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Giselle par le Ballet National de Cuba, grandeur et décadence

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Paris. Grand Palais. 17-VII-07. Dans le cadre des Etés de la Danse. Adolphe Adam (1803-1856) Giselle, sur un livret de Théophile Gautier et Henri Vernoy de Saint-Georges, d’après un poème d’Heinrich Heine. Chorégraphie : Alicia Alonso (1948), d’après la chorégraphie originale de Jean Coralli et Jules Perrot (1841). Décors (adaptation) et costumes : Salvador Fernandez. Annette Delgado, Giselle ; Jœl Carreno, Albrecht/Loys ; Javier Torres, Hilarion, Ivette Gonzalez, Berthe ; Miguelangel Blanco, Prince de Courlande ; Anayansi Betancourt, Bathilde ; Ernesto Alvarez, Wilfred. Ballet National de Cuba.

Il en va des légendes comme des rêves, elles finissent par s’évanouir au réveil. La réputation légendaire du , emblème castriste de la révolution cubaine, repose en grande partie sur les épaules de sa fondatrice et toujours directrice , divine ballerine des années cinquante, malgré une cécité qui ne l’empêcha jamais de danser. Ses ports de bras sublimes et son visage expressif font partie des grands souvenirs des balletomanes qui la virent danser. Las, il faut bien constater que si l’école de danse cubaine a formé des ballerines exceptionnelles, le niveau actuel du est bien en deçà de celui que l’on pourrait attendre d’une compagnie nationale.

Dans Giselle, le premier programme que la compagnie donne à Paris, dans le cadre du festival « Les Etés de la Danse », le corps de ballet masculin fait preuve d’une grande hétérogénéité tandis que quelques solistes surnagent dans une production poussiéreuse et datée, aux costumes criards et aux pauvres décors. Pour narrer l’histoire de la petite paysanne qui croit s’être éprise d’un pair, alors qu’il s’agit en fait d’un prince promis à une autre, colle à la pantomime fixée par et pour Carlotta Grisi. Dans ce rôle, Annette Delgado laisse apparaître un grand métier, une assurance et une belle maturité. Malgré sa prestance, Jœl Carreno dans le rôle de son fiancé est falot et sa gestuelle, figée et empruntée, manque singulièrement de virilité. Si les variations sont convenablement exécutées, les pas d’ensemble, à la chorégraphie très simplifiée, témoignent des lacunes techniques accumulées par le corps de ballet : batterie hasardeuse, lignes brisées, manque d’harmonie générale. Pour clore ce premier acte très kitsch, seule Annette Delgado, dans la scène de la folie, impulse une véritable intensité dramatique à l’interprétation.

Plus sobre, le second acte met en valeur les ballerines en long tutu blanc. Le décor rudimentaire (une forêt projetée en fond de scène, une bande de toile noire qui cache les apparitions…) obère cependant la bonne tenue du corps de ballet féminin dans un répertoire romantique qu’il maîtrise parfaitement. Inclinaisons de tête, ports de bras, déhanchements subtils, tout est conforme à la chorégraphie originale. Mais les équilibres sont parfois mal assurés et la ligne d’arabesques, vacillante. En dehors des séquences plus dynamiques où les deux solistes masculins, Jœl Carreno et Javier Torres sont contraints de danser jusqu’à l’épuisement, l’émotion a du mal à sourdre de ces pauvres décors et des lumières plaquées. Dans le pas de deux du prince et de Giselle, les ports de bras alternent avec des portés très simples, et l’air pénétré de la danseuse, vive, légère et précise, fait le reste. Malgré tout, une belle Giselle !

Crédit photographique : © DR

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Paris. Grand Palais. 17-VII-07. Dans le cadre des Etés de la Danse. Adolphe Adam (1803-1856) Giselle, sur un livret de Théophile Gautier et Henri Vernoy de Saint-Georges, d’après un poème d’Heinrich Heine. Chorégraphie : Alicia Alonso (1948), d’après la chorégraphie originale de Jean Coralli et Jules Perrot (1841). Décors (adaptation) et costumes : Salvador Fernandez. Annette Delgado, Giselle ; Jœl Carreno, Albrecht/Loys ; Javier Torres, Hilarion, Ivette Gonzalez, Berthe ; Miguelangel Blanco, Prince de Courlande ; Anayansi Betancourt, Bathilde ; Ernesto Alvarez, Wilfred. Ballet National de Cuba.

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