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Suite de Bach par Mstislav Rostropovitch en DVD

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites pour violoncelle seul. Mstislav Rostropovitch, violoncelle. Enregistrés en mars 1991, en la Basilique Sainte-Madeleine de Vézelay. Format NTSC. Image 4/3. Commentaire en langue russe sous-titrée en français, anglais, allemand, espagnol. Courte notice en Français. Format NTSC. Image 4/3. 2 DVD EMI Classics LC 7873. Zone 0. Durée : 4h.

 

Haut lieu de la chrétienté du Moyen Âge, étape incontournable sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay, dont le tympan du narthex est un chef-d’œuvre de la sculpture romane, impose par sa majesté. Ses architectes ont voulu transmettre leur vision du monde cosmique et universel. Rostropovitch, très certainement touché par les forces émanant de ce lieu magique, accepta d’y enregistrer une nouvelle – et dernière – fois les célébrissimes Suites pour Violoncelle : « J’ai été saisi par le rythme de l’architecture intérieure, sans rien de superflu, sans l’or du baroque, sans ornement inutile. La rigueur des lignes et surtout le rythme de cette construction en arcs m’ont rappelé très fort la musique de Bach, j’ai cru trouver l’endroit idéal… C’est donc en priant le ciel que j’aborde l’enregistrement de ces Suites ».

Bien que la date exacte reste une inconnue, il est admis que les Suites datent de « l’époque de Cöthen » (1717-1723) où Bach était employé pour fournir de la musique de chambre. Le manuscrit que recopia vers 1730 Anna Magdalena Bach, l’original ayant été perdu, est parvenu jusqu’à nous. Rostropovitch dit l’avoir étudié avec la plus grande attention, comme pour en extraire la quintessence la plus profonde qu’il nous restitue dans le présent enregistrement.

Les six suites pour violoncelle sont toutes construites sur le même schéma : un prélude suivi de cinq mouvements de danses. Bach y déploie des trésors d’inventivité pour explorer toute la tessiture et parcourir les sonorités du violoncelle. Chacune d’elles emprunte une tonalité différente. La première est en sol majeur, la seconde en ré mineur, la troisième en ut majeur, la quatrième en mi bémol majeur. La cinquième, en ut mineur, est destinée à un violoncelle scordato, c’est-à-dire à un violoncelle dont la quatrième corde est accordée un ton au-dessous de la normale. La dernière, en ré majeur, est écrite pour un instrument à cinq cordes. L’exécuter sur un instrument à quatre cordes est un pur exercice de virtuosité. Pour Rostropovitch, elle constitue « une véritable symphonie pour violoncelle ».

Le musicien a souhaité relever ce défi, nous redire, avec force et beauté, sa nouvelle interprétation. Dans l’ample nef de la basilique, son violoncelle tour à tour chante, danse, implore, dévoile à quel point on ne peut interpréter les Suites qu’au prix d’un engagement entier, absolu, voire spirituel. Avec une juste et parfaite sincérité, le Maître s’attelle à son œuvre, avec rigueur, intensité et conviction. Sous ses doigts, les Suites deviennent des monuments.

Mais l’intérêt de ce film remarquable est surtout de nous dévoiler un peu de la personnalité de l’immense interprète qu’était « Slava » : chacune des Suites est précédée d’une courte explication de « Rostro » au piano, qui nous dévoile tour à tour le pédagogue, le pianiste, ou le violoncelliste qui a su capter le génie des formules d’un Bach atemporel : « Toute ma vie a été liée à ces œuvres, elles sont pour moi ce qu’il y a de plus cher au monde. Elles couvrent des horizons infinis. Chaque jour, chaque minute, chaque heure, où on y pense, on va plus loin. On croit tout connaître. Eh bien non, le lendemain quelque chose de nouveau s’ouvre à vous ».

Les interventions du Maître font de ce film un document aussi passionnant qu’émouvant et rare. On y découvrira à quel point, pour lui, les Suites sont importantes en tant que cycle, à quel point les Préludes véhiculent les idées les plus profondes sur la musique de Bach, ou bien comment le premier prélude est construit à l’image de la respiration humaine, avec une logique interne de développement, caractéristique du nombre d’or.

Aujourd’hui que Slava n’est plus, ce document inédit acquiert une valeur inestimable. Celui qui restera dans l’histoire non seulement le plus grand virtuose – violoncelliste – de son époque, chef d’orchestre et pianiste, mais également l’ardent défenseur de la liberté, a fortement marqué le paysage musical de la seconde moitié du siècle. Ayant rencontré les plus grands de son temps (Chostakovitch, Prokofiev, Aragon, …) il a mené sa vie de main de maître, à l’image des Suites qu’il comparait à « un vaisseau guidé par un capitaine exemplaire ».

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites pour violoncelle seul. Mstislav Rostropovitch, violoncelle. Enregistrés en mars 1991, en la Basilique Sainte-Madeleine de Vézelay. Format NTSC. Image 4/3. Commentaire en langue russe sous-titrée en français, anglais, allemand, espagnol. Courte notice en Français. Format NTSC. Image 4/3. 2 DVD EMI Classics LC 7873. Zone 0. Durée : 4h.

 
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