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Nouvelle production du Barbiere

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Vérone. Arènes. 11-VIII-2007. Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opéra en deux actes sur un livret de Sterbini d’après Beaumarchais. Mise en scène, décors, costumes et lumières : Hugo de Ana. Chorégraphie : Leda Lojodice. Avec : Francesco Meli, le comte Almaviva ; Bruno de Simone, Bartolo ; Annick Massis, Rosina ; Franco Vassallo, Figaro ; Orlin Anastassov, Basilio ; Dario Giorgelè, Fiorello ; Francesca Franci, Berta ; Federico Longhi, un officier. Chœur des arènes de Vérone (chef de chœur : Marco Faelli). Orchestre des arènes de Vérone, direction : Claudio Scimone.

Rossini aux Arènes

Que seraient les arènes de Vérone sans ses rites, son répertoire indétrônable (il faut quand même remplir l’immense amphithéâtre), les bougies allumées au moment où l’on éteint les lumières, cette ambiance conviviale, ces voix sorties de la foule qui ponctuent l’apparition du chef d’orchestre d’un «Bravo maestro!» ou qui saluent tel air connu d’un «Bravo Francesco!… Bravo Franco !… Bravo Francesca!… Bravo Bruno!» On aurait tort de faire la fine bouche et de regarder ce rendez-vous estival de haut : l’opéra peut être populaire et de qualité.

Les arènes de Vérone proposent cette année une nouvelle production du Barbiere à la charge presque exclusive de pour les décors, les costumes, les lumières et la mise en scène. Précisons que le chef d’œuvre de Rossini a rarement été donné sur place. L’immense plateau au centre de l’arène est occupé par des haies taillées desquelles émergent des roses gigantesques éclairées en contre plongée. L’attrait du dispositif est renforcé par l’éventail de couleurs déployé à travers la variété des costumes des solistes, des choristes et des nombreux danseurs ainsi que de certaines perruques fantaisistes. Le tout bénéficie d’éclairages soignés. Quant à la mise en scène, à l’exception de quelques rares scènes intimistes, elle repose sur un dynamisme presque constant. Dès l’ouverture, les danseurs évoluent et viendront à plusieurs reprises mimer ce que chantent les personnages ; moins sollicités à l’acte II, ils reviendront danser pour le mariage de Rosina et d’Almaviva tandis qu’éclate, tiré de derrière la scène, un feu d’artifice. Cette mise en scène bon enfant sans autre prétention que le divertissement et le plaisir des yeux maintient l’intérêt jusqu’au terme de l’œuvre.

L’orchestre et le chœur des arènes de Vérone ne comptent pas parmi les meilleures formations européennes, mais la partition arrive à bon port. La direction du vétéran , un des artisans en son temps de la Rossini renaissance, gagnerait à être plus serrée ; il lui manque ce petit grain de folie dans les tempi et dans le fameux crescendo rossinien qui emporterait totalement l’adhésion. La configuration et l’acoustique d’un tel lieu peuvent expliquer sa battue parfois trop sage.

L’équipe réunie est à la fois solide et homogène. est un amant crédible, variant les reprises, sachant prendre quelques risques dans l’aigu à la fin de chaque acte. Son point faible est la vélocité des vocalises pas toujours calées avec le tempo du chef, d’où ce sentiment parfois qu’il ne parvient à «caser» les traits, dans chaque mesure, que de justesse. Ceci peut expliquer qu’il renonce à chanter son dernier air Cessa di piu resistere. est un Figaro à l’aise scéniquement et vocalement. est un Bartolo d’anthologie : il possède une vis comica épatante qui réjouit le public. Basilio et Berta sont également d’un niveau très satisfaisant. Bien qu’ opte dans ses airs solistes pour une Rosina soprano, il n’en demeure pas moins vrai que nombre de récitatifs ou passages d’ensembles écrits par Rossini sont situés dans la tessiture de mezzo, donc loin des meilleures notes d’une soprano. Intelligemment, la soprano ne force pas ses moyens, ornemente et extrapole certains traits vers l’aigu, ample et sûr. Elle dessine une Rosina enjouée, vive et charmeuse. Intérêt musicologique pour compenser la perte de l’air du ténor, ajoute le brillant air alternatif de Rosina A se è ver composé par Rossini pour Fodor-Mainvielle. Comme quoi les «classiques de Vérone» peuvent réserver d’heureuses raretés.

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Vérone. Arènes. 11-VIII-2007. Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opéra en deux actes sur un livret de Sterbini d’après Beaumarchais. Mise en scène, décors, costumes et lumières : Hugo de Ana. Chorégraphie : Leda Lojodice. Avec : Francesco Meli, le comte Almaviva ; Bruno de Simone, Bartolo ; Annick Massis, Rosina ; Franco Vassallo, Figaro ; Orlin Anastassov, Basilio ; Dario Giorgelè, Fiorello ; Francesca Franci, Berta ; Federico Longhi, un officier. Chœur des arènes de Vérone (chef de chœur : Marco Faelli). Orchestre des arènes de Vérone, direction : Claudio Scimone.

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