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Fra Diavolo, le retour du bandit bien aimé

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Compiègne. Théâtre Impérial. 19-XI-2006. Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) : Fra Diavolo, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe. Direction artistique et mise en scène : Pierre Jourdan. Scénographie et costumes : Jean-Pierre Capeyron. Lumières : Thierry Alexandre. Avec : Philippe Do, Fra Diavolo ; Isabelle Philippe, Zerline ; Anne-Sophie Schmidt, Lady Pamela ; Franck Cassard, Milord ; Mathias Vidal, Lorenzo ; Paul Médioni, Matteo ; Lionel Muzin, Beppo ; Sébastien Lemoine, Giacomo. Chœurs de l’Opéra de Metz (chef de chœur : Jean-Pierre Aniorte), Orchestre Français Albéric Magnard, direction : Michel Swierczewski.

Le Théâtre Impérial de Compiègne est le seul lieu où l’on puisse entendre, toujours avec autant de joie, la musique de , mais, or les Manon, Diamants de la couronne ou autres Haydée, les amateurs d’opéra-comique rêvaient depuis longtemps de voir un jour l’œuvre qu’ils connaissent tous plus ou moins, ne serait-ce que par l’enregistrement de Nicolai Gedda : Fra Diavolo. Voila qui est chose faite grâce à cette nouvelle production très réussie, qui a réussi à attirer un public nombreux, puisque le Théâtre affichait complet pour les deux représentations du 12 et du 19 novembre.

Les spectateurs, ravis, ont ainsi pu apprécier la musique pétillante, légère, brillante d’Auber, sortir de la représentation en fredonnant quelque refrain entraînant (diavolo, diavolo, diavolo !) et ont fortement manifesté leur plaisir à toute l’équipe au moment des saluts, à l’émotion visible du directeur général Pierre Jourdan.

Celui-ci, auteur de la mise en scène, a choisi d’illustrer le propos au premier degré, le meilleur choix possible pour une œuvre si peu donnée. Les décors, représentant une auberge vue de l’extérieur ou de l’intérieur, sont de jolies vignettes pimpantes et colorées. Les soldats en uniforme chamarré défilent au pas, la servante est accorte, les costumes sont tour à tour élégants et amusants, bref, tout ceci est aussi léger et charmant que la musique. Une imagerie volontairement naïve, style chromo, qui rappelle une autre belle réussite du Théâtre Impérial de Compiègne, Dinorah.

La distribution est dominée de très loin par la brillante Zerline d’Isabelle Philippe. Le rôle lui va comme un gant, et lui permet des démonstrations éblouissantes de vocalises et de suraigus. A la qualité du silence qui régnait dans la salle pendant son grand air du deuxième acte, on sentait l’auditoire retenant son souffle, en état d’apesanteur…pour ensuite éclater en ovation !

dans le rôle-titre a conquis le public par son timbre superbe, la qualité de sa diction, le naturel et la verve de son jeu d’acteur, mais est-ce suffisant ? Les vocalises sont savonnées, voire franchement esquivées, et surtout les aigus sont très mal amenés. Depuis qu’on l’a découvert en 2004 dans Noé, le ténor a dépassé le stade de jeune promesse, et se doit de résoudre ce problème technique au plus vite. Quand on lit de plus dans sa biographie qu’il interprétera Carmen et la Flûte Enchantée à Toulouse, on ne peut que s’inquiéter face à un tel grand écart !

Anne-Sophie Schmidt et campent un couple d’anglais on ne peut plus hilarant, et donnent l’impression de s’amuser autant que les spectateurs, la réussite de la mise en scène repose en bonne partie sur leurs épaules, un tel abatage étant malheureusement au prix du sacrifice d’une bonne partie de la qualité vocale.

Les bandits Beppo et Giacomo de Lionel Muzin et Sébastien Lemoine forment l’autre « couple » comique et sont tout aussi amusants et bons acteurs que les précédents. Ils sont très impressionnants vocalement, sonores dans les ensembles… au point que l’on se demande s’il n’aurait pas été plus judicieux de les distribuer dans des premiers rôles !

Matthias Vidal, fidèle du Théâtre Impérial de Compiègne, est toujours aussi charmant, voix souple et joli timbre, dans le rôle du gentil fiancé Lorenzo.

On se refuse à dire le moindre mot de la prestation de l’Orchestre Français Albéric Magnard, sous la direction de Michel Swierczewski, en espérant qu’ils auront le temps de s’améliorer avant la reprise de la co-production à Metz. Cette contre-performance est assez surprenante, car leur prestation lors des Caprices de Marianne le mois dernier avait été tout à fait satisfaisante. Les chœurs quant à eux viennent de Metz, et sont professionnels jusqu’au bout des ongles.

Nous avons été assez surprise, surtout dans la première partie, par une bizarre réverbération qui pourrait laisser à penser que certains protagonistes pouvaient être sonorisés.

Crédit photographique : © J. M. Berthélémy

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Compiègne. Théâtre Impérial. 19-XI-2006. Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) : Fra Diavolo, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe. Direction artistique et mise en scène : Pierre Jourdan. Scénographie et costumes : Jean-Pierre Capeyron. Lumières : Thierry Alexandre. Avec : Philippe Do, Fra Diavolo ; Isabelle Philippe, Zerline ; Anne-Sophie Schmidt, Lady Pamela ; Franck Cassard, Milord ; Mathias Vidal, Lorenzo ; Paul Médioni, Matteo ; Lionel Muzin, Beppo ; Sébastien Lemoine, Giacomo. Chœurs de l’Opéra de Metz (chef de chœur : Jean-Pierre Aniorte), Orchestre Français Albéric Magnard, direction : Michel Swierczewski.

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