À emporter, Audio, Musique de chambre et récital

L’art de la musique de chambre selon d’Indy

Plus de détails

Vincent d’Indy (1851-1931) : Suite en ré, « dans le style ancien », pour deux flûtes, trompette et cordes ; Chansons et danses, pour flûte, hautbois, deux clarinettes, deux bassons et cor ; Quintette pour piano et quatuor à cordes ; Suite en parties, pour flûte, harpe, violon, alto et violoncelle. Solistes de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg & François Kerdoncuff, piano. 1 CD Timpani 1C1119. Code barre : 3377891311193. Enregistré à Luxembourg, Philharmonie, mai et juin 2007. DDD. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 69’45’’.

 

« La musique de chambre est le genre le plus élevé, celui qui exige les plus rares qualités ». Ainsi Joseph Canteloube présente-t-il le travail créateur de dans sa biographie parue en 1951. D’Indy qui occupa une position tout à fait centrale dans la vie musicale française pendant sa longue carrière.

Riche, disponible pour son art, voyageur, organiste, chef de chœurs, timbalier, corniste, élève fasciné de César Franck, transporté par le Ring de Wagner (ainsi que par Parsifal qu’il déguste à cinq reprises au cours de la seule année 1882) et dont il devient un ardent défenseur, professeur à la Schola Cantorum, polémiste redouté, catholique intransigeant, antisémite étroit… on n’en finirait plus de gloser sur ce personnage à l’attirance réelle bien qu’ambiguë.

Mais revenons plutôt à sa musique de chambre. Grâce aux excellents solistes de l’ (et au pianiste François Kerdoncuff) le label Timpani nous engage à une rencontre fructueuse et marquante. La Suite en ré, dans le style ancien, pour 2 flûtes, trompette et cordes, créée à la Société Nationale en mars 1887, séduit d’emblée et prouve combien d’Indy prenait plaisir à coucher sur le papier les notes qu’il entendait en lui. Ses cinq sections contrastées, tantôt délicate et raffinée (Prélude), ailleurs martiale (Entrée), là redevable de la passacaille (Sarabande) ou encore animée par un rythme syncopé confié à la trompette (Menuet), s’achèvent par une ronde française, assez animée, écrite en fugato. Chansons et Danses relèvent de cette même spontanéité et font leurs un panel expressif large et varié propre au compositeur. Postérieur, le Quintette pour piano et cordes, lui aussi créé à la Société Nationale (mais en 1881) brille par son éloquence, la belle définition de ses thèmes, souvent opposés, sa science du leitmotiv et sa concision parfaite. Le beau et grave thème du mouvement lent (Lent et expressif) dévoile une facette noble et recueillie de la manière de d’Indy. Il s’oppose en tout point au Finale, joyeux, rythmé et leste. Ces pièces, et le reste du programme, de haute tenue, souvent rutilantes, bien que d’inspiration germanique, appartiennent aux trésors de la musique française du XXe siècle finissant.

Tout cela reçoit une fort belle interprétation et constitue une occasion d’en savoir plus sur un compositeur plus souvent commenté qu’écouté.

(Visited 349 times, 1 visits today)

Plus de détails

Vincent d’Indy (1851-1931) : Suite en ré, « dans le style ancien », pour deux flûtes, trompette et cordes ; Chansons et danses, pour flûte, hautbois, deux clarinettes, deux bassons et cor ; Quintette pour piano et quatuor à cordes ; Suite en parties, pour flûte, harpe, violon, alto et violoncelle. Solistes de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg & François Kerdoncuff, piano. 1 CD Timpani 1C1119. Code barre : 3377891311193. Enregistré à Luxembourg, Philharmonie, mai et juin 2007. DDD. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 69’45’’.

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.