Le bal démasqué

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts. 3-XII-2006. Airs et ensembles extraits d’opéras de Ruggero Leoncavallo (1857-1919), Gioacchino Rossini (1792-1868), Georges Bizet (1838-1875), Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893), Jacques Offenbach (1819-1880), Giuseppe Verdi (1813-1901), Pietro Mascagni (1863-1945), Richard Wagner (1813-1887), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Charles Gounod (1818-1893), Giacomo Puccini (1858-1924), Vincenzo Bellini (1801-1835), Gaetano Donizetti (1797-1848) & Alfredo Catalani (1854-1893). Avec : Keri Alkema ; Elizabeth Bishop ; Philippe Castagner ; Steven Condy ; Gianna Corbisiero ; Charlotte Corwin ; Stephen Costello ; Philip Cutlip ; John Fanning ; Manon Feubel ; Antonio Figueroa ; Jason Hardy ; Marc Hervieux ; Marie-Josée Lord ; Amanda Pabyan ; Mark Risinger ; Alexandre Sylvestre ; Derek Taylor ; Guang Yang. Chœur de l’Opéra de Montréal (chef de chœur : Jean-Marie Zitouni), Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, direction : James Meena.

Le Gala, XIe édition.

On pouvait s’attendre à une salle bondée, à une atmosphère festive à l’approche de Noël, effectivement, la bonne humeur était au rendez-vous, concordant aux premiers cristaux de neige tombée. Le Gala de l’Opéra de Montréal devient, à l’instar du Messie de Haendel ou du Casse-Noisette de Tchaïkovski, le rituel de l’Avent fort prisé pour tous les aficionados. Près de vingt chanteurs ont interprété les airs les plus connus du répertoire. Il est de tradition de souligner la carrière d’un artiste canadien qui a marqué l’art lyrique : cette année, l’honneur revenait à la mezzo-soprano Fernande Chiochio. Fidèle à elle-même, son discours fut sobre, charmant et concis. Auparavant dans son allocution, le président du Conseil d’administration, monsieur Alexandre Taillefer, a rassuré les uns et les autres sur la bonne gestion de la Maison. Même si la situation financière demeure préoccupante, les objectifs de redressement semblent atteints. Magister dixit.

Que retient-on de cette onzième édition ? Des trente-deux airs, duos, sextuors, ensembles, chœur, entendus pendant près de trois heures trente, la performance de la plupart des récipiendaires fut honnête. Que manquait-il alors à cette matinée lyrique ? Sans doute ce brin de folie qui sied si bien à un événement tant attendu que l’on voudrait renouveler à chaque année, et la magie d’un après-midi pas comme les autres. Mais cela ne s’invente pas, ne s’improvise pas non plus. Si aucun des participants ne fut la révélation, retenons tout de même les valeurs sûres, à commencer par les voix de , femme sémillante au physique agréable – on se souvient d’elle en une Musetta idéale – ici se frottant à Verdi dans «Mercé, dilette amiche» des Vêpres siciliennes. , voix verdienne par excellence, on pense notamment à son premier air, femme intense dans Leonora, «La Vergine degli angeli» de La Forza del destino. De la Wally de Catalani, «Ebben ne andro lontana», la soprano québécoise force l’admiration. Le ténor a semblé bien fatigué à l’approche des Fêtes, sans doute trop souvent sollicité par les théâtres, mais on comprend l’épuisement d’un Cavaradossi dans «E lucevan le stelle» de Tosca de Puccini. La mezzo-soprano chinoise Guang Yuang dans Eboli, «O Don fatale» de Don Carlo fit grande impression sur le public. Elizabeth Bishop, une autre mezzo, sut trouver dans l’air de Santuzza, «Voi lo sapete» de Cavalleria Rusticana de Mascagni, une résonance exemplaire à son talent de comédienne. La moitié des chanteurs présents étaient américains. Le baryton John Fanning, fut un Iago exemplaire dans «Credo in un dio crudel» de l’Otello de Verdi. Parmi les membres de l’Atelier lyrique, retenons et la surprise causée dans «O du mein holder Abendstern» de Tannhäuser de Wagner. Si la voix manque quelque peu de maturité, le jeune baryton-basse démontre une appétence pour le répertoire wagnérien. , d’une nervosité palpable, ouvrit le Gala avec l’air «Stridono lassù» du Pagliacci de Leoncavallo. Le ténor a su émouvoir dans «Je crois entendre encore» des Pêcheurs de perles de Bizet.

Soulignons la prestance et le dynamisme du chœur de l’Opéra de Montréal, souvent sollicité et toujours excellent. Du «Ohé ! Presto» de Pagliacci, au «A tuoi piedi ci prostriam» de Turandot ou encore au «Spuntato ecco il di» de Don Carlo, sans compter sa participation à de nombreux airs et ensembles, le chœur de OdM était d’une justesse exemplaire. Au pupitre, la direction d’orchestre de donne des ailes à l’ du Grand Montréal.

Crédit photographique : © Yves Renaud

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.