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Le retour de Salonen !

À emporter, CD, Musique symphonique

Modeste Moussorgski (1839-1881) : Une nuit sur le Mont Chauve (version originale) ; Béla Bartók (1881-1945) : Le Mandarin merveilleux, suite de concert ; Igor Stravinsky : Le Sacre du Printemps (version de 1947). Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : Esa-Pekka Salonen. 1 SACD Deutsche Grammophon 00289 477 6198. Enregistré en concert au Walt Disney Hall de Los Angeles en janvier 2006. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 64’11’’

 

Ce disque est un évènement car il marque le retour d’ dans la course discographique. Ayant beaucoup et fort bien enregistré son répertoire de base centré sur le XXe siècle à ses débuts pour le label Sony, le chef finlandais est depuis quelques années sous contrat avec Deutsche Grammophon. Jusqu’à présent cette association ne nous avait légué qu’une bonne version de l’opéra l’Amour de Loin de sa compatriote Kaija Saariaho et un disque de ses propres œuvres. Cette nouvelle parution est d’autant plus importante qu’il s’agit du premier enregistrement réalisé dans le Walt Disney Concert Hall, la toute nouvelle salle construite par Frank Gerhy pour le Los Angeles Philharmonic.

Souvent assez brutal dans certaines de ses interprétations, surtout quand il s’agit de musique française, Salonen est ici dans son jardin tant ces œuvres de puncheur conviennent bien à son tempérament. Au sommet de ce disque, il faut placer le Sacre du Printemps, malheureusement joué ici dans la révision de 1947 qui limite les parties de bois. Salonen est déjà l’auteur pour le label Sony d’une excellente version de ce Sacre du Printemps. Assez linéaire mais fonceuse, cette interprétation se voit amplement supplantée par le présent concert. Sans oublier la sauvagerie inhérente à la partition et le sens de la progression, Salonen s’appuie sur une connaissance totale de cette musique pour faire ressortir ça et là de multiples petits détails et phrasés essentiellement dans les lignes de vents et les percussions. La prestation de l’orchestre qui joue cette musique avec son chef depuis des années est idéale, et il faut saluer tout particulièrement un pupitre de percussions en très grande forme. On tient donc le meilleur enregistrement récent du Sacre et l’une des versions de références aux côtés d’Ancerl (Supraphon), Markevitch (Testament) et Boulez (Sony).

Les compléments sont de la même veine avec une suite du Mandarin merveilleux qui arrache tout sur son passage par ses dynamiques et la sensualité de ses phrasés. Proposée en ouverture du programme et dans sa très rare version originale, la Nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski est très sèche, presque décharnée, mais d’une violence toute logique.

Ce couplage unique mais cohérent et pertinent, servi par une prise de son de démonstration, saura fasciner tous les amateurs de musique symphonique.

 

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