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L’Italienne à Alger, quintessence de l’opéra buffa rossinien à Aix 2006

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Aix-en-Provence. Festival. Juillet 2006. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italienne à Alger. Décors : Daniela Dal Cin. Costumes : Ortensia De Francesco. Lumière : Pasquale Mari. Avec Christianne Stotijn (Isabella), Maxim Mironov, Lindoro ; Marco Vinco, Mustafa ; Ruben Drole, Haly ; Giorgio Caoduro, Taddeo ; Elisaveta Martirosyan, Elvira ; Sabina Willeit, Zulma. Chœur Arnold Schönberg (direction  : Jordi Casals). Mahler Chamber Orchestra, direction Riccardo Frizza. 1 DVD Bel Air classiques. BAC025. Code barre : 3760115300255. Enregistré au festival d’Aix-en-Provence en juillet 2006. Toutes zones. Sous-titres en français, anglais, allemand et espagnol. Durée : 135’.

 

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Cet enregistrement de L’Italienne à Alger, dernier opéra buffa que Rossini présenta au Théâtre San Benedetto de Venise le 22 mai 1813 n’est rien d’autre qu’un splendide bijou musical. Le spectacle offert au public du Festival d’Aix-en-Provence en juillet 2006 s’avère exaltant, enlevé, coloré et haletant de part en part. Pour servir ce chef-d’œuvre rossinien, la distribution sans faille fait appel à de remarquables chanteurs doublés d’acteurs de talent.

A commencer par dans le personnage du bey Mustapha, précis, drôle, à la voix chaleureuse et épaisse, merveilleusement maîtrisée. , espiègle et mutine, aguicheuse à souhait, merveilleuse contralto, donne vie à Isabella, l’Italienne, échouée en terre étrangère. Quant à Lindaro (incarné par un incandescent, au phrasé sensuel), prisonnier des musulmans, il se trouve simultanément confronté à l’espoir d’une liberté prochaine au bras d’Elvina, la favorite répudiée du bey (très belle voix d’) et aux retrouvailles impromptues avec celle qu’il aime, Isabella, intensément convoitée par le bey.

Rossini nous offre une farce fort plaisante, presque sans repos et constamment dynamisée et amplifiée par des rebondissements loufoques et déjantés. Son orchestre joue un rôle majeur par sa présence constante, envahissante, joyeuse, par son flux musical entraînant et illustratif à souhait. Pour cette production, les décors, ingénieux et relativement minimalistes, trouvent une utilisation rentable et jamais pesante. Les déplacements incessants des solistes et du chœur (extraordinaire Chœur Arnold Schœnberg au meilleur de ses capacités) donnent vie et intérêt à la mise en scène toute d’activisme raffiné et d’architecture en parfaite adéquation avec l’esprit débridé de L’Italienne à Alger.

L’Orchestre de Chambre Mahler, ductile et enveloppant, commandé par un chef complètement absorbé par son sujet nommé , catalyse le spectacle et concourt à homogénéiser l’opéra. Pour tout dire, le visionnage de ce spectacle particulièrement réussi, intelligemment structuré et enthousiasmant, se révèle fascinant et apte à nous faire oublier plus de deux heures durant notre présent affairé.

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