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Il Turco in Italia à Düsseldorf, un vrai régal

La Scène, Opéra, Opéras

Düsseldorf. Opernhaus. 2-XII-2007. Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Turco in Italia, opéra en 2 actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène : Tobias Richter. Décors et costumes : Gian Maurizio Fercioni. Lumières : Volker Weinhart. Avec : Tomasz Konieczny, Selim ; Marlis Petersen, Fiorilla ; Alberto Rinaldi, Don Geronio ; Antonis Koroneos, Don Narciso ; Bruno Taddia, Prosdocimo ; Katarzyna Kuncio, Zaide ; Fabrice Farina, Albazar. Chœur du Deutsche Oper am Rhein (direction : Gerhard Michalski), Orchestre symphonique de Düsseldorf, direction : Alexander Jœl.

C’est un phénomène : Il y a quelques années encore, Il Turco in Italia était une rareté absolue. Certains mélomanes connaissaient peut-être l’enregistrement (tronqué) avec Maria Callas et Nicolai Gedda. Mais ceux qui pouvaient se vanter d’avoir vu la pièce sur scène étaient peu nombreux. Depuis quelques années pourtant, le Turc parcours l’Europe, de Pesaro (bien sûr) à Londres, de Zürich à Hambourg et de Bologne à Munich. Maintenant, c’est au tour du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf à présenter une nouvelle production du chef d’œuvre rossinien.

Car Il Turco in Italia est décidément un chef d’œuvre. Contrairement au Barbier de Seville ou à l’Italienne à Alger, Rossini ne s’avère pas seulement un maître du genre comique, mais il se permet de jouer avec les conventions. Notamment le rôle du poète sert de prétexte à se moquer de la dramaturgie même de l’opéra comique italien avec ses rôles convenus et ses péripéties invraisemblables.

A Düsseldorf, le chef même, s’est chargé de la mise en scène – avec la complicité de Gian Maurizio Fercioni pour décors et costumes. Si l’intrigue est transposée à la fin des années 1950, la production reste fidèle à la lettre à l’esprit rossinien. Légère et drôle, pleine d’esprit et d’idées, elle est un vrai régal, captivant l’attention du publique du début à la fin – et cela sans jamais jouer la carte du grossier ou de l’exagéré. Même le chef et l’orchestre sont intégrés dans la mise en scène. Au pupitre des formidables Düsseldorfer Symphoniker, Alexander Jœl s’avère un chef rossinien plus que compétent. S’il ne sait éviter quelques petits décalages entre fosse et plateau, il trouve toujours le juste tempo et le brillant que requiert cette musique.

La distribution est dominée par dans le rôle Fiorilla. Dès son entrée, elle brûle les planches. Mais elle enchante également avec sa voix claire et lumineuse, agile et pétillante, capable par ailleurs de belles demi-teintes. Son grand air au deuxième acte, à la fois virtuose et émouvant, représente le point culminant de la soirée. A ses côtés, est un superbe Don Geronio. Toujours très en voix, le vétéran dresse un portrait irrésistible du vieux barbon, tour à tour drôle et touchant. est un Selim plus vrai que nature, caricature du machisme moyen-oriental. Vocalement, il fait ce qu’il peut pour adapter sa voix grande et puissante aux exigences du chant rossinien – même si les vocalises sont parfois quelque peu savonnées. En Prosdocimo, fait valoir une voix particulièrement longue. Si le timbre manque de séduction, il est crédible de bout en bout en tant que meneur de jeu. – Narciso vêtu comme Elvis Presley – exhibe une belle voix de ténor rossinien. Malheureusement, un chat persistant dans la gorge ne lui permet pas de briller dans son grand air, couronné néanmoins, d’un contre-ut très sûr. Même les petits rôles ont été distribués avec soin : Ainsi, est une Zaida de luxe, tout comme Fabrice Farina, extraordinaire Albazar hippie.

Bizarrement, le public – riant aux éclats pendant la représentation – se contente à la fin d’applaudissements polis, garnis de quelques bravos pour .

Crédit photographique : (Selim) & Marlis Petersen (Fiolilla) ; (Don Geronio) & Marlis Petersen (Fiolilla) © Deutsch Oper am Rhein

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