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Ossia il dissoluto punito

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Paris. Salle d’art lyrique du Conservatoire de Paris. 10-II-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, ossia il dissoluto punito K. 527 : Dramma giocoso en 2 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Emmanuelle Cordoliani. Décors : Emilie Roy. Costume : Julie Scobeltzine. Chorégraphie : Victor Duclos. Lumière : Bruno Bescheron. Avec : Sébastien Brohier, Don Giovanni ; Luc Bertin-Hugault, Commandeur ; Li Chin Huang, Donna Anna ; Abdellah Lasri, Don Ottavio ; Isabelle Briard, Donna Elvira ; Alexandre Duhamel, Leporello ; Ronan Debois, Masetto ; Gaëlle Arquez, Zerlina. Orchestre et Chœur du Conservatoire de Paris, direction et continuo : Olivier Reboul.

Don Giovanni

Don Giovanni est le plus contradictoire des opéras de Mozart car n’étant ni un opéra seria ni un opéra buffa, il est les deux à la fois. La lutte des genres trouve un indéniable reflet dans la thématique du livret : le conflit s’exerçant entre les différentes classes sociales représentées et le conflit intérieur de Don Giovanni qui indomptable Narcisse abuse de l’amour à tous niveaux.

L’ouverture traditionnelle en ré mineur exprime le principe dramatique qui régit tout l’ouvrage : le mélange des genres. Les grands accords syncopés par lesquels débute l’ouverture installent aussitôt un climat tragique. Ce climat se perpétue tout au long d’une introduction lente dont la plupart des éléments seront repris peu avant la chute finale de Don Giovanni aux Enfers. La sombre introduction cède la place à un allegro fougueux et haletant.

Après un début intéressant, un peu mystique où des symboles religieux prenaient la forme du titre de l’opéra, la mise en scène est très artisanale et pauvre. La régie riche en clichés, a transformé les maintes hardiesses du génie de Salzbourg en vulgarités gratuites (comme la scène de séduction de Zerlina et Masetto où les deux simulaient presque un orgasme en direct).

L’échec total de ce spectacle qui aurait du être un tremplin pour les meilleurs élèves du Conservatoire National de Paris a révélé les faiblesses d’une institution qui de toute évidence peine à s’affirmer encore comme une pépinière de jeunes talents.

Les chanteurs ne sont, tristement, pas à la hauteur de leurs rôles, à commencer, un Don Giovanni dont la récitation est très « scolastique » et la vocalité inexpressive et une Donna Elvira (Isabelle Briard) qui manquait totalement de féminité et était absolument inécoutable : son italien est incompréhensible, ses aigus sont totalement faux et elle a une interprétation totalement nasale. Seul , dans le rôle de Leporello a convaincu avec une intonation précise et une diction parfaite.

Heureusement l’orchestre a joué du début à la fin de manière correcte, même si un peu trop scolaire, mais en tous cas en respectant les indications d’écriture de Mozart.

Errare humanum est, mais on espère que pour les prochaines représentations dans les différents théâtres français cela ne deviendra pas diabolicum.

Crédit photographique : ©DR

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Paris. Salle d’art lyrique du Conservatoire de Paris. 10-II-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, ossia il dissoluto punito K. 527 : Dramma giocoso en 2 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Emmanuelle Cordoliani. Décors : Emilie Roy. Costume : Julie Scobeltzine. Chorégraphie : Victor Duclos. Lumière : Bruno Bescheron. Avec : Sébastien Brohier, Don Giovanni ; Luc Bertin-Hugault, Commandeur ; Li Chin Huang, Donna Anna ; Abdellah Lasri, Don Ottavio ; Isabelle Briard, Donna Elvira ; Alexandre Duhamel, Leporello ; Ronan Debois, Masetto ; Gaëlle Arquez, Zerlina. Orchestre et Chœur du Conservatoire de Paris, direction et continuo : Olivier Reboul.

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