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Mussy-la-Fosse, Maison Forte. 13-VIII-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor avec flûte n°3 en ut majeur KV 285b ; Quatuor avec flûte n°1 en ré majeur KV 285 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio à cordes en sib majeur – inachevé – D. 471 ; Luigi Boccherini (1743-1791) : 2 Trios à cordes de l’op. 14 (dont trio en ut mineur). Ensemble Unisoni : Stéphane Dudermel, violon ; Myriam Bis-Cambreling, alto ; Valérie Dulac, violoncelle ; Patrick Rudant, flûte ; (tous instruments baroques).

Les Musicales en Auxois : XIIIe édition

Pour cette treizième édition des Musicales en Auxois, et en accord avec les co-directeurs artistiques de ce festival (Franck-Emmanuel Comte, directeur de l’ensemble lyonnais « le Concert de l’Hostel Dieu » et le flûtiste Patrick Rudant), l’association culturelle organisatrice (présidente Annick Riquet), conserve une formule qui a fait ses preuves : une programmation diversifiée, tant dans les répertoires (de Bach à Bartók, en passant par des musiques napolitaines ou les polyphonies corses…) que dans les lieux, tels l’église de Mont Saint-Jean, La Collégiale de Thil, La grange du château de Bussy-Rabutin ou la Basilique de Vézelay.

Cette soirée du 13 août en est le dernier volet. Elle convie son public de fidèles (et de curieux) en un lieu des plus originaux : la maison forte (XVe siècle) de Mussy-la-Fosse, proche de Venarey-les-Laumes, mais cependant hors de ses murs, le concert se tenant en plein air, dans une cour-jardin paysagée de la bâtisse. Les artistes « de service » sont membres de l’, établi en Bourgogne (Sâone-et-Loire), mais prêtant occasionnellement leur concours à des ensembles prestigieux comme les Arts Florissants de William Christie, le Concert Spirituel d’Hervé Niquet, la Chambre Philharmonique d’Emmanuel Krivine ou l’Ensemble 415 de Chiara Banchini. Ils se présentent ce soir en quatuor : trio à cordes… avec flûte (cf. Mozart). Et disons-le d’emblée, c’est bien Mozart qui constituera l’apport le plus « substantiel » – et le mieux goûté – du concert (concert du reste présenté sous le titre : « Mozart aux chandelles »).

Originalité – ou particularité – des « Unisoni » : le répertoire et les instruments baroques (avec toutefois quelques incursions dans le classique « historique ») ; flûte traversière en bois pour Patrick Rudant, cordes en boyau pour ses partenaires, avec ce que cela implique de « bonus » pour l’oreille : chaleur, richesse et variété de la « couleur » instrumentale (même si le plein air, sans dispositif acoustique autre que la seule estrade dressée, tend à atténuer volume, éclat et rondeur sonore) mais aussi d’inconvénients ; et en premier lieu un fréquent besoin de réaccorder les instruments, besoin accentué encore par la fraîcheur nocturne de ce mois d’août à la météo particulièrement capricieuse, et un degré d’hygrométrie en conséquence….

Les trios sont joués très « proprement », dans le style divertimento et avec les accents nerveux et « carrés » propres à la musique du compositeur (Boccherini), mais rendent cependant, en plein air, un son un peu maigre qui affadit encore quelque peu une expressivité que la partition elle-même favorise peu (on est bien loin, ici, des grands quintettes ou de certains quatuors). Quant au Schubert, dans ce mouvement de trio qui louche encore du côté de Mozart, il est donné pour ce qu’il est, en somme : quelque chose de tout à fait anecdotique, et qui ne laisse rien entrevoir du futur – et si génial – auteur du quatuor en sol (par exemple) et autre quintette en ut. Il faudra toute la magie de la musique de Mozart, et le talent affirmé de ses interprètes, pour effectivement captiver l’auditoire. Un auditoire déjà charmé dès le début de la soirée par le Quatuor en ut majeur KV 285b, intéressant « échantillon » d’ingénieuse musique, aux formelles beautés (ainsi, le mouvement en thème et variations). Mais les Unisoni nous avaient réservé le meilleur pour la fin : le Quatuor en ré est un réel chef d’œuvre ; de style galant (c’est le Mozart de Mannheim qui s’exprime ici, mais hautement inspiré), où la flûte tient un rôle quasi concertant. La flûte de Patrick Rudant y fait merveille, et ses partenaires, en phase et étroitement concernés, lui procurent un soutien exemplaire. De cette prestation, nous retiendrons particulièrement la délicieuse et mélancolique cantilène du mouvement lent, à la flûte, sur les pizz des cordes, et l’allègre rondo final, plein de verve et d’esprit, joué ici idéalement (tempo, nuances, style, équilibre et cohésion).

Mozart aux chandelles ? Oui, mais c’est sa musique qui « brille de mille feux ». Le compositeur, paraît-il, n’aimait guère la flûte ; que fût-il advenu de la Köchel Verzeichnis (catalogue KV) s’il l’eût appréciée ?

Crédit photographique : © Edouard Bailly

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Mussy-la-Fosse, Maison Forte. 13-VIII-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor avec flûte n°3 en ut majeur KV 285b ; Quatuor avec flûte n°1 en ré majeur KV 285 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio à cordes en sib majeur – inachevé – D. 471 ; Luigi Boccherini (1743-1791) : 2 Trios à cordes de l’op. 14 (dont trio en ut mineur). Ensemble Unisoni : Stéphane Dudermel, violon ; Myriam Bis-Cambreling, alto ; Valérie Dulac, violoncelle ; Patrick Rudant, flûte ; (tous instruments baroques).

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