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Turin. Teatro Regio. 11-XI-06. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le Nozze di Figaro, opéra en 4 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Valter Malosti ; décors : Paolo Baroni ; costumes : Laura Viglione ; lumières : Luca Ferioli ; chorégraphie : Philipp Egli. Avec : Andrea Porta, Figaro ; Donata D’Annunzio Lombardi, Susanna ; Massimiliano Vaipiano, il Conte Almaviva  ; Maria Costanza Nocentini, la Contessa Almaviva ; Paola Gardina, Cherubino ; Ugo Guagliardo, Bartolo ; Francesca Pedaci, Marcellina ; Stefano Consoloni, Don Basilio ; Cristiana Arcari, Barbarina ; Elia Fabbian, Antonio ; Antonio Feltracco, Don Curzio. Chœur et Orchestre du Teatro Regio (chef de chœur : Claudio Marino Moretti), direction musicale : Giuseppe Grazioli.

Le Nozze di Figaro

Dans son excellent ouvrage La Malscène, se plaignait du manque d’imagination des metteurs en scène qui utilisaient les « trouvailles » de leurs collègues pour les réchauffer à toutes les sauces quels que soient les opéras. Ainsi voici quatre ans, les échelles encombraient les scènes. L’année suivante, c’était le tour des roulottes. Après les roulottes, l’ère des néons et maintenant que les néons de l’an dernier sont passés de mode, on vide les scènes de tous les meubles et accessoires et on laisse les chanteurs se dém***** dans des espaces pratiquement nus ! Procédé pourtant défendable, pour autant que les chanteurs puissent compter sur des metteurs en scène et des directeurs d’acteurs hors norme.

À Turin, le metteur en scène Valter Malosti semble vouloir tenter l’expérience. Sans grand succès. Sans direction d’acteurs, son discours devient rapidement confus. De chaque côté d’un large plateau circulaire incliné, quelques tentures tombent des cintres cachant (mal) l’entrée et la sortie des protagonistes. Au centre, un fauteuil de barbier trône comme une probable relique de l’ancien métier de Figaro, unique meuble accompagnant l’action des trois premiers actes. Chacun y tourne autour, s’y affale, s’en rapproche ou s’en éloigne sans autre raison que d’avoir ce point d’attache pour la déclamation de son air. Trop éloignés de la déjà large fosse d’orchestre du Regio de Turin, les chanteurs sont difficiles à distinguer sous les éclairages peu contrastés de . Qui est qui ? Comme chacun raconte son histoire sans paraître faire partie de l’action des autres personnages, on reste sur l’impression d’assister à plusieurs petits spectacles n’ayant aucuns liens entre eux. Sans direction d’acteurs, les personnages ne sont qu’ébauchés et l’intrigue mal ficelée. Une production pas assez digne de la réputation de la scène turinoise.

Du côté des chanteurs, le plateau est loin d’être enthousiasmant même si, au fil des scènes, quelques figures de talent émergent d’une cette grisaille vocale. C’est le cas de la soprano Lombardi (Susanna) qui, grâce à son charisme et à un métier éprouvé, tient les rênes de tout le spectacle. Quoique manquant parfois de la douceur vocale qu’on attend de son rôle, elle mène le bal avec espièglerie et entrain. La soprano (la Contessa Almaviva) se la joue un peu diva en prenant des poses calassiennes qui ne réussissent pas à la projeter dans l’esprit d’une comtesse de classe. Son Dove sono reste un moment privilégié de sa prestation. (Cherubino) joue son personnage avec les attitudes masculines du rôle. Que n’a-t-elle le courage d’oublier sa jolie voix et son vibrato pour que vocalement, elle soit le jeune garçon voulu par Da Ponte. Les autres rôles féminins restent sans grand intérêt. Du côté des messieurs, seule la voix imposante d’ (Bartolo) passe sans encombre au-dessus de l’orchestre. Pour les autres interprètes masculins, c’est un peu le désert. Certes, la diction et le phrasé d’ (Figaro) sont de qualité, mais dans l’immensité du Teatro Regio, il faut trop tendre l’oreille pour en apprécier le timbre alors que Massimiliano Vaipiano (Conte Almaviva) est sans charme.

La tâche des chanteurs, rendue difficile par l’inexistence de mise en scène, est heureusement allégée par la direction sensible de d’un Orchestre du Teatro Regio agréablement mozartien. Le public l’a bien compris, ovationnant la musique de Mozart plus généreusement que la prestation des chanteurs, et accompagnant de quelques «bouh» réprobateurs le salut final du metteur en scène.

Crédits photographiques : © Albino Neri

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Turin. Teatro Regio. 11-XI-06. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le Nozze di Figaro, opéra en 4 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Valter Malosti ; décors : Paolo Baroni ; costumes : Laura Viglione ; lumières : Luca Ferioli ; chorégraphie : Philipp Egli. Avec : Andrea Porta, Figaro ; Donata D’Annunzio Lombardi, Susanna ; Massimiliano Vaipiano, il Conte Almaviva  ; Maria Costanza Nocentini, la Contessa Almaviva ; Paola Gardina, Cherubino ; Ugo Guagliardo, Bartolo ; Francesca Pedaci, Marcellina ; Stefano Consoloni, Don Basilio ; Cristiana Arcari, Barbarina ; Elia Fabbian, Antonio ; Antonio Feltracco, Don Curzio. Chœur et Orchestre du Teatro Regio (chef de chœur : Claudio Marino Moretti), direction musicale : Giuseppe Grazioli.

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