même scénario : le décor utilise en rideau de scène des décors anciens d’un studio d’Hollywood représentant un paysage de western. Mais cela ne reste qu’un clin d’œil au spectateur averti. Ce soir nous avons apprécié le savoir-faire d’une équipe, mais nous n’avons pas gardé en nous l’émotion qui suit la vision d’un film exceptionnel.

Plus de détails

Dijon. Auditorium, 19 et 20-X-2006. Bob Telson Bagdad Café, comédie musicale sur un livret de Percy et Eleonore Adlon. Mise en scène : Percy Adlon. Décors et costumes : Bernt Amadeus Capra. Chorégraphie : Blanca Li. Avec : Sissy Staudinger, Jasmin Münchgstettner ; Jevetta Steele, Brenda, John Margolis, Rudi Cox, Mœisha MacGill, Phyllis. Direction musicale : Bob Telson

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.