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Patricia Kopatchinskaja & Fazil Say : esbroufe quand tu nous tiens

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Montpellier, Opéra-Berlioz. 13-VII-2007. Fazil Say (né en 1970) : Sonate pour violon et piano. Jorge Sanchez-Chiong (né en 1969) : Crin pour violon seul. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°17 en ré mineur « la Tempête » op. 32 n°1 ; Sonate pour violon et piano n°9 en la majeur « à Kreutzer » op. 47. Patricia Kopatchinskaja, violon ; Fazil Say, piano.

Festival de Radio-France et Montpellier 2007

Avertissement au lecteur : les lignes ci-dessous sont à déconseiller aux fans de pianistes glamours.

Passons d’emblée sur la Sonate pour violon et piano de , pâle copie édulcorée de la Sonate n°3 de Georges Enesco. Quelques secondes augmentées pour faire « oriental », beaucoup de sourdine ou de pédale, une main sur la harpe du piano histoire d’étouffer les sons pour simuler un cymbalum, et le tour est joué. Avec Jorge Sanchez-Chiong nous passons à de la vraie créativité contemporaine. Œuvre de pure virtuosité, destinée à faire briller l’instrumentiste, réussit superbement le pari de cette pièce, avec en gage de ses qualités de musicienne un sens de l’humour insoupçonné.

Hélas la fraîcheur et la légèreté de la violoniste laissent place à la fatuité et à la lourdeur du pianiste. N’hésitons pas à le dire, est plus un produit de marketing pour ménagère de moins de 50 ans que le pianiste génial qui nous est présenté. Le disque nous a-t-il montré une véritable image de ce musicien ? A l’audition de la Sonate « la Tempête » tout est permis d’en douter : accords martelés plus que plaqués, absence de construction, fausses notes à la pelle, vision d’ensemble totalement absente… Ajoutez à cela des mimiques ridicules, une position à faire hurler les plus grands pédagogues du clavier et une manie de chantonner en même temps qu’il joue, le tableau est complet. Il n’y a eu qu’un seul Glenn Gould, qu’on se le dise ! Et ce dernier fuyait les salles de concerts…

Associée au pianiste turc au jeu de janissaire, finit par avoir, dans la Sonate « à Kreutzer », les mêmes défauts que son partenaire : manque de legato, attaques dures, absence de lyrisme. Mais du son, beaucoup de son, des décibels à n’en plus finir. Bref, de l’esbroufe, rien de plus. De quoi faire applaudir à tout rompre le public, comblé par pas moins de cinq bis. On n’en demandait pas tant.

Crédit photographique : Patricia Kopatchinskaja © Alvaro Yanez

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Montpellier, Opéra-Berlioz. 13-VII-2007. Fazil Say (né en 1970) : Sonate pour violon et piano. Jorge Sanchez-Chiong (né en 1969) : Crin pour violon seul. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°17 en ré mineur « la Tempête » op. 32 n°1 ; Sonate pour violon et piano n°9 en la majeur « à Kreutzer » op. 47. Patricia Kopatchinskaja, violon ; Fazil Say, piano.

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