Gergiev perturbé par des goujats

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 11-IX-2007. Hector Berlioz (1803-1869) : Roméo et Juliette, symphonie dramatique, op. 17 ; Richard Wagner (1913-1883) : ouverture de Tannhäuser en mi majeur ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Roméo et Juliette, suite de ballet. World Orchestra for Peace, direction : Valery Gergiev.

Klara Festival

Ce second « gros » concert symphonique du Klara Festival 2007, nous valait la visite du World Orchestra for Peace sous la baguette de . Fondée en 1995 sous la houlette de Georg Solti, pour célébrer les 50 ans de l’ONU, cette phalange ne se réunit qu’épisodiquement pour une série de concerts dédiés à des célébrations symboliques, pacifiques ou historiques. Cette tournée 2007 menait les musiciens, issus des formations des 5 continents, à Rotterdam, Bruxelles et Budapest.

Malheureusement, la prestation des artistes a été entachée par l’inqualifiable goujaterie de certains membres du public venus pour se rassasier des petits fours offerts par les nombreux mécènes de la soirée : arrivée tardive, flash d’appareil photo, sonneries de gsm…Mais le comble de ce comportement survint lors d’un rapide changement de plateau entre les pièces de Berlioz et de Wagner qu’une partie du public interpréta comme l’entracte. D’innombrables bruits de conversations, de portes et fauteuil qui claquent et de mouvements retardèrent le début de l’ouverte de Tannhäuser. Le chef et ses musiciens, médusés à l’image du regard foudroyant de Rainer Küchl, le violon solo du philharmonique de Vienne, durent patienter de longs instants.

En ce qui concerne la musique, ce concert a alterné, comme souvent avec Gergiev, le très bon au passable. Cela étant, en dépit de l’excellence technique des musiciens, cet orchestre manque cruellement d’âme et de couleurs, défauts prévisibles pour ce genre de formation qui plus est quand elle est dirigée par Gergiev, connu pour son manque d’assiduité aux répétitions. La banalité des timbres a rendu l’exécution des extraits de Roméo et Juliette de Berlioz assez plate ; d’autant plus que Gergiev ne semble pas avoir de perception d’ensemble et se contente d’une lecture à vue. Emportée par un puissant élan, l’ouverture de Tannhäuser, bien servie par des cuivres et des vents inspirés, nous élève quelque peu.

Après la véritable pause, Gergiev galvanise ses musiciens pour nous offrir une suite de Roméo et Juliette, arrachée par un souffle altier et conquérant. C’est de l’amour brutal, à mille lieux de la récente interprétation soignée et esthétisante de Temirkanov à Lucerne, mais cette vision démontre encore une fois le charisme de ce chef capable de faire ce qu’il veut des musiciens. En bis, les troupes donnent un scherzo du Songe d’une nuit d’été un peu bourru mais séduisant et une tonitruante marche hongroise de Berlioz.

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