Belles rencontres à Liège…

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Liège. Salle Philharmonique. 14-XII-2007. Adolphe Biarent (1871-1916) : Trenmor. ; Antonín Dvořák (1841-1904) : symphonie n°8, op. 88 ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : concerto pour violon n°3, op. 61 ; Valery Sokolov : violon ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Kirill Karabits.

L’affiche de ce concert de l’Orchestre Philharmonique de Liège faisait (comme souvent dans cette salle) l’éloge d’une nouvelle génération de musiciens. , futur chef principal de l’Orchestre de Bournemouth, se voyait confier la direction de la formation tandis que avait pour tâche de défendre le Concerto pour violon n°3 de Saint-Saëns.

En ouverture du concert, l’orchestre confirme son intérêt pour les compositeurs belges avec le poème symphonique inspiré à par une légende d’Ossian. L’œuvre, déjà enregistrée par l’orchestre sous la direction de (Cyprès), propose différents tableaux très stylés et une écriture très vivante. Les musiciens affichent un plaisir sensible à interpréter cette partition dont Karabits a su livrer une lecture fluide et finement articulée.

A vingt-et-un ans, construit sa réputation de virtuose, régulièrement invité par des formations de plus en plus prestigieuses. Face à ce jeune musicien auréolé de prix et promis à une carrière au succès certain, le mélomane aurait pu s’attendre à une lecture démonstrative de la partition de Saint-Saëns… Il n’en était rien ! Le jeu de Sokolov est dénué d’artifices convenus et retient l’attention du public par sa chaleur et la qualité du dialogue entre le soliste et l’orchestre sur l’ensemble du concerto. Le troisième mouvement retient notre attention par la maturité, l’intériorité que Sokolov manifeste à travers chaque note. Karabits accompagne respectueusement son soliste. Un orchestre un peu plus incisif nous aurait comblé mais ne nous attardons pas sur cette réserve et saluons plutôt ce beau moment musical qui a rencontré un succès public largement mérité.

La symphonie n°8 d’ a fait l’objet quelques jours avant ce concert d’un « Dessous des quartes ». Rappelons que ces séances proposent aux mélomanes de découvrir une œuvre en compagnie de l’orchestre et d’un pédagogue chargé de décortiquer l’œuvre pour nous permettre de mieux cerner la démarche du compositeur. , lui-même compositeur, est habitué à pratiquer cet exercice avec l’orchestre. Il a su, lors de cette séance, mettre en évidence l’omniprésence des thèmes qui donnent vie à la symphonie en se transformant tout au long des mouvements. L’alternance continue des modes majeurs et mineurs, donnant son identité à l’œuvre, a également été intelligemment présentée à un public malheureusement encore trop confidentiel par rapport à l’intérêt de ces concerts pédagogiques.

L’orchestre s’était montré enthousiasmant pendant ce Dessous des quartes. L’interprétation de la symphonie livrée lors de la soirée de concert n’a pas déçu. Il faut dire que Karabits est en terrain connu. Son travail avec les musiciens liégeois met en valeur les bois et un pupitre de violoncelles très appliqué. La précision fait parfois défaut dans un premier mouvement malgré tout captivant par la générosité déployée par le chef dans ses phrasés, la flûte se distingue particulièrement. L’ensemble de la symphonie se poursuit dans un même esprit. Des variations de tempi bienvenues nourrissent la lecture du chef d’orchestre. Le troisième mouvement permet aux cordes de révéler toute la poésie qui caractérise l’univers de la musique tchèque, tandis que le chef emporte ses musiciens dans un dernier mouvement au final maîtrisé mais manquant légèrement de relief. L’orchestre un peu neutre nous a en effet privé de certains de ces petits détails qui font toute la magie de la partition…

Ce concert aura su multiplier les rencontres agréables : de Biarent dont on cherchera à découvrir le reste de son œuvre, à ces deux jeunes musiciens qui reviendront en compagnie de l’OPL lors des prochaines saisons.

Crédits photographiques : Yuri Shkoda

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