Bringuier & Bringuier : Carte blanche à la jeunesse

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Sorèze. Abbaye-école. 18-VII-2007. Karol Beffa (né en 1973) : Enluminures ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol pour piano et orchestre ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Roméo et Juliette, ouverture fantaisie ; Manuel de Falla (1876-1946) : Le Tricorne suite n°2. Nicolas Bringuier, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction : Lionel Bringuier

Festival Musique des Lumières 2007

Les (tout jeunes) frères Bringuier sont en lumière ce soir dans la cour des Rouges sous un ciel lourd. A tout seigneur tout honneur, il revenait bien naturellement à l’ de clore les concerts d’été du festival. Cet orchestre, hissé au plus haut niveau, et qui a tant appris et tant enregistré avec , sonne chaque fois magnifiquement. Ce soir encore, même si le public lui est acquis d’avance il n’a pas déçu. La sonorité des bois, l’éloquence des cors, la précision des percussions tout particulièrement, mais tous les pupitres nous ont enchantés.

Le tout jeune (21ans !) a plutôt bien réussi la gageure de diriger ces œuvres variées, sans lien entre elles, certaines étant très connues.

La pièce d’ouverture du jeune compositeur , est passée très vite, agréablement, sans réelles surprises, sans véritables nouveautés. Il s’agit d’un habile hommage en forme de puzzle, autant aux compositeurs de musique de film qu’aux symphonistes des XIXe et XXe siècles. Ce n’est pas là que la direction du jeune chef a pu vraiment se révéler. C’est donc dans le Concerto en sol de Ravel, avec son frère Nicolas, que les comparaisons avec les « anciens » ont pu se faire. L’entente entre les frères fonctionne à merveille. Les sonorités, si françaises, de l’orchestre sont tout à fait idiomatiques. La direction, précise, évite les pièges redoutables de la partition ; le rythme est maîtrisé, les couleurs s’opposent avec efficacité, mais les lignes sont insuffisamment dessinées, les nuances pas assez amenées. Le piano de , qui joue par cœur une partition qu’il semble déguster, est brillant mais manque de souplesse. Le legato (si particulier) de l’adagio est très insuffisant. L’humour du final pas assez assumé. En somme, l’interprétation de deux élèves doués et prometteurs qui doivent laisser mûrir leurs talents. Cette impression se confirme avec l’œuvre de jeunesse du très brillant Tchaïkovski. La pâte sonore est splendide mais les phrasés sont mous et vagues.

Les trois pièces du Tricorne de Falla brillent, sonnent bien, mais la différence de structure n’est pas assez nette. Ces danses si diverses peuvent faire bien plus d’effets. Et on retrouve toujours ce problème de nuances même dans le final, pourtant si bien construit.

L’impression générale est celle d’élèves très doués, récompensés par le public de l’Abbaye –école, certes content mais pas encore fan. Il faudra suivre avec attention leurs progrès et leurs évolutions. Dès la rentrée, Lionel sera le chef assistant du Los Angeles Philarmonic et Nicolas sortira un disque consacré à Schumann !

Crédit photographique : © Micke Grönberg / SR

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