Banniere-ClefsResmu-ok

Ensemble InterContemporain, 30 ans et déjà mythique…

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Cité de la musique, salle des concerts. 17-III-2007. Olivier Messiaen (1908-1992) : Couleurs de la Cité céleste. Philippe Manoury (né en 1952) : Passacaille pour Tokyo. György Ligeti (1923-2006) : Concerto de chambre. Pierre Boulez (né en 1925) : Dérive 1, Mémoriale. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Lied der Waldtaube (version de 1922 pour orchestre de chambre), extrait des Gurrelieder. Petra Lang, mezzo-soprano ; Sophie Cherrier, flûte ; Hidéki Nagano, Dimitri Vassilakis, piano. Ensemble InterContemporain, direction : Pierre Boulez, Susanna Mälkki, Péter Eötvös

XXXe anniversaire de l’ Vol II

À l’occasion de son trentième anniversaire, l’ a proposé un programme d’exception en nous invitant à partager les grandes œuvres de son répertoire sous la direction de trois chefs liés à son histoire : le fondateur, , , qui le dirigea de 1978 à 1991, et Suzanna Mälkki, l’actuelle directrice musicale depuis l’année dernière.

L’osmose de l’orchestre dans les sections en choral des Couleurs de la Cité céleste d’ dirigées par n’empêchait en aucun cas la richesse des timbres de se déployer. De même dans la Passacaille pour Tokyo de , pièce composée pour son ami le pianiste-compositeur , ce qui explique l’extrême difficulté de la partie de piano. Il était impossible de décrocher de l’interprétation magistrale d’Hidéki Nagano, confronté à des passages de virtuosité frénétique.

Le Concerto de chambre dirigé par Suzanna Mälkki était remarquable. La difficulté technique intégrée et dépassée, il ne restait plus que l’expressivité et la mécanique diabolique des deux derniers mouvements transcendés.

dirigeait les deux pièces de Boulez, Dérive 1 et Mémoriale, dégageant émotion et rêverie. La finesse du jeu, la justesse de l’interprétation et la richesse des couleurs étaient une fois de plus présents.

Le Lied der Waldtaube, extrait des Gurrelieder d’ dans sa transcription pour ensemble de chambre concluait de façon grandiose cette soirée. Cette dernière œuvre apparaissait comme un hommage au précurseur de la musique contemporaine, d’essence encore wagnérienne, elle constitue le point originel des futurs développements dodécaphoniques du compositeur. La bouleversante exécution de laissa un public ému, tant par le lied lui-même que par tout le concert.

Trois chefs d’orchestre, trois esthétiques : à la gestique sobre, stricte et d’une grande clarté de Pierre Boulez s’opposait celle de  beaucoup plus romantique. Péter Eötvös semblait se situer entre les deux avec une précision boulezienne mais aussi une certaine douceur, donnant l’impression qu’il invite plus qu’il n’impose au musicien.

Qu’importe si certains de nos confrères de la presse écrite aient pu trouver quelque chose à redire : ces 30 ans de l’Ensemble InterContemporain ont permis d’élever cet anniversaire à une réelle dimension historique.

Crédit photographique : © Aymeric Warmé-Janville

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.