Festivals, La Scène, Musique symphonique

Présences 2007, much ado about nothing

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Paris, Maison de la Radio – salle Olivier-Messiaen. 09-II-2007. Gerald Barry (né en 1952) : La Plus forte (création mondiale – commande de Radio-France). Thomas Adès (né en 1971) : Concerto pour violon « Concentric paths » (création en France) ; Asyla op. 17. Barbara Hannigan, soprano. Anthony Marwood, violon. City of Birmingham Symphony Orchestra, direction : Thomas Adès.

Après l’engouement provoqué par Penderecki l’année passée, l’invité d’honneur de Présences 2007, , n’a pas incité de déplacement en masse des foules pour ce premier concert du Festival de Musique Contemporaine de Radio-France. Le nom même du , mythique orchestre de Simon Rattle dirigé maintenant par , rarement programmé en France, n’a pas suffit.

Il est vrai que La Plus forte, opéra-monologue pour soprano et orchestre de sur un texte quasi-autobiographique d’August Strindberg, n’a rien d’attirant. Musique plate et insipide, dont les cinq dernières minutes – bon sang mais c’est bien sûr – sont une psalmodie recto-tono sur la note ré, soprano et orchestre confondus. De cet « art du remplissage » nous ne retenons que l’excellente prestation de , à la prononciation soignée du français, qui jongle avec aisance sur les difficultés de rythme et d’intonation de l’œuvre.

Que l’on aime ou non l’esthétique de , une chose est sûre, ce créateur possède un monde qui lui est propre. Son Concerto pour violon « Concentric paths », une fois passé un premier mouvement inventif basé sur une construction/destruction d’arpèges violonistiques, tourne en rond sans réelle originalité. L’ardeur d’, sanglé dans son complet blanc – la faute de goût so british élevée en code vestimentaire – ne suffit pas à sauver cette œuvre à l’inspiration … « concentrique ».

Asyla, pièce maîtresse composée par Adès à l’age de 26 ans, est la preuve d’une maturité rapidement acquise. Maître de la texture orchestrale, le compositeur joue sur les résonances d’une percussion-clavier MIDI répercutées par les autres claviers et percussions (acoustiques) de l’orchestre. Adès joue des timbres en utilisant à foison toutes les sourdines existantes de cuivres, les différents bois (clarinette contrebasse, flûte en sol, heckelphone, …) ainsi que les modes de jeu des cordes frottées. Il spatialise le son sans que les instrumentistes changent de place, en alternant les solos de rangs de violons, créant une sorte de klangfarbenmelodie qui parcourt l’orchestre. Thomas Adès maîtrise non seulement l’orchestre dans son écriture, mais aussi dans sa gestique, nous donnant là une prestation remarquable. Asyla, œuvre un brin tapageuse, a beaucoup fait pour la renommée de son compositeur. A l’écoute du concert de ce soir, ce fut certainement le seul réel moment de musique de la soirée.

Crédit photographique : © Marco Borggreve

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Paris, Maison de la Radio – salle Olivier-Messiaen. 09-II-2007. Gerald Barry (né en 1952) : La Plus forte (création mondiale – commande de Radio-France). Thomas Adès (né en 1971) : Concerto pour violon « Concentric paths » (création en France) ; Asyla op. 17. Barbara Hannigan, soprano. Anthony Marwood, violon. City of Birmingham Symphony Orchestra, direction : Thomas Adès.

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