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Symphonie des mille à Bercy : réussi !

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Paris, Palais omnisports de Paris-Bercy. 06-III-2008. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°8 « des Mille » en mi bémol majeur. Création scénographique : Ange Leccia. Mise en espace : Stéphane Fiévet. Twyla Robinson, soprano I/Magna Peccatrix ; Erin Wall, soprano II/Une pœnitentium ; Marisol Montalvo, Mater Gloriosa ; Nora Gubisch, mezzo-soprano/Mulier Samaritana ; Annette Jahns, contralto/Maria Aegyptiaca ; Nikolaï Schukoff, ténor/Doctor Marianus ; Franco Pomponi, baryton/Pater Ectsaticus ; Denis Sedov, basse/Pater Profundus. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture & Geoffroy Jourdain), Wiener Singverein (chef de chœur : Johannes Prinz), London Symphony Chorus (chef de chœur : Joseph Cullen), Maîtrise de Radio-France (chef de chœur : Marie-Noëlle Maertens), L’Inchœurigible (chef de chœur : Christine Morel), Chœur d’enfants Nadia Boulanger (chefs de chœur : Emilie Dupont-Lafort & Olivier Bardot), Chœur d’enfants de Levallois-Perret (chef de chœur : Jean-François Claudel), Maîtrise de Saint-Christophe-de-Javel (chefs de chœur : Henri Chalet & Caroline Marçot). Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

Tous les risques étaient réunis : chœur composite, de nombreux renforts dans l’orchestre, lieu inadapté à la musique, sonorisation, jusqu’à l’inévitable remplacement au pied levé d’une soliste. Et pourtant tout a été réussi. Ne sont à déplorer que de légers décalages, inévitables dans un tel endroit. Saluons donc d’avoir mené à bon port pendant près d’une heure et quart les quelques centaines d’exécutants de la Symphonie n°8 de Mahler.

Le pari était fou : remplir l’immense vaisseau de béton du POPB avec une œuvre qui ne fait pas vraiment partie de la culture populaire de masse. Ce sont tout de même 8000 spectateurs qui se sont déplacés jusqu’à Bercy. La production s’est voulue encore plus évènementielle en invitant Ange Leccia à imaginer des images projetées sur trois écrans géants. Peine perdue, un simple surtitrage du texte chanté ou des plans filmés des musiciens auraient été bien plus judicieux que ces images de nuages ou de ressac quand ce n’est pas tout simplement la trace laissée par un ferry dans la mer, probable souvenir du dernier voyage du créateur dans son île natale. Si le visuel pour un concert doit être important, c’est l’oreille en premier lieu qu’il faut satisfaire. Un tel lieu implique une sonorisation, certes honnête, quoique erratique en début de concert (orgue omniprésent), mais qui plaquait absolument tous les plans sonores au même niveau en raison de haut-parleurs disposés en ligne en face du public. Une spatialisation du son aurait été la bienvenue. La présence d’un expert en la personne de Philippe Pélissier a permis toutefois de faire entendre plus d’un détail de la partition, dont les solos de violon, d’alto, de harpe et de mandoline, souvent noyés dans la masse.

D’autant plus que musicalement ce genre d’aventure peut facilement virer au naufrage. Mais fluctuat nec mergitur, reste fidèle à la devise de Paris : malgré d’inévitables décalages, le concert s’est révélé être d’un très bon niveau musical. Chœurs (adultes comme enfants) homogènes, une section de cuivres chauffée à blanc, un pupitre de cordes où abondent les supplémentaires réglé au millimètre près, un très beau plateau de solistes – ténor excepté – duquel se dégage particulièrement et , tout était réuni pour que cette soirée exceptionnelle devienne une soirée d’anthologie. Et visiblement le chef d’orchestre possède cette symphonie dans ses moindres recoins : les moments paroxystiques sont maîtrisés, certes forte mais jamais tonitruants, les déchaînements orchestraux ne virent jamais au brouillon, les moments de recueillement sont bien rendus malgré le vaste espace sonore à remplir – dont l’entrée presque magique de la Mater Gloriosa en fin d’œuvre, avec l’accompagnement ténu de bois, harpe, célesta, piano et violoncelle solo.

Une diffusion sur Arte est prévue courant 2008. Vivement l’inauguration d’une salle de concerts capable de contenir de tels effectifs. Une devrait voir le jour en 2012.

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Paris, Palais omnisports de Paris-Bercy. 06-III-2008. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°8 « des Mille » en mi bémol majeur. Création scénographique : Ange Leccia. Mise en espace : Stéphane Fiévet. Twyla Robinson, soprano I/Magna Peccatrix ; Erin Wall, soprano II/Une pœnitentium ; Marisol Montalvo, Mater Gloriosa ; Nora Gubisch, mezzo-soprano/Mulier Samaritana ; Annette Jahns, contralto/Maria Aegyptiaca ; Nikolaï Schukoff, ténor/Doctor Marianus ; Franco Pomponi, baryton/Pater Ectsaticus ; Denis Sedov, basse/Pater Profundus. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture & Geoffroy Jourdain), Wiener Singverein (chef de chœur : Johannes Prinz), London Symphony Chorus (chef de chœur : Joseph Cullen), Maîtrise de Radio-France (chef de chœur : Marie-Noëlle Maertens), L’Inchœurigible (chef de chœur : Christine Morel), Chœur d’enfants Nadia Boulanger (chefs de chœur : Emilie Dupont-Lafort & Olivier Bardot), Chœur d’enfants de Levallois-Perret (chef de chœur : Jean-François Claudel), Maîtrise de Saint-Christophe-de-Javel (chefs de chœur : Henri Chalet & Caroline Marçot). Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

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