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Gala lyrique contre le sida à Cologne

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Cologne. Opernhaus. 16-VI-2007. Concert de gala. Musique de Richard Wagner, Gioacchino Rossini, Jules Massenet, Charles Gounod, Giacomo Puccini, Umberto Giordano, Jacques Offenbach, Boris Blacher, Amadeo Vives, Franz Lehár, Astor Piazzolla, Carl Millöcker, Richard Rodgers, Andrew Lloyd Webber, Ernesto de Curtis et Leonard Bernstein. Avec : Ainhoa Arteta, Helen Donath, Alexia Voulgaridou, sopranos ; Daniela Pini, mezzo-soprano ; Joseph Kaiser, José Bros, Ray M. Wade jr, ténors ; Alfredo Daza, Bernd Weikl, barytons. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Markus Stenz.


Deux semaines à peine après avoir fêté dignement les 50 ans de son bâtiment actuel, l’Opéra de Cologne a accueilli un autre grand événement à la fois musical et mondain : l’un des fameux galas lyriques au profit de la Deutsche AIDS-Stiftung (Fondation allemande contre le sida). Comme d’habitude, la liste des chanteurs invités était alléchante : deux vétérans ( et Bernd Weikl), quelques noms de renommée internationale (, , , ) et trois étoiles montantes (, , ). Malheureusement, Bonitatibus et Meli ont dû annuler leur participation pour cause de maladie et ont été remplacés respectivement par la jeune mezzo italienne et le ténor troupier de Cologne Ray M. Wade jr.

Le programme, formidablement présenté par le metteur en scène , débute dans la joie par un entraînant prélude du troisième acte de Lohengrin. Juste après, charme le public avec un pétillant air d’entrée de Figaro (Le Barbier de Séville) – un public qui lui pardonne apparemment des engorgements et un aigu plutôt court. Rien à dire en revanche (ou presque) en ce qui concerne la prestation de dans « Pensa alla patria », extrait de L’Italienne à Alger : belle voix, admirablement homogène, vocalises faciles, aigu en place. Manque seulement un peu de panache… s’affronte ensuite à la fameuse prière du Cid « Ô souverain, ô juge ». S’il laisse entendre un matériau tout à fait prometteur, le jeune chanteur est trop crispé pour que la voix se libère complètement. Aucune reproche pour qui offre un merveilleux air des bijoux (Faust). Nous restons ensuite avec . présente l’air de Roméo, romantique et nuancé comme il le faut, couronné de trois si bémol aigus éclatants, mais un rien trop ouverts. fait délirer la salle avec « Chi il bel sogno di Doretta », extrait de La Rondine : quelle voix et quelle musicienne ! Bernd Weikl est moins chanceux : étonnamment nerveux, il aborde « Nemico della patria » (Andrea Chenier). Si le timbre est entièrement intact, l’émission est déjà très figée. La première partie se termine dans la douceur avec une très belle barcarolle des Contes d’Hoffmann interprétée par Alexia Voulgaridou et Daniela Pini.

Après un prélude orchestral (Variations sur un thème de Paganini de ), la deuxième partie est consacré à l’opérette, à la comédie musicale et à la musique légère. Revient alors José Bros avec un air de la zarzuela Doña Francisquita et, cette fois, il nous rappelle le grand . Ensuite, le concert atteint son apogée. , dont la voix ne semble avoir pris aucune ride, chante un sublime « Meine Lippen, die küssen so heiß », extrait de Giuditta avant d’enchaîner avec une balade d’, nous faisant croire que, pendant toute sa carrière, elle n’a chanté que de la musique argentine. Ovations. Tâche difficile pour Bernd Weikl de prendre le relais. Visiblement plus détendu qu’en première partie, il tire son épingle du jeu en offrant des « roses rouge foncé » (« Dunkelrote Rosen », tiré de Gasparone), mais sans l’habituel aigu final. Alfredo Daza négocie habilement la tessiture assez grave de « Some enchanted evening » (South Pacific) avant que Ray M. Wade jr. exhibe sa belle voix de ténor lyrique dans « Torna a Surriento ». Dommage qu’il gâche cette impression favorable en ajoutant un aigu complètement détimbré. Ensuite, Ainhoa Arteta et José Bros suivent les pas de Sarah Brightman et en interprétant « Amigos para siempre », l’hymne officiel des Jeux Olympiques 1992 à Barcelone et, à la fois, le titre officiel de la soirée de gala. Le concert se termine enfin avec deux extraits de West Side Story : Joseph Kaiser se montre plus à l’aise dans « Maria » (même si le piano final assez serré laisse entrevoir une technique à peaufiner) avant que tous les chanteurs se réunissent pour un impressionnant « Somewhere ».

Si le concert – malgré ces quelques réserves – est somme toute une belle réussite, c’est aussi grâce au Gürzenich-Orchester sous la baguette de son chef . Comme il le faut pour de telles occasions, ils ont montré leur professionnalisme et leur versatilité en sautant très habilement d’un morceau et d’un style à l’autre. Pourquoi donc Stenz évite-t-il toujours les répertoires italien et français lorsqu’il s’agit de descendre dans la fosse ?

La soirée à laquelle assista, entre autres, le président allemand Horst Köhler, s’est prolongée avec un superbe dîner et une interminable fête sur la scène même de l’Opéra.

Crédit photographique : Gürzenich-Orchester Köln © Jorg Hejkal

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Cologne. Opernhaus. 16-VI-2007. Concert de gala. Musique de Richard Wagner, Gioacchino Rossini, Jules Massenet, Charles Gounod, Giacomo Puccini, Umberto Giordano, Jacques Offenbach, Boris Blacher, Amadeo Vives, Franz Lehár, Astor Piazzolla, Carl Millöcker, Richard Rodgers, Andrew Lloyd Webber, Ernesto de Curtis et Leonard Bernstein. Avec : Ainhoa Arteta, Helen Donath, Alexia Voulgaridou, sopranos ; Daniela Pini, mezzo-soprano ; Joseph Kaiser, José Bros, Ray M. Wade jr, ténors ; Alfredo Daza, Bernd Weikl, barytons. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Markus Stenz.

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