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Mahler en excellence à Chicago

À emporter, CD, Musique symphonique

Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 3. Michelle DeYoung, mezzo-soprano, Chœur de femmes de l’Orchestre de Chicago, Chœur d’enfants de l’Orchestre de Chicago, Chicago Symphony Orchestra, direction : Bernard Haitink. 2 CD. CSO-Resound. Code barre : 810449017015. Enregistré en public, salle des concerts du centre symphonique, Chicago, les 19, 20 et 21 octobre 2006. Notice et textes trilingues (anglais, français, allemand). Durée : 1h41

 

Chaque année des dizaines d’enregistrements de la musique de , passés un temps aux oubliettes, se voient exhumés et largement diffusés. Trouvent-ils preneurs sous leur forme encore matérialisée ? En tout cas, de tels trésors représentent tour à tour une nouvelle occasion de rejoindre le clan ouvert des fascinés par les partitions grandioses et largement inspirées par un post-romantisme et un post-wagnérisme de la meilleure veine.

dont on connaît la solide carrure mahlérienne nous ravit avec une Symphonie n° 3 tout à fait passionnante de rigueur et de tendresse associées. Interprétée en public à Chicago en octobre 2006, elle brille de mille feux et bénéficie d’une captation sonore de premier rang. Le chef et l’orchestre affichent une aisance époustouflante, une ampleur impressionnante, une poésie bouleversante et une empathie profonde. Ils transcendent le message de cette musique unique. Les percussions, exceptionnelles de présence, de virtuosité et de précision, exacerbent l’impact lors de l’écoute. De plus, elles jouissent d’une restitution comme on a rarement l’occasion d’en profiter. Le long premier mouvement Kräftig Entschieden, de grande classe, évite le piège de la grandiloquence et délivre un éventail rythmique et thématique inoubliable de nuances, de beauté et de lyrisme (fut-il parfois bousculé par des réminiscences populaires voire triviales). La mezzo-soprano américaine , dans le quatrième mouvement Sehr Langsam. Misterioso aborde le O Mensch ! Gib Acht ! (ô homme, fais attention !) avec un timbre idéal de gravité inspirée qui la place d’emblée parmi les plus recommandables.

Enfin, il nous faut insister sur le mouvement final (Langsam. Ruhevoll. Empfunden) longuement développé, émouvant et véritable apothéose de l’épanchement symphonique romantique jadis initié par Beethoven avec l’Adagio-Andante de sa Symphonie n° 9 en ré mineur (1824). On l’aura deviné, l’Orchestre de Chicago, somptueux et royal, donne une leçon pour l’éternité. Une invitation à l’immersion totale dans l’univers mahlérien par le biais d’une exécution susceptible de détrôner les grandes versions antérieures.

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