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Le retour de Barenboim au piano à l’Orchestre de Paris

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Paris. Salle Pleyel. 30-I-2008. Antonin Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur B. 163 op. 88. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 1 en ré mineur op. 15. Daniel Barenboim, piano ; Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

Affluence des grands soirs et avalanche de mondanité pour ce concert évènement du mois de janvier. En ouverture : la Symphonie n° 8 de Dvořák. Tout est « beau », grandiose, incroyablement sonore et captivant dans cette symphonie qui avec sa tonalité lumineuse de sol majeur ne peut qu’inspirer une joie simple et constante jusqu’à la dernière note. Tissé de nombreux chants slaves, cette pièce surprend par ses multiples changements de couleurs orchestrales, d’intensité sonore, de rythme et de climat, souvent inattendus. C’est bien l’art de Dvořák d’enchainer des fragments différents mais tous de fort impact sur l’auditeur, pour créer un ensemble fluide au caractère fortement romantique (où le mot est synonyme d’action et de tempête). Sonorité brillante, intense et un indéniable travail sur les masses orchestrales ont caractérisé l’interprétation de l’ dirigée par la vigoureuse baguette de .

C’est dans cette atmosphère noble et profonde de lutte romantique qu’a débuté le Concerto pour piano n° 1 de Brahms. l’a exécuté avec une grande puissance expressive. Le temps bien calibré du Maestoso initiale a plongé le public dans une atmosphère profonde de lutte suivie par l’intense pathos de l’Adagio. L’extraordinaire sensibilité musicale du pianiste, inclinaison instinctive et intuitive à utiliser le son en tant que moyen d’expression, ne semble pas être immédiatement en ligne avec celle de l’orchestre, un petit peu moins précis et parfois trop éloquent. Barenboïm articule ce deuxième mouvement alliant une chaleur humaine intense à une égale intériorité.

La clarté de son articulation et l’effet tridimensionnel qui en résulte, laisse entendre les sons sur des divers plans (plus proche, plus éloigné) en récréant un dialogue sonore très personnalisé. D’ailleurs, comme lui-même l’affirme, le premier devoir d’un musicien n’est pas d’interpréter la musique mais d’en devenir une partie intégrante. Son jeu communique bien l’intimité, l’intériorité, la résignation, la douleur ainsi que la puissance et la richesse d’imagination qui habitent cette musique.

Avant de prendre congé, Barenboïm a rappelé avec une grande émotion ses 14 ans à la tête de l’Orchestre de Paris (de 1975 à 1989) : une période qu’il a définie très intense et riche sur le plan professionnel et personnel. Le souvenir ineffaçable de ce moment magique de sa vie, caractérisé également par sa profonde amitié avec Pierre Boulez, reste pour lui une grande source de joie.

En bis, un Nocturne de Chopin, auquel le pianiste/chef d’orchestre n’a pas pu échapper, a pour quelques instants arrêté le temps et offert un moment de béatitude et de grande sensualité… pouvoir de la musique, pouvoir de ce merveilleux pianiste.

Crédit photographique : © Warner

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Paris. Salle Pleyel. 30-I-2008. Antonin Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur B. 163 op. 88. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 1 en ré mineur op. 15. Daniel Barenboim, piano ; Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

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