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Le piano de Weber révélé par Heisser

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Carl Maria von Weber (1786-1826) : Sonate pour piano n° 2 en la bémol op. 39. Sonate pour piano n° 3 en ré mineur op. 49. Invitation à la danse pour piano op. 65. Jean-François Heisser, piano. 1 CD Praga Digitals. PRD/DSD 250 247, code barre : 794881858323. Enregistré à la Fondation Singer Polignac, Paris, du 19 au 21 novembre 2007. SACD et DSD. Notice trilingue (français, anglais, allemand) efficacement synthétique. Durée : 66’23

 

Evoquer , c’est le plus souvent évoquer son inoubliable opéra Der Freischütz ou encore plus célèbre sa fameuse Invitation à la danse, d’ailleurs mieux connue habillée de la brillante orchestration que lui offrit Hector Berlioz. Mais la réalité met en avant un compositeur encore trop méconnu dont nombre de ses partitions ont eu à pâtir de leur encerclement involontaire mais pesant d’œuvres puissantes et visionnaires (Beethoven) ou romantiques (dont il est un précurseur direct) avec Schumann, Chopin, Liszt.

Dans cette optique le piano de Weber annoncerait plutôt la manière d’un Félix Mendelssohn tout en se rapprochant de l’esprit d’un John Field, son contemporain irlandais. Sans doute également de celle de l’allemand Ludwig Spohr.

Excellent pianiste Weber s’est longtemps produit en récital et a composé pour son instrument tout au long de sa carrière. Les deux sonates (n° 2 et n° 3) écrites à peu près à la même période (1814-1816), de belle facture, mixent savamment des traits germaniques et des influences italiennes. Leurs thèmes fort bien dessinés et variés exposent un mélodiste doué et fort inventif d’où sourdent une fluidité parfaite, une séduction manifeste et un brillant remarquable (Allegro moderato, con spirito ed assai legato de la Sonate en la bémol). Les mouvements lents (notamment l’Andante con moto de la Troisième Sonate en ré mineur) traduisent un romantisme davantage galant et courtois que dramatique et douloureux. L’équilibre et le sens du beau les caractérisent de part en part. L’Invitation à la danse (août 1819) signe notre compositeur pour un large public mélomane. Cette grande valse romantique éclate au monde, extravertie et pleine de panache, témoin des fastes d’une société opulente et enviée.

Sur piano Erard, (né en 1950), disciple de Vlado Perlemuter et dont on connaît et apprécie le brillant parcours, joue son Weber avec élégance certes mais également subtilité. Ses timbres raffinés, ses phrasés naturels, sa sensibilité en adéquation avec celle du temps de Weber aboutissent à un enregistrement éminent et attachant, susceptible de dé-marginaliser ce beau répertoire.

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Carl Maria von Weber (1786-1826) : Sonate pour piano n° 2 en la bémol op. 39. Sonate pour piano n° 3 en ré mineur op. 49. Invitation à la danse pour piano op. 65. Jean-François Heisser, piano. 1 CD Praga Digitals. PRD/DSD 250 247, code barre : 794881858323. Enregistré à la Fondation Singer Polignac, Paris, du 19 au 21 novembre 2007. SACD et DSD. Notice trilingue (français, anglais, allemand) efficacement synthétique. Durée : 66’23

 
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