Tabea Zimmermann et l’Orchestre de Paris en formation de chambre

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, salle Pleyel. 13-II-2008. Paul Hindemith (1895-1963) : Der Schwanendreher, concerto pour alto et petit orchestre. Igor Stravinsky (1882-1971) : Pulcinella, suite de ballet ; L’histoire du soldat. Tabea Zimmermann, alto. Sami Frey, récitant. Orchestre de Paris (solistes pour L’histoire du soldat : Roland Daugareil, violon ; Bernard Cazauran, contrebasse ; Pascal Moraguès, clarinette ; Giorgio Milanesi, basson ; Bruno Tomba, cornet à pistons ; Guillaume Cottet-Dumoulin, trombone ; Nicolas Martynciow, percussions), direction : Christoph Eschenbach

Au plus l’ s’amenuise, au plus ses musiciens sont exposés, au mieux ceux-ci se révèlent. La preuve dans ce concert, où on passe d’un orchestre de chambre (Pulcinella) à un septuor (L’histoire du soldat) en passant par un effectif chambriste « élargi » (Der Schwanendreher).

Le Stravinsky néoclassique sied bien à . Dans Pulcinella il opte pour une interprétation quasiment « baroque », sans vibrato, avec un jeu très sec aux cordes. Cette lecture un peu trop distante enlève tout propos ironique propre à l’œuvre, mais qu’importe, l’effet de concerto grosso voulu par Stravinsky prend toute son ampleur. Le principal désagrément est venu d’une section de cuivres souvent peu concernée…

L’ fait preuve de plus d’homogénéité en formation de chambre « élargie » avec Der Schwanendreher. Musique tour à tour harmonique ou contrapuntique, elle est prévue pour un ensemble hétéroclite d’instruments à vents, violoncelles et contrebasses. excelle dans ce répertoire qu’elle défend becs et ongles avec . En guise de bis, un extrait d’une Suite pour violoncelle seul de Bach adaptée à l’alto, toute en demi-teinte, sans aucun vibrato, simple et direct.

Réunis en groupe de solistes, les musiciens de l’Orchestre de Paris excellent. Christophe Eschenbach dans les mesures irrégulières de Stravinsky reste d’une aisance stupéfiante. Tout était donc réuni pour une Histoire du soldat anthologique, autour du violon solo presque « violoneux » de . Hélas c’était sans compter la présence de Sami Frey. Mettre une telle tête d’affiche est compréhensible. Mais pour L’histoire du soldat il ne suffit pas d’être comédien, il faut aussi avoir un minimum de compétence musicale, ne serait-ce que l’oreille. Absolument tous les passages de chant parlé (dont les Couplets du diable) sont arythmiques. Certes, le récitant devait interpréter les trois rôles, mais était-ce utile d’ajouter au texte les didascalies ? De dire après l’ultime solo de percussion « fin de l’histoire » (au cas où le public n’aurait pas compris…) ? Et surtout de réciter ce texte à la gouaille populaire d’un ton monotone et compassé, le nez dans ses feuilles ? Un nom moins connu mais plus aguerri à la musique aurait été préférable.

Crédit photographique : © DR

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