Festival Pablo Casals de Prades 2007, ouverture en 3 B

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Prades. Abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa. 26-VII-2007. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Toccata et fugue en ré mineur (orchestration de Léopold Stokowski ; Johannes Brahms (1833-1897) : Double concerto pour violon et violoncelle en la mineur op. 102 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°1 en ut majeur op. 21. Pierre Amoyal, violon ; François Salque, violoncelle ; Orchestre Symphonique des Baléares Ciudad de Palma, direction : Philippe Binder.

Il est de tradition, à Prades, pour l’ouverture du Festival Pablo Casals, d’inviter une formation orchestrale avant de laisser la place aux maîtres chambristes de l’Académie Européenne qui débutera le 1er août. C’est l’Orchestre Symphonique des Baléares Ciudad de Palma sous la direction de qui déployait ses forces vives ce jeudi 26 juillet dans le chœur de l’abbaye de Saint Michel de Cuxa, un lieu mythique où se dérouleront, comme chaque année, pratiquement tous les concerts du soir de cette 56ème édition. Elle s’attachera, comme le souligne en préambule de la soirée, à commémorer le souvenir de son fondateur et tout particulièrement cette année 1957 où le Festival fut annulé à la suite de l’hospitalisation de Casals, victime d’un infarctus. Il avait inscrit au programme de cette année les 3 B figurant – pour Hans von Bülow – au Panthéon des grands hommes de la musique : Bach, Beethoven et Brahms.

L’orchestre des Baléares débutait donc le concert avec la transcription pour orchestre – version Léopold Stokowski – de la trop célèbre Toccata et fugue en ré mineur de Bach : une version d’une belle fulgurance qui ne manque pas d’intérêt cependant, ménageant quelques belles trouvailles sonores dans la Toccata tandis que la fugue met à l’épreuve la précision des archets sous la ferme conduite de qui parvient à restituer sans emphase l’imposante architecture de ce monument sonore.

Brahms précédait Beethoven avec le Double concerto pour violon et violoncelle, une œuvre de maturité d’une admirable concision conviant sur le devant de la scène deux éminents solistes qu’une génération sépare mais que la musique de toute évidence réunit. Devançant le violon dans les mouvements extrêmes, le violoncelle de s’impose au devant de l’orchestre par un jeu pugnace et totalement habité auquel fait écho la sonorité rayonnante et pleine du violon de . Dans cette acoustique chaleureuse et idéale pour les cordes, les sonorités de ces deux artistes exceptionnels se déploient avec générosité entretenant avec l’orchestre un discours homogène où passe une belle énergie. Chantant comme une seule voix et à fleur d’émotion, les deux solistes nous offraient un moment de grâce absolue dans le mouvement lent, profond et suave, qui compte parmi les plus beaux élans lyriques du compositeur allemand.

Beethoven terminait la soirée avec la première symphonie en ut majeur d’une fraîcheur toute haydnienne dont Philippe Binder détaille avec soin les finesses de l’écriture, révélant toutes les qualités du pupitre des bois de cette phalange méditerranéenne. C’est certainement dans le Menuet – redonné en bis – annonçant les futurs scherzi du Maître de Bonn que l’orchestre donne le meilleur de lui-même avec la cohérence d’un discours très bien mené et une énergie qui soulève l’enthousiasme d’un public totalement conquis par cette soirée d’ouverture.

Crédit photographique : – DR

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